Hors D'atteinte

  • Dans Rue des Pâquerettes (Hors d'atteinte, 2019), Mehdi Charef revenait sur son arrivée en France en 1962, dans le bidonville de Nanterre. Une fois celui-ci détruit, Vivants décrit la cité de transit dans laquelle il est relogé. Au sein de ce provisoire que les pères rêvent encore de quitter pour rentrer chez eux, la vie s'organise peu à peu. Mehdi Charef, qui voit son expérience de l'Algérie natale se transformer progressivement en souvenirs, consignés comme autant d'impressions sensibles, prend conscience des injustices qui l'entourent. Il le sait : seules l'école et la maîtrise du français lui permettront d'échapper à l'usine, avenir auquel on le destine, et de transmettre sa colère, mais aussi sa joie d'être en vie.

  • En 1969, à Boston (États-Unis), des femmes commencent à diffuser sous forme de brochures leurs échanges sur la sexualité, la santé et le corps. Devenu un manuel politique et féministe, "Our Bodies, Ourselves" est publié en 1973. Il sera traduit ou adapté dans 35 langues, y compris le français, en 1977, chez Albin Michel. Et vendu à plus de 4 millions d'exemplaires.
    Ce guide couvre toutes les étapes de la vie des femmes, de l'enfance à la vieillesse, en abordant la puberté, la contraception, l'accouchement, l'avortement, la ménopause, mais aussi les violences auxquelles les femmes sont exposées et comment y répondre. Construit à partir de très nombreux groupes de parole et entretiens, il donne à entendre les voix des femmes et fournit de nombreuses informations scientifiques et médicales.

  • Dans le hall d'entrée, mon père s'arrête face aux boîtes aux lettres. Il y en a trente-deux. Il les fixe, cherche notre nom. Soudain ému, il avance d'un pas et tend un doigt vers l'étiquette blanche où est écrit "Charef" . Je ne dis rien. Il y a des hommes, beaucoup, qui rêvent de voir leur nom briller en rouge, en lettres larges, encadré de néons multicolores, scintillant, clignotant, en haut d'une affiche, sur un fronton.
    Mon père voit son nom à la hauteur de ses yeux et déjà, il n'en revient pas. L'exil qu'il nous a fait subir, les bidonvilles, la sordide cité de transit, il sait qu'on en a souffert. Mais il a réussi, mon papa. Maintenant il respire, et nous aussi. Années 1970. A l'usine où le fils travaille pour compléter la paie du père, au HLM où toute la famille est enfin installée, s'ajoutent les cheveux longs, les bottes à talons, les virées en boîte, Jimi Hendrix et Janis Joplin.
    Dans cette cité mille fois rêvée, enfin habitée, souffle un nouveau vent de liberté. La Cité de mon père est le septième roman de Mehdi Charef, né en 1952, qui a notamment publié Le Thé au harem d'Archi Ahmed (1983) et réalisé onze films.

  • Les foudres de Nietzsche et l'aveuglement des disciples Nouv.

    En France, la lecture des textes de Nietzsche et l'interprétation qu'on en fait sont notamment marquées depuis plusieurs décennies par Deleuze, qui en a fait un philosophe de gauche, et par Foucault, qui l'a enrôlé dans sa vaste entreprise de reformatage du concept de vérité. Jacques Bouveresse montre qu'il s'agit là de vastes méprises. Poursuivant la réflexion engagée dans "Nietzsche contre Foucault" (Agone, 2016) et au terme d'une longue plongée dans les Fragments posthumes, il offre ici un double portrait du philosophe :
    Nietzsche en chercheur de vérité, moraliste ironiste, lucide et passionné ; et Nietzsche en penseur politique, défenseur d'un radicalisme aristocratique.

  • Et comme elle semble lire tes blessures avec un certain respect, tu voudrais que le monde entier l'imite, que le monde entier voie comme ton corps a été souillé pour faire la loi et comme il dégouline encore de vie. Qu'ils se la prennent en pleine tronche, ta vie fracassante, ta vie plus forte que leurs lois, et qu'ils voient que tu existes, ici, dans la beauté et la fierté, en position de combat. Et que plus personne ne tente de faire disparaître des morceaux de ta peau, que plus personne ne regarde ailleurs que vers ton corps marqué par la lutte, ton corps bruyant de colère. À eux l'obscurité, à toi l'éclat.

