Heurs et malheurs da������amour

  • Dans l'ombre portée par les noms, écrasants, d'Hugo Ball et Tristan Tzara, scintille celui d'Emmy Hennings (1885-1948), l'écrivaine, poétesse et actrice, qui donna l'impulsion décisive au mouvement dada en créant en 1916 son centre névralgique : le Cabaret Voltaire.
    Comète féminine et artistique à l'orée du XXe siècle, son existence sur scène, de Munich à Zurich en passant par Paris, se fait le catalyseur de l'univers bohème et intellectuel de l'époque. Maîtresse de sa misère comme de ses victoires, alternativement aidée et empêchée par des hommes, Emmy Hennings est une rêveuse insaisissable, une mélancolique qui aime dessiner des anges et observer les vagues, une adepte de la morphine qui la fait écrire. Bien plus que pour dada, c'est pour la liberté de créer en son nom et contre la facilité d'être une muse qu'elle bataille et vit sans relâche.

  • Un jeune homme du nom de Lucien Minor, dit Lucy, accepte un poste de sous-majordome au château Von Aux, lugubre forteresse sise au coeur d'un massif alpin. Et découvre bientôt que ce lieu aussi inquiétant que fantomatique recèle les plus noirs secrets. Un conte cruel et grinçant qui a pour protagonistes une étrange humanité, toute pétrie de mensonges, de mauvaise foi, de malignité et de perversité mais aussi d'innocence. Par l'inoubliable auteur des «Frères Sisters» (Actes Sud, 2012).

  • « Le trou du cul est plus nécessaire que les yeux ; car sans les yeux on peut vivre, mais sans trou au cul, ni vivre ni
    mourir. »


    Le plus grand poète espagnol du Siècle d'or, Francisco de Quevedo (1580-1645), est un satiriste de génie. Homme de cour sous Philippe II, il multiplie les provocations et tourne en dérision les travers de ses contemporains. Tombé en disgrâce, il profite sans doute de l'exil qui lui est imposé pour écrire ces Heurs et malheurs du trou du cul (1622-1623) d'inspiration rabelaisienne, dans une langue inventive. Jamais publié de son vivant, ce texte blasphématoire et scatologique circulait longtemps sous le manteau sans nom d'auteur.

  • Et si on arrêtait d'opposer bonheur et malheur ? Ils constituent conjointement l'« heur », un terme ancien pour dire l'opportunité, l'aventure, la chance que recèle tout présent. Bonheur et malheur s'engendrent et constituent ainsi la dynamique de la vie. C'est à une conception dynamique de l'existence qu'invitent Jean Claude Lavigne et Patrick Vincelet dans ce livre où les contraires, au lieu de s'opposer, travaillent de manière symphonique. Seul le travail sur le malheur peut authentifier et solidifier l'horizon du bonheur.
    Car toute la question vient peut-être de ce que nous sommes incapables d'être présents à nous-mêmes, aux autres, au monde. Notre montre intérieure est toujours en retard sur l'heure de notre vie.
    Quand un théologien et un clinicien réfléchissent de conserve, la spiritualité et la psychologie entrent en dialogue pour dénouer le malaise contemporain.
    Un magnifique traité du réveil à soi, ouvert sur la transcendance vécue au quotidien.

  • Comment expliquer qu'une partie de ceux qui ont la plus grande probabilité de redoublement à l'école élémentaire peut échapper à ce risque et même, parfois, occuper les meilleures places dans les classements scolaires ? La réponse à cette question est au coeur de ce livre.

    Des portraits familiaux montrent comment un capital culturel peut se transmettre ou non, ou bien comment, malgré un contexte familial peu propice à l'apprentissage, les savoirs scolaires peuvent tout de même être appropriés par les enfants. En fin de compte, ce sont les notions mêmes de capital culturel, de transmission ou d'héritage qui perdent de leur pertinence dès lors que, changeant d'échelle d'observation, on s'attache à la description et à l'analyse des modalités de la socialisation familiale ou scolaire.

