• Doté d'une ressemblance saisissante avec l'acteur qui joue l'inoubliable protagoniste du film «Devine qui vient dîner ?», Pas Sidney Poitier est un jeune homme qui, bien malgré lui, se voit bientôt acculé à rejouer "dans la vraie vie" les situations vécues par son homonyme au cinéma. D'abord comique, cette captation d'identité vire progressivement au cauchemar lorsque le héros, qui s'évertue à se construire en tant que sujet en dépit de chausse-trappes aussi perfides qu'innombrables, se retrouve pour de bon confronté à des préjugés raciaux prétendument disparus...  

  • Effacement

    Percival Everett

    Un romancier noir américain se voit reprocher de ne pas écrire dans un style "assez black". Révolté par le succès d'un roman consacré à la rude réalité des ghettos et dépourvu de qualités, il en écrit une parodie qu'il soumet à un éditeur, par défi. Le succès est aussi fracassant qu'immédiat...
    Thelonius Monk Allison, romancier noir américain meurtri dans son ego tant le succès n'a cessé de le fuir avec la plus admirable constance, et qui ne parvient pas à se satisfaire de sa brillante carrière universitaire, se voit un jour reprocher de ne pas écrire dans un style "assez black". Révolté par le succès phénoménal d'un roman consacré à la rude réalité des ghettos et dépourvu à ses yeux de la moindre qualité, il en écrit, sous pseudonyme, une parodie incisive qu'il incite son agent à soumettre à un éditeur, par défi. Le succès est aussi fracassant qu'immédiat. Mais ce jeu schizophrène reste sans effets
    sur la vie du "vrai" Monk dès lors qu'il s'agit d'affronter l'éprouvante série de tragédies personnelles et de crises familiales en tout genre qui viennent alors crucifier son improbable existence d'artiste...
    Politiquement des plus incorrects dans son approche de la question de l'identité raciale, ce vertigineux roman, où l'autodérision et l'ironie côtoient sans cesse le lyrisme, est pétri d'une jubilatoire érudition, d'une redoutable connaissance du milieu littéraire - universitaire et médiatique. Et d'une intime fréquentation des passions de l'âme...

  • Blessés

    Percival Everett

    Voilà des années que John Hunt, qui a maintenant atteint la quarantaine, a choisi de se détourner de la société des hommes en allant vivre dans un ranch où, aux côtés d'un oncle vieillissant, il élève des chevaux.
    Mais le fragile éden de ces deux hommes noirs dans le grand ouest américain vient à se fissurer : un jeune homosexuel est retrouvé dans le désert battu à mort, un fermier indien découvre deux de ses bêtes sauvagement assassinées, et l'inscription "nègre rouge" en lettres de sang dans la neige. C'est dans ce contexte menaçant que John s'interroge sur ses choix de vie depuis la mort tragique de sa femme, sur les silences coupables qui couvrent les agissements d'un inquiétant groupe néonazi, sur la fin imminente de l'oncle Gus, sur l'amour, enfin, qu'une jeune femme vient réveiller en lui.
    Privilégiant une écriture de l'action qui exalte les puissances du non-dit, Percival Everett propose, à travers une subtile dénonciation de toutes les haines - raciale, sexuelle - qui meurtrissent l'Amérique contemporaine, une variation sur l'humaine condition, dans sa bouleversante vulnérabilité.

  • Tout ce bleu

    Percival Everett

    Artiste-peintre noir-américain, Kevin Pace se consacre depuis plusieurs années à un tableau très grand format qu'il dissimule jalousement aux regards de tous, gardant le secret sur ses avancées comme il garde secrets bien des épisodes de sa vie. Mais aujourd'hui, c'est à sa fille de dix-sept ans de lui demander de garder un nouveau secret, le sien. À partir d'une réflexion fondamentale sur l'ombre et la lumière, les mutations des sentiments, les couleurs changeantes du bonheur, Percival Everett livre un roman sur le geste créateur dans tous ses états et change littéralement de registre pour offrir à son lecteur une incursion plus narrative dans sa mythologie personnelle d'homme et d'artiste.

  • Ogden Walker, shérif adjoint d'une petite ville du Nouveau-Mexique, doit retrouver l'assassin d'une vieille femme. Problème : les seules empreintes de pas relevées sur les lieux du crime sont les siennes. Pour ne rien arranger, d'autres affaires surviennent, les meurtres s'accumulent et le FBI s'en mêle. Ogden tente de poursuivre le peu de pistes dont il dispose sur la foi de minces indices pour des raisons qui le sont peut-être plus encore. Des prostituées du quartier chaud de Denver aux hippies défoncés qui zonent dans les montagnes environnantes, Ogden s'enfonce pour les besoins de l'enquête dans une Amérique plus interlope que jamais...
    Avec Montée aux Enfers, l'un des romanciers les plus protéiformes de la littérature contemporaine s'empare magistralement du genre policier pour mieux enquêter sur le cauchemar américain ordinaire, entre violence aveugle et terrifiante absurdité. Dans un roman énigmatique et fulgurant qu'aurait pu écrire Walter Mosley s'il avait lu Derrida (ou l'inverse), Percival Everett invente le polar suspect.