    D'un côté, la violence de la police et des lois. De l'autre, la force de la boxe. Avec l'humilité et le courage de ceux qu'on a cherché à meurtrir, un corps se déploie peu à peu envers et contre le monde qui le contraint.

    Née en région parisienne en 1994, Elsa Vallot a grandi entre l'île de la Réunion et le XVIIIe arrondissement de Paris. Doctorante en littérature et théorie critique à l'université de Californie du Sud (Los Angeles), elle se passionne pour le rap, la musique hip-hop, la boxe thaïlandaise, l'histoire des luttes populaires, les féminismes et les antiracismes. Elle vit et écrit à Barbès, entourée de ses voisins et amis.

  • Mehdi Charef n'avait encore jamais abordé de front son arrivée en France à l'âge de 10 ans, en 1962, dans le bidonville de Nanterre. Ce livre est le premier d'une trilogie retraçant l'enfance et l'adolescence de cette génération venue rejoindre ses pères, arrivés en éclaireurs dans la France des années 1960-1970.
    Il y décrit le froid, la boue, l'humiliation du bidonville et le racisme ordinaire d'une France ou les ratonnades étaient banales, mais aussi l'instituteur qui leur apprend à aimer la vie autant que Victor Hugo ou la douceur d'une voisine. Comme un retour aux premiers mots d'une histoire qui a ensuite déraillé, Rue des Pâquerettes revient sur les raisons profondes pour lesquelles la France vit, aujourd'hui encore, l'immigration comme un problème.

  • En plus d'e^tre fe´ministe, celle qui a invente´ la Journe´e internationale des femmes, ce´le´bre´e tous les 8mars, e´tait aussi re´volutionnaire, pacifiste et antifasciste, de´pute´e pendant treize ans et amie fide`le de Rosa Luxemburg. Ce livre, coordonne´ et introduit par la journaliste Florence Herve´, rassemble des lettres, des discours et des textes the´oriques, une biographie et des portraits par diffe´rents auteurs de celle qui voulait se battre « partout ou` il y a de la vie».

  • Les conquérants : avec les mineurs non accompagnés Nouv.

    Louise Mottier a 25 ans. Dans sa famille, on a l'habitude de partager. Est-ce cela qui explique l'humanisme qu'elle a chevillé au corps ? Ou les expériences qu'elle a faites plus tard, adolescente et jeune adulte, quand elle a constaté que le monde n'était pas exactement celui qu'on lui avait décrit ? Quelle qu'en soit la raison, son monde est solidaire, lumineux, plein d'espoir et de vie. Et quand elle part travailler quelques années dans un centre d'accueil pour mineurs non accompagnés, c'est ce qu'elle est bien décidée à leur transmettre. Au fil des saisons et de l'actualité, elle raconte les habitants de ce refuge dont elle est à la fois la grande soeur et la professeure. Car ces conquérants qui ont traversé seuls les Balkans ou la Méditerranée n'en restent pas moins des enfants.

  • Pour conserver son pouvoir face à la majorité noire qui augmentait et se révoltait, le gouvernement a chargé une commission d'aller enquêter sur le racisme institutionnel dans le monde entier. En Australie, aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, ses membres ont observé ce qui était efficace et ce qui ne l'était pas. De retour en Afrique du Sud, ils ont élaboré le système d'oppression raciste le plus extrême que l'humanité ait jamais connu.
    Trevor Noah naît en 1984 à Johannesbourg d'une mère noire et d'un père blanc. Sous l'apartheid, qui interdit les relations interraciales, son existence même est déjà un crime. Malgré le racisme et la violence qui l'entourent, il multipliera les subterfuges afin de mener une vie libre... et drôle.