  • Tous les parents « suffisamment bons » le savent, l'éducation n'est pas un long fleuve tranquille et les enfants peuvent parfois mettre beaucoup d'énergie pour ne pas avancer dans la direction qu'on leur indique. Il est alors tout à fait salutaire de se réserver le droit d'être tenté de les « envoyer promener »...
    Mais c'est là aller à l'encontre de la psychologie positive et de ses préceptes (ne pas frustrer, ne pas punir, « accueillir » la colère de l'enfant...), ce qui a pour conséquence d'épuiser le parent. Ces « théories du bonheur sans tache » s'appliquent en outre aussi à la pédagogie, prétendant fournir à l'enseignant les clés d'une méthode d'apprentissage sans faille.
    Dans La Dictature de la « babycratie », Bruno Humbeeck accompagne les parents dans cette épreuve quotidienne qu'est l'acte d'éduquer un enfant et leur fournit une véritable bouffée d'oxygène en leur rappelant que l'éducation bienveillante ne doit pas être confondue avec la manifestation d'un bonheur de surface.

  • Utopie viraleDes idées pour mieux vivre demain La pandémie que nous venons de traverser a révélé de nombreux dysfonctionnements de notre système collectif, mais aussi d'autres manières de vivre, de travailler, de créer des liens qui peuvent faire leur chemin. Nous aurons besoin d'utopie pour nous redresser, pour résister à d'autres catastrophes et inventer de nouvelles manières d'habiter ce monde.Aussi, nous avons demandé à trente-six de nos auteurs d'exprimer leur voeu de changement en de courts textes qui tracent les grands axes de la revue dans les mois à venir. Parmi ces auteurs, quelques-uns des piliers de la revue : Jean-Marc Ferry, Etienne Klein, Paul Valadier, Hervé Le Bras, David Le Breton, Laurence Devillairs, Mazarine Pingeot... mais aussi de jeunes plumes.C'est une occasion de découvrir la revue, sa réactivité à l'actualité, sa hauteur de vue, à travers la grande diversité de ses auteurs.Ce Hors-série est illustré par les portraits d'Emmanuel Prost.

  • De ses origines jusqu'à aujourd'hui, l'histoire de l'alimentation humaine se présente comme une impressionnante succession de découvertes et de révolutions. Véritable exploration culturelle, sociétale et historique, cet ouvrage fait de l'alimentation une véritable saga, des gargotes populaires jusqu'aux plus belles enseignes de la gastronomie, entremêlant grandes histoires et petites anecdotes. En nutritionnistes avisés, les auteurs démêlent le vrai du faux et imaginent à quoi la nourriture pourrait ressembler demain.

  • Thasos est cette grande île de 398 km2, dont la masse presque ronde fait face, isolée, à la côte septentrionale de la mer Égée, aux confins de la Macédoine et de la Thrace. Montagneuse et boisée, au climat des plus contrasté et guère accueillante de prime abord, l'île est pourtant d'une incroyable richesse : véritable eldorado minier, elle regorge de gisements aurifères, ainsi que de cuivre, de fer et de plomb argentifère. Son sous-sol est essentiellement constitué de gneiss et de marbre, exploités et exportés durant l'Antiquité. Mais son histoire n'est que marginalement connue par les écrits des historiens anciens. Pour la retracer, il faut donc s'appuyer sur la très riche documentation archéologique découverte depuis plus d'un siècle : les quelque mille deux cents inscriptions, qui font connaître ses institutions ou encore les constructions publiques qui témoignent de la richesse de la cité et de sa vie politique et religieuse. Cet ouvrage n'entend rien moins que montrer la vigueur et la saveur d'un hellénisme de confins qui reste peu connu du public.

