Musees Strasbourg

  • Après le Kamasutra des grenouilles et Roulez les mécaniques, la collection du Cabinet de l'amateur propose à nouveau une rencontre avec l'univers décalé et ironique de Tomi Ungerer. On s'initie à l'art du dessin-collage, on laisse libre cours à son imagination et on découvre des associations surprenantes, parfois absurdes, toujours poétiques.

  • Si une part de l'oeuvre érotique de Tomi Ungerer est bien connue du grand public - on pense au Fornicon, à l'Erotoscope, à Totempole, ou encore aux dessins sur le vif des prostituées de Hambourg - celle-ci est souvent marquée par une volonté de dénoncer la mécanisation des corps ou les rapports de force sociaux. Ce Kamasutra des grenouilles est l'occasion de faire connaître en France un érotisme plus léger et rabelaisien, s'éloignant de l'érotisme noir et interprétant joyeusement les positions du Kamasutra indien.
    Impertinent, ironique et drôle, ce bestiaire érotique sait amuser et émoustiller avec grivoiserie et gaité.

  • La Marseillaise

    Collectif

    Pendant un an, de février 2021 à février 2022, une grande exposition dédiée au chant révolutionnaire devenu hymne national se tiendra dans trois musées de France. D'abord à Marseille, où le chant a trouvé son titre définitif en devenant l'hymne des Marseillais, l'exposition sera inaugurée au musée d'Histoire de Marseille. Ensuite à Vizille, dans l'Isère, au musée de la Révolution française, cette période ayant vu naître et grandir l'hymne en question. Enfin, Strasbourg clôturera la marche avec un "retour aux origines", puisque c'est dans la capitale alsacienne que Rouget de l'Isle compose en 1792 cet hymne qu'il intitule tout d'abord Chant de guerre pour l'armée du Rhin. L'exposition y est organisée par le Musée historique de la Ville de Strasbourg.
    /> Cette exposition itinérante et le catalogue l'accompagnant documenteront la personnalité de Rouget de l'Isle et le contexte de création de La Marseillaise, l'itinéraire révolutionnaire du chant et surtout sa postérité à travers le XIXe siècle, au cours duquel il accompagne différentes révolutions (en 1830, en 1848 ou encore pendant la Commune de Paris). Il devient après 1879 un symbole de la France républicaine, mais aussi de la nation lors des conflits mondiaux du XXe siècle. Symbole politique et patriotique, La Marseillaise imprègne pourtant les arts, reprise en musique dans des registres extrêmement divers, d'Hector Berlioz à Serge Gainsbourg en passant par l'introduction du titre des Beatles All You Need Is Love. Également source d'inspiration pour les peintres et les sculpteurs (tels Gustave Doré et François Rude), elle traverse également la littérature européenne (chez Victor Hugo, George Sand ou encore en figurant l'une des « Très Riches Heures de l'humanité » chez Stefan Zweig) et bien sûr l'histoire du cinéma avec une scène phare du chef-d'oeuvre Casablanca (1942).
    En effet, à l'étranger, La Marseillaise est le symbole de la France par excellence. En Europe, elle a suscité en réaction d'autres chants révolutionnaires, mais est aussi devenue l'hymne des révolutions jusqu'à la création de l'Internationale. Aujourd'hui, elle continue à être interprétée, dans des circonstances graves telles que les attentats survenus en 2015 mais aussi dans un contexte sportif plus positif.
    Adulée ou détestée, La Marseillaise ne laisse personne dans l'indifférence. Le catalogue de l'exposition propose, à travers des essais généreusement illustrés, une synthèse de l'histoire et de la trajectoire de ce chant, des interprétations multiples et des répercussions de l'hymne à l'international. Avec une préface de l'historien Pierre Nora.