  • Depuis mai 2017, Piment et son collectif originaire des quatre coins de la francophonie questionnent deux fois par mois l'actualité culturelle, politique et sociétale française dans une émission diffusée sur Radio Nova. Fondé sur leurs expériences et leurs observations, cet abécédaire à la forme inédite, issu de ces questionnements, est conçu comme un guide pour aider à naviguer dans une société dite «postcoloniale».
    Il met au jour les particularités du contexte dans lequel évoluent les noirs en France aujourd'hui, bien souvent incompris par les médias grand public, ou confondu avec celui des États-Unis.
    Il est assaisonné à la sauce Piment : irrévérencieux, sarcastique, narquois, sans langue de bois.

  • Je les revoisdans la brume épaisse de l'aube, pendant la saison des pluies. Ce n'étaient que des femmes. Elles arrivaient silencieusement dans une longue pirogue de bois et accostaient un peu à l'écart de l'embarcadère. Deux ou trois rameuses restaient dans le bateau pendant qu'une dizaine d'autres descendaient sur la terre ferme. Elles étaient toutes nues, la peau presque noire avec des reflets rouges, leurs longs cheveux couvrant leurs parties intimes.
    Elles se promenaient d'un pas souple dans les rues avec leurs petites filles. Elles avaient l'air de savoir exactement où elles allaient. On raconte qu'au xvie siècle, des conquistadors espagnols ont affronté une armée de femmes semblables à celles de leurs récits mythologiques, qui leur inspira le nom de cette région : "Amazonie" . On raconte aussi qu'un peuple féminin, les Icamiabas, y a longtemps vécu à l'écart des hommes.
    Les femmes qui se racontent dans ce livre doivent une grande part de leur combativité à ces guerrières qui n'ont peut-être jamais existé - ou qui existent peut-être encore. Nina Almberg réalise des reportages et des documentaires notamment pour Arte radio, France Culture et la RTS. La Dernière Amazone est son premier livre publié.

  • Fondée en 1905 à Chicago, The Industrial Workers of the World est une organisation à part :
    Syndicat internationaliste réunissant tous les exploités, hommes et femmes, sous la bannière « One Big Union », il a rapidement agrégé des membres dans le monde entier, et s'est distingué par des méthodes d'organisation s'appuyant notamment sur l'action et la démocratie directes, confiant véritablement le pouvoir aux ouvriers.
    Cette histoire globale, transnationale, parle des influences qu'a eues l'IWW dans le monde.
    Trois jeunes historiens américains spécialistes du syndicalisme y dirigent vingt contributeurs dans un style unifié et très accessible.

  • Les significations attribuées au mot "communiste" sont plus diverses que jamais. Il renvoie à une histoire tragique pour les peuples et les communistes eux-mêmes, et est même associé, dans le cas de la Chine, à un acteur central de la mondialisation capitaliste. Mais il reste aussi, pour beaucoup de celles et ceux qui le revendiquent, associé à l'idée d'une alternative au capitalisme, visant à l'égalité sociale et à l'instauration d'un pouvoir politique effectivement exercé par le plus grand nombre, non monopolisé par les élites sociales.
    Au-delà de ceux qui l'ont pensé ou dirigé et dont on a retenu les noms, le Parti communiste français est aussi le fruit de l'engagement de nombreux anonymes, adhérents, sympathisants ou militants, femmes se revendiquant ou non du féminisme ou encore travailleurs immigrés engagés dans les luttes anticoloniales. Cette histoire, qui commence au congrès de Tours en 1920 et traverse un siècle en France, est aussi la leur.
    Entre immenses espoirs et profonds découragements, Julian Mischi, sociologue et politiste, notamment auteur de Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (PUR, 2010) et de Le Communisme désarmé. Le PCF et les classes populaires depuis les années 1970 (Editions Agone, 2014), relate ici une tentative unique de promouvoir les classes populaires.

  • "Les moyens de communication les plus puissants et les plus modernes offrent au mensonge, désormais « mécanisé », des possibilités susceptibles de le rendre à peu près irrésistible. Les mots sont plus que jamais capables de se transformer en armes meurtrières, au pouvoir de destruction quasiment illimité. Pendant les années de la guerre, les plumes ont été trempées dans le sang, et les épées dans l'encre." Des "Derniers Jours de l'humanité" (1922) à "Troisième nuit de Walpurgis" (1933), l'écrivain et satiriste autrichien Karl Kraus n'a cessé de démonter les techniques visant à s'emparer des esprits pour écraser et détruire l'humanité. Le philosophe Jacques Bouveresse revient ici à ses analyses pour les confronter au monde actuel. Une propagande fondée sur l'émotion et la destruction de l'intellect, par laquelle on augmente la tolérance du peuple au mensonge et à la brutalité, accuse ses adversaires des atrocités qu'on commet, et fait croire ses électeurs à une revanche sociale qui n'est en réalité rien d'autre qu'une destruction de la démocratie : voilà qui n'est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants contemporains.