  • La dignité humaine, ou de la personne humaine, constitue un des éléments les plus typiques, dans le monde contemporain, de ce que John Rawls a nommé un « overlapping consensus », un consensus par recoupement, une valeur raisonnablement partagée sur laquelle est censée pouvoir s'édifier la collaboration sociale. Cette notion a connu une grande fortune après la fin de la Seconde Guerre mondiale, par opposition, et en réponse, aux crimes massifs commis au cours du conflit, puis, sans cesser d'être invoquée, elle s'est trouvée entraînée dans divers affrontements idéologiques au point de perdre beaucoup de sa signification consensuelle.
    La notion de dignité a une histoire philosophique et théologique propre, et traverse aussi bien la période prémoderne que l'ensemble de la modernité, aujourd'hui parvenue en sa phase tardive. Cette dernière, aussi nommée postmoderne, se caractérise notamment par le caractère instable des concepts, leur relativité et leur aptitude à changer fréquemment de contenu, mais en même temps elle permet souvent de révéler, tant dans la théorie que dans l'utilisation pratique qui en est faite, le sens profond que la modernité entendait leur donner à l'origine.
    D'autre part, comme pour d'autres notions ayant une dimension politique et juridique, la dignité en général, et la dignité humaine en particulier ont dans le monde occidental - berceau initial et espace principal de leur emploi - un double lien avec la philosophie d'inspiration gréco-latine et avec la théologie chrétienne. Ce lien a connu les vicissitudes liées au développement de la pensée moderne et à sa rupture avec l'intelligence chrétienne du monde, au point de voir formuler une équivocité conceptuelle entre dignité chrétienne et dignité moderne, les mêmes mots ne désignant pas les mêmes réalités ; puis, surtout depuis le concile Vatican II, il a semblé que les deux parties dans ce long et tumultueux débat en venaient à parler la même langue, cueillant ainsi les fruits des efforts de certains intellectuels catholiques, au premier rang desquels Jacques Maritain et John Courtney Murray.
    Toutefois, et comme on l'a dit plus haut, l'évolution même de la modernité semble bien avoir rendu caducs ces tentatives de conciliation, fournissant ainsi non seulement l'occasion, mais aussi entraînant la nécessité de revenir aux sources originelles pour éviter de sombrer dans la confusion des langues.
    L'ouvrage qui suit résulte d'un travail collectif, mené à l'initiative de Bernard Dumont, directeur de la revue Catholica, avec le concours de Miguel Ayuso, professeur de droit constitutionnel à l'Université pontificale Comillas de Madrid, et de Danilo Castellano, professeur émérite de philosophie du droit à l'Université d'Udine. La diversité d'origine de ceux qui y ont participé sera certainement reçue comme significative d'une même perception du besoin de clarification qui vient d'être évoqué. Chacun a creusé un sillon déjà parcouru dans ses propres travaux.

  • Rares sont les hommes et les femmes de pouvoir qui font aussi autorité. Car si le pouvoir ne se partage guère, l'autorité se mesure au contraire à sa capacité de faire grandir autrui pour lui permettre de donner sa pleine mesure. Contrairement au pouvoir qui est soumis à des mécanismes maintes fois analysés, l'autorité - son origine, son exercice - a partie liée au mystère. Elle ne se décrète pas, aucune école ne saurait apprendre à l'acquérir à bon marché.

    Tel est l'argument de fond qui a sous-tendu ces entretiens avec Henri Madelin. Pourquoi avoir choisi ce jésuite ? Parce qu'il est de ceux qui, dans le monde francophone, ont fait et font autorité à la fois dans le monde politique et le monde religieux. Professeur à Sciences-Po, conseiller d'hommes politiques influents, il a eu par ailleurs des charges importantes au sein de la Compagnie de Jésus, dès l'âge de 35 ans : directeur de l'Action populaire (CERAS), provincial, président du Centre Sèvres, aumônier du Mouvement chrétien des cadres (MCC), rédacteur en chef d'Études, représentant de la Compagnie dans les institutions européennes... Son parcours s'est toujours situé dans l'entre croisement du politique et du religieux.

  • Ce livre relate l'oeuvre que les Français ont accomplie au cours des trois siècles où ils se succèdent à Madagascar ainsi que leurs observations sur le monde étrange qui les entoure. Aboutissement de cette longue histoire, la colonisation française ne dure qu'une soixantaine d'années, de 1896 à 1958, mais elle est l'oeuvre d'un homme d'une telle envergure que toute l'organisation de l'île s'en trouve modifiée. En effet, Gallieni réussit à unifier en une seule nation des royaumes sporadiquement en guerre les uns contre les autres et à les mettre au travail. C'est ainsi que la modernisation de la Grande Île s'intensifie. Si actuellement elle traverse une grave crise politique et économique, ses ressources naturelles n'en restent pas moins grandes et son potentiel touristique n'en demeure pas moins exceptionnel, de telle sorte que celui qui est allé une fois à Madagascar ne rêve que d'y retourner une fois, deux fois... cent fois.

  • Apparus vers le XIe siècle et disparus en 1789, les prévôts de Paris, en charge du maintien de l'ordre public, de la sécurité du roi et exerçant de hautes tâches administratives, ont joué un rôle considérable dans l'histoire de la capitale, payant de leur liberté voire de leur vie les conséquences d'événements qui ne leur étaient pas toujours imputables...