  • Professeur à l'université de Los Angeles, marié et père de famille, et convaincu, à l'heure des funestes bilans de la quarantaine, de n'être qu'un loser, Théodore Larue est en route vers son suicide quand un camion, le heurtant de plein fouet, projette son corps à travers le pare-brise, le laissant fort proprement décapité. Certes dépossédé de l'ultime initiative de son existence, l'ex-candidat au suicide est cependant bien mort, conformément à ses voeux. De diligents services funéraires, soucieux d'en faire un cadavre présentable prêt à devenir l'objet de dignes funérailles, recousent tête et corps à la va-vite, mais voici qu'au beau milieu de la cérémonie Ted se redresse et s'assied dans son cercueil...
    Face à ce mort encore vivant, une terreur sacrée s'empare de la petite famille de Ted, cernée de toutes parts par le brasier des fantasmes collectifs qu'attisé une hystérie médiatique à son comble. Bien que passablement traumatisé lui aussi, Ted trouve des avantages à sa nouvelle et monstrueuse situation : il se sent plus puissant, plus aimant, plus généreux, les sens et l'esprit bien plus aiguisés que naguère.
    C'est alors que, quelques jours seulement après son retour au foyer, Ted est enlevé par les sbires de l'inquiétante secte chrétienne dirigée par Big Daddy, qui voit en lui l'incarnation du diable. Si, fort de ses nouveaux pouvoirs, Ted parvient à s'échapper, ce n'est que pour mieux tomber entre les mains des services secrets américains qui l'incarcèrent dans les tréfonds d'un laboratoire du Nouveau-Mexique afin que son étrange cas soit examiné par les plus éminentes autorités scientifiques...
    Qu'il prenne pour cible les médias, le fanatisme religieux ou les consternantes pratiques des milieux universitaires, Per-cival Everett livre ici une nouvelle satire, aussi grinçante que jouissive, d'une société américaine parfaitement déboussolée. Mais, détournant la réflexion philosophique de ses chemins académiques, l'écrivain fait surtout de "l'incroyable et véridique histoire" de Théodore Larue le support d'une essentielle et troublante méditation sur la condition des vivants.

  • Un homme rend régulièrement visite à son père âgé qui vit dans une résidence médicalisée : il termine les histoires que le vieil homme commence, lui apporte, à sa demande, l'appareil-photo qui doit lui permettre de garder la trace d'un monde qui peu à peu lui échappe, il l'écoute et délire avec lui.
    Vision intense, car très pudique, de l'amour filial, Percival Everett par Virgil Russell, plus encore que les autres oeuvres de l'auteur, pénètre au coeur des mystères du langage et de la fiction. Autour d'un récit central rocambolesque et éminemment comique, narré par un vieillard attentif aux frasques des pensionnaires de la résidence, prolifère une galaxie d'univers imaginaires aussi inachevés que conflictuels et impressionnistes où s'incarnent les différents modes d'émergence du sens et de la création sous l'égide de la grande énigme du vivant.

  • Le supplice de l'eau

    Percival Everett

    Après l'atroce assassinat de Lane, sa fille unique, âgée de onze ans, Ismaël Kidder enlève un quidam qu'il a décidé de tenir pour coupable du crime. Dans le sous-sol de sa coquette maison de romancier à succès où il le séquestre à l'insu de tous, il soumet l'homme à la torture. A travers ce portrait sans concession d'un individu fou de douleur passant du statut de victime à celui de bourreau, Percival Everett, qui écrivit ce roman en réponse aux exactions commises, au nom du salut des Etats-Unis d'Amérique, dans le camp de Guantánamo ou la prison d'Abou Ghraib, dresse un audacieux parallèle entre un supplice infligé à l'échelle individuelle et la pratique de la torture en temps de guerre. Dès lors, Ismaël Kidder semble incarner, dans son délire d'ange exterminateur dissertant sur les fondamentaux de la philosophie antique, cet homme tristement universel en qui peuvent cohabiter, pour se conforter l'une l'autre, raison et barbarie, deux ressorts douloureusement cruciaux de l'histoire contemporaine.

  • Glyphe

    Percival Everett

    Très vite, le prodigieux qi et la vulnérabilité du bébé ralph ont fait de lui l'objet de toutes les convoitises : celle du docteur steimmel, une psychiatre en mal de reconnaissance, qui veut lui disséquer le cerveau.
    Celle des services secrets du pentagone qui voient en l'enfant un précieux atout stratégique. celle, enfin, des tenants de la religion désireux de vérifier sur lui l'efficacité de leurs rituels d'exorcisme. brutalement arraché à son père, un universitaire aussi ambitieux que frustré, et à sa mère, une artiste peintre qui doute de son talent, ralph, qui refuse de parler mais maîtrise avec brio le langage écrit, relate les enlèvements dont il est successivement victime sans cesser de rédiger des notes sophistiquées inspirées des nombreuses lectures que lui a procurées sa mère adorée dont l'amour inconditionnel et désintéressé fait figure d'unique repère au milieu de l'hystérie générale.
    Les réflexions intentionnellement pédantes du bébé mutique constituent l'un des points forts de ce récit jubilatoire oú percival everett détourne les conventions du discours savant au profit d'une savoureuse composition romanesque en convoquant tour à tour le traité de physique, la controverse sémiotique ou l'essai philosophique. parodie de structures et de genres, satire des milieux universitaires au fil de démonstrations délirantes et de dialogues improbables entre socrate et james baldwin ou wittgenstein et nietzsche, ce roman irrévérencieux se plaît à malmener nombre d'icônes du postmodernisme, dont roland barthes, qui y apparaît en "protagoniste invité" sous les traits d'un clown burlesque aux propos abscons.
    Dans ce récit mené tambour battant oú l'érudition rencontre l'absurde comme son envers obligé, percival everett, à travers les tribulations de son bébé héros, propose une réjouissante peinture des névroses dont se nourrit l'aventure humaine.

  • Dans ce recueil de pomes, Percival Everett poursuit son audacieuse exploration du langage et de ses surprises. L'on y dcouvre une sensualit aux ides, un got et des couleurs l'abstraction, une qualit tactile, l'effluve d'un parfum. Lire ces pomes, c'est prouver que la pense est une exprience - agrable ou droutante, ...

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