  • Éducation populaire, empowerment, développement du pouvoir d'agir, community organizing... Dans un contexte où les inégalités explosent et où se répand largement une remise en cause de l'efficacité de la démocratie représentative, ces concepts interrogent et séduisent.
    Adeline de Lépinay propose ici de ne garder que le meilleur des principes stratégiques du syndicalisme et du community organizing étatsuniens, et de le lier aux démarches émancipatrices d'éducation populaire, ceci afin de donner des pistes pour agir concrètement pour une transformation sociale qui s'attaque à toutes les dominations et qui ne se laisse pas piéger par les mirages du néolibéralisme.

  • Ce dixième numéro propose : - Un témoignage d'une ancienne travailleuse dans la monoculture viticole dans le Médoc - Un reportage sur des ouvriers d'une usine de recyclage de papier dans la Sarthe - Un grand entretien - Un débat sur l'institution policière et sa violence, avec Elsa Dorlin et Ugo Bernalicis - un article d'éthique animale - un papier théorique - Un portrait de Ernest Coeurderoy : « synthèse de collectivisme et de mutuallisme libertaires » - l'Union européenne à l'agonie, par Rosa Moussaoui - Un reportage sur des femmes au Sénégal : savoir agronomique et changements environnementaux - Un carnet de bord au Pays Basque Sud - Une nouvelle de fiction - Des poèmes de Marc Sastre - Une carte blanche graphique à l'illustratrice Marion Jdnanoff

  • J'ai dix ans. C'est un dimanche, tôt le matin, l'été, et il fait beau. Des éclats de voix. Un meuble qu'on jette au sol et le mur qui vibre sous ma main. Quelque chose de grave se trame : dans ma tête d'enfant, je le sais depuis toujours. Terrifié mais désobéissant, j'ose sortir de ma chambre où on m'a confiné. La porte d'entrée est fracassée. Des uniformes, figés, des visages tendus, des yeux noirs.
    Une femme s'exclame : "Merde, il y a un gamin ! " Orphelin, Thomas grandit entre un internat à la discipline étouffante et l'appartement d'une tante mutique. Une fois adulte, croyant tourner le dos à son milieu d'origine et à la vie qui lui était destinée et après quelques errances, il se voit embauché par une entreprise dénommée France réelle. En plus de sa proximité avec l'extrême droite française, celle-ci s'avère bien plus liée que prévu à ce milieu dont il croyait se détourner et à ses propres parents.
    Né en 1964, Thierry Brun a été steward aux Wagons-lits, vendeur de tissus au marché Saint-Pierre et négociateur boursier. Il a notamment publié Surhumain (Plon, 2010), La ligne de tir (Le Passage, 2012) et Ce qui reste de Candeur (Jigal, 2020).

  • Ce neuvième numéro propose : le portrait d'agriculteurs bio, un reportage sur les anciens ouvriers de la verrerie de Givors frappés par les maladies professionnelles, un entretien avec la femme politique malienne Aminata Traoré, un dossier consacré au rapport entre socialismes et religions, un article sur l'intelligence artificielle en Chine, un reportage dans une maison de retraite féministe en région parisienne, un article sur l'expérimentation animale, la question écologique à travers les montagnes, un article sur le "suprémacisme mâle" par Francis Dupuis-Deri, un portrait de l'écrivaine américano-mexicaine Gloria Anzaldua, une nouvelle, un regard croisé sur les révoltes à Honk Kong et en Algérie, un poème et des illustrations.