  • La question du jeu rencontre un intérêt discontinu dans les sciences humaines et sociales. Pour tenter d'en renouveler l'approche, cet ouvrage aborde la question du jeu par l'instant où il entre en crise et se dérobe aux joueurs. Cet ouvrage développe ici plusieurs exemples illustrant ce propos (homicides, déchéances, suicides). Sous l'effet d'une énergie qui soutient aussi bien les activités ludiques que celles de la réalité commune, certains joueurs perdent de vue la règle du jeu et semblent aveuglés par d'autres enjeux sociaux. En quoi consiste ce passage imprévisible et pourtant souvent accompli ?

    Avec le soutien de l'université de La Rochelle.

  • Le 27 août 1792, en place de Grève, le couperet de la guillotine tombe. Trois fois de suite. Deux des trois suppliciés jugés coupables de fabrication de faux assignats sont originaires d'Ambert. Ils s'appellent Vimal et Sauvade.
    Vimal est le beau-frère de l'un des hommes les plus connus d'Auvergne à cette époque, Jean-François Gaultier de Biauzat, avocat, ancien député à l'Assemblée Nationale Constituante et maire de Clermont, alors juge au tribunal du 4e arrondissement de Paris.
    Comment un jeune homme issu d'une famille de négociants aisés, avocat lui-même, a-t-il pu finir exécuté pour escroquerie ? C'est ce que l'auteur de cet ouvrage va reconstituer pas à pas, d'Auvergne à Paris, à travers des documents d'archives, en particulier les correspondances de Biauzat, totalement inédites pour la période antérieure à 1789.

  • Né à Beyrouth en 1949, Amin Maalouf quitte le Liban en 1976 pour s'installer à paris où il devient rédacteur en chef de Jeune Afrique. Après le succès de son premier livre Les croisades vues par les Arabes, il renonce au journalisme.

    Son oeuvre se partage entre des romans (Léon l'Africain, Samarcande, Les Jardins de lumière, Le Premier siècle après Béatrice, Le Rocher de Tanios, roman pour lequel il a reçu le Prix Goncourt ? Les Échelles du levant, le Périple de Baldassare, Les Désorientés et des essais : Les croisades vues par les Arabes, Les Identités meurtrières, Le dérèglement du monde. Entre les deux, il y a une oeuvre centrale Origines qui raconte l'histoire de la famille de l'auteur.

    Amin Maalouf est-il un chasseur des mauvais augures ou un diseur de bonne aventure ? Habité par des douleurs du monde qui blessent sans répit l'espèce humaine fragile depuis la « nuit-aube « des temps, son oeuvre romanesque fait cheminer le lecteur des routes lumineuses de la Soie aux champs minés des obscurantismes, de « l'Orient désert » au soleil couchant de l'Occident. Confrontant les identités salutaires aux « identités meurtrières », elle interroge les consciences sans jamais leur faire la leçon, déroulant son fil d'Ariane du point d'origine au point de fuite.

    « Je ne changerai pas de route à cause de mon nom, je ne changerai pas de nom à cause de ma route ». (Samarcande).

  • Un incendie, une invasion de souris, un voisin délateur, un gourou, la police en civil, des boeufs de jazz...
    - Est-ce un roman?
    Non, l'expérience d'une restauratrice ! Le récit d'une reconversion, devenue une véritable aventure humaine, avec ses rires et ses larmes, ses espoirs et ses désillusions.
    Elles sont décrites telles que vécues : les étapes incontournables du lancement d'un commerce, le portrait, pittoresque s'il en est, du microcosme d'un bistrot de quartier à Paris, composé de fournisseurs, d'habitués, de clients de passage et autres personnages hauts en couleur. D'un bout à l'autre de l'aventure, la réalité flirte souvent avec la fiction et péripéties et anecdotes émaillent sans cesse le quotidien. À la clé, d'heureuses découvertes, de précieux enseignements et de belles rencontres.
    Que vous soyez un habitué des terrasses de la capitale ou simplement un lecteur curieux, passez de l'autre côté du comptoir et découvrez l'envers du décor d'un bistrot parisien.

  • " Comme Franklin, Bitzius fait de la moralité religieuse et domestique la base de la liberté politique.
    Comme Pestalozzi, il concentrait toutes ses préoccupations sur les pauvres et les ignorants; à cela près qu'il illuminait de ses aspirations de poète ces mêmes questions que Pestalozzi discutait, lui, plus spécialement en pédagogue et en philosophe. Et enfin, comme Jean Paul Richter, il portait dans son âme cette tendresse géniale pour tous les êtres infirmes et souffrants, qui eût fait de chacun de ses romans un véritable événement pour Jean Paul, s'il avait été donné à celui-ci de les lire; et c'est aussi cette tendresse qui assure à Bitzius une des premières places dans l'histoire de l'humanité, non seulement parmi les poètes campagnards, mais parmi les plus puissants remueurs de passions humaines.
    "

  • La mécanique quantique est l'un des domaines de la physique les plus surprenants et controversés. Depuis le début, elle a suscité les plus vifs débats quant à sa signification et à son lien avec le réel. L'atomisme, la lumière ou les théories relativistes ont aussi défrayé la chronique, mais rien ne semble devoir arrêter les polémiques qui entourent l'interprétation des phénomènes quantiques.

    De Heisenberg à Schrödinger en passant par la fameuse controverse entre Einstein et Niels Bohr, Jean-Pierre Pharabod et Gérard Klein n'omettent aucune péripétie de cette saga de la physique quantique qui mène aujourd'hui à l'affirmation pour le moins surprenante de la « non-localité » de la nature.

    C'est un nouveau défi à nos modes de pensée ordinaires.

  • A l'aube des années 1980, toute une génération mettait la question du racisme au coeur de l'actualité d'une société française qui s'imaginait hors de portée de l'hydre. Après la marche des Beurs en 1983, la fameuse petite main apparue en 1984, et le concert de La Concorde qui réunit 500 000 personnes en 1985, le slogan Touche pas à mon pote a trouvé sa place dans l'histoire politique de la France contemporaine. Trente après, le mouvement antiraciste est en voie de disparition. SOS Racisme et les associations rivales du mouvement beur avaient puissamment contribué à rénover la vie politique française. La déferlante identitaire et l'intégrisme ont eu raison du message universaliste des potes. Les tentations offertes par la notoriété et l'argent ont fait le reste. La fin de l'aventure marque aussi la disparition de ce que l'on appelait la génération morale, et coïncide, ce n'est pas un hasard, avec le retour des vieux démons.

  • L'auteur, jeune diplomate de formation, postule pour Kinshasa où il est nommé. Dirk Jan Koch, spécialiste du développement, découvre que ce que lui considère comme coopération internationale est perçu par les Congolais comme "blocage international". Il mène avec ses meilleurs étudiants une recherche sur les côtés obscurs de l'aide au développement. Avec ce récit, témoignage personnel, l'auteur ranime le débat sur ce que nous pouvons et devons faire devant cet immense drame humain.

  • Mort en 1795, à l'âge de 10 ans, dans la prison du Temple, Louis XVII n'a jamais vraiment régné sur la France.
    Si la destinée tragique du fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette continue d'échauffer l'imagination des amateurs de mystères historiques, elle a surtout inspiré de très nombreux artistes en France et dans le reste du monde entre la fin du XVIII e et le début du XX e siècle. Aux premières représentations royalistes, qui tentent d'occulter les conditions de détention du jeune prince, succèdent les portraits doloristes de l'enfant martyr, victime expiatoire de la folie politique des adultes.
    Tout en restant un sujet privilégié de l'iconographie contre-révolutionnaire, le sujet inspire de nombreux peintres roman- tiques attirés avant tout par la dimension spectaculaire de ce huis-clos carcéral. Dans toute l'Europe, des artistes peignent, gravent et sculptent la captivité de Louis XVII, érigée en archétype pictural de l'innocence corrompue. Les débats qui accom- pagnent l'exposition contrariée du Capet lève-toi ! (1835) d'Émile Mascré, pièce maîtresse de cette production, témoignent de la puissance évocatrice de cette scène, que d'aucuns continuent de juger traumatisante.
    Au moment du centenaire de la Révolution, en 1889, la représentation de Louis XVII en prison ne fait plus peur à la III e Répu- blique et devient un lieu commun iconographique de l'histoire de France. Morceau de choix pour le grand-guignol, la scène devient un incontournable du musée Grévin, tandis que pièces de théâtre et films viennent animer les souffrances du jeune captif sous les yeux d'un public pour lequel ces images sont devenues très familières. Réunissant une cinquantaine d'oeuvres, l'exposition entend revenir sur les différentes étapes de la constitution de cet archétype iconographique, des premières images produites sous la Révolution à l'entrée dans la culture de masse à l'aube du XX e siècle.

    Catalogue de l'exposition :
    L'ouvrage pour lequel le musée fournira les textes comprendra huit essais et 10 notices détaillées sera abondamment illustré.

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