  • Ce huitième numéro de BALLAST propose : le portrait d'une postière en lutte contre sa hiérarchie, suite à un AVC sur son lieu de travail, un reportage dans le bâtiment marseillais, un entretien avec Charles Piaget figure de la lutte des LIP, un dossier consacré à la question de la robotisation et de l'automatisation dans le travail, un reportage en Grèce quatre ans après Tsipras, un reportage auprès de l'Association européenne contre les violences faites aux femmes (AVFT), un article sur l'agriculture végétalienne, un reportage de la ZAD de l'Amasada dans l'Aveyron, une histoire économique des indépendances par Saïd Bouamama, un portrait du cinéaste Joris Ivens, une nouvelle sur Salvador Puig i Antich par Adeline Baldacchino, un carnet de route au Niger, un poème et des illustrations

  • Ce septième numéro de BALLAST propose : le portrait d'un balayeur en banlieue parisienne, un reportage aux côtés des dockers havrais, un entretien avec la journaliste Florence Aubenas, une rencontre entre Angela Davis et Assa Traoré, un dossier consacré à la question écologique (décroissance et écosocialisme, avec Agnès Sinaï et Michael Löwy), une analyse sur la situation de la gauche en Afrique du Sud, un reportage auprès de l'Association pour le développement de la santé des femmes, un reportage dans un refuge antispéciste, une présentation du fédéralisme proudhonien, un portrait de l'écrivaine Claude Cahun, une nouvelle du collectif de sciencefiction Zanzibar, un carnet de route à Jérusalem, un poème et des illustrations.

  • La jeune narratrice de ce roman, originaire d'Afrique, grandit avec un père polygame, trois belles-mères et vingt-deux frères et soeurs. Elle décrit un quotidien qui se partage entre deux étages d'un immeuble en banlieue parisienne, fait de violentes disputes et de jalousies, d'une discipline très stricte imposée par le père, de difficultés à l'école, mais aussi de rapprochements salvateurs.
    Craignant que l'absence de mots chez elle ne la conduise elle-même à la violence, elle apprend peu à peu à les manier. Son entrée dans l'adolescence, avec son invincible "bande de filles" et ses expérimentations nouvelles, ne l'empêchera pas de construire avec les siens un nouveau lien, plus solide et plus aimant.

  • " De livre en livre, tu ne nous désignes pas d'issue ! " s'est un jour entendu dire Tassadit Imache. C'est bien de remuer la boue, l'histoire coloniale, la guerre d'Algérie et le racisme qui en découlent, sans oublier les deux gamins qu'on a laissés mourir à Clichy-sous-Bois en 2005. Mais à condition de nous dire comment en sortir... A l'occasion de la mort de sa mère, une ouvrière française tombée amoureuse d'un ouvrier algérien en pleine guerre d'Algérie, qui l'avait encouragée à écrire pour dire tout ce qui l'avait toujours elle-même étouffée, l'écrivaine s'interroge.
    Pourquoi écrit-elle ? A quoi participe-t-elle en le faisant ? A-t-elle le droit de le revendiquer ? Va-t-elle lutter contre ceux qui cherchent à la faire taire, ou finir d'écrire ?

  • "Conscient que la vie n'est pas un combat sur un ring avec des règles bien définies et un sens de l'honneur que n'importe quel boxeur qui se respecte doit posséder, je me suis armé de mots. J'en ai besoin pour affronter les violences tous azimuts, quand on espère que je me taise. Je me sens serein. Il n'y a plus d'agressivité en moi, seulement de la lucidité." Quatre fois quatre mains. Quatre fois quelqu'un dont le métier est d'écrire, quatre fois quelqu'un qui n'a jamais écrit. Quatre fois une méthode élaborée à deux pour inventer autre chose qu'un écrivain racontant une vie extérieure à lui. Quatre fois le récit d'une sortie de route, d'un pas de côté, d'un point de bascule. Quatre fois la question : qui écrit ? Et pour qui ?Avec des textes de Hamid Ammari & Frédéric Ciriez, Pascal Bernard & Nicolas Bouyssi, Paulo le Yougo & Thierry Pelletier, Fatima Najnaou & Jean-Luc Raharimanana.

    Hamid Ammari ; Frédéric Ciriez ; Pascal Bernard ; Nicolas Bouyssi ; Paulo le Yougo ; Thierry Pelletier ; Najnaou Fatima ; Jean-Luc Raharimanana

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