  • Huit splendides lithographies qui restituent le Paris de 1900 : Montmartre, les faubourgs, les bords de Seine... conçues par un illustrateur fortement marqué par les estampes japonaises. Le résultat est un témoignage séduisant de la capitale au tournant du siècle, entre BD contemporaine et studio Ghibli.

    L'oeuvre d'Henri Rivière (1864-1951) constitue un jalon important dans les arts graphiques français. Comme nombre d'artistes de son époque, il est profondément frappé par les estampes japonaises, dont il deviendra un important collectionneur. Il est le seul cependant à vouloir mettre ces leçons orientales et son amour des spectacles grandioses de la nature au profit du plus grand nombre, en concevant des séries de lithographies murales destinées à orner les intérieurs modestes ou les salles de classe. C'est le cas de cet ensemble singulier, Paysages parisiens, qui offre huit splendides lithographies de la capitale à la toute fin du XIXe siècle, où les panoramas si typiquement parisiens semblent caressés par un lointain soleil levant.

  • Initialement paru en 1879, le premier Opus gravé de Max Klinger (1857-1920) illustre l'imaginaire singulier et poétique de l'artiste. Composé de huit eaux fortes réunies sous la forme d'un portfolio, cet ensemble montre toute l'étendue de la virtuosité de l'artiste et la puissance de ses images oscillant en permanence entre rêve et réalité.

  • Dans ce nouveau titre, le dialogue s'installe entre art et science, et plus particulièrement entre gravures et spécimens. Née en 1647, Anna Maria Sibylla Merian a très rapidement mis ses talents d'illustratrice au service de l'entomologie. À une époque où les femmes actrices dans le domaine des sciences sont rarissimes, elle s'illustre en participant à un long voyage scientifique au Suriname, alors colonie néerlandaise. Fascinée par les insectes et leurs métamorphoses, en particulier celle des papillons, elle multiplie les observations de plantes, insectes et autres animaux exotiques, participant avec ses gravures à l'avancée des sciences naturelles.
    La Bibliothèque des Musées de Strasbourg conserve un ouvrage scientifique paru à Paris en 1771 et contenant une édition française de l'oeuvre majeure de Merian, Metamorphosis insectorum Surinamensium, qui contient le fruit de ses observations, illustrées de nombreuses gravures. Dans ce numéro du Cabinet de l'amateur, les gravures en question figurant fleurs, papillons, chenilles et autres insectes, cohabiteront avec les spécimens du Musée zoologique de Strasbourg. Quelle meilleure illustration de l'esprit et du travail d'Anna Maria Sibylla Merian, qui associe étroitement ses illustrations à l'observation de la nature et qui, par ailleurs, collectionnait elle-même les insectes ?

  • Italien d'origine, naturalisé anglais, Felice Beato (Venise, 1832 - Florence, 1909) est l'un des premiers photographes occidentaux à avoir travaillé au Japon et est considéré comme l'un des pionniers du photoreportage. Il a grandi à Corfou, à l'époque protectorat de l'Empire anglais, et commence très probablement à travailler en tant que photographe à Malte en 1850.
    Après avoir immortalisé les routes de Constantinople, Athènes, Malte, du Caire et de la Palestine, il documente, en tant que photographe plus ou moins officiel de l'armée du Royaume-Uni, la guerre de Crimée (1855), la révolte de Cipayes en Inde (1857), la guerre de l'Opium en Chine (1860) et plus tard la guerre du Soudan (1885). La période japonaise, ici proposée, représente une pause presque contemplative dans son activité de photoreporter " engagé ".
    Entre 1863 et 1877, Felice Beato installe son atelier à Yokohama et réalise, avec des collaborateurs occidentaux et japonais, une importante série de portraits ethnographiques. Il en résulte deux albums, de 50 clichés chacun, reliés sous une épaisse couverture en laque noire ; l'un est consacré aux femmes, l'autre aux hommes. Il photographie, selon des minutieuses mises en scène, les activités quotidiennes, comme la préparation des repas, la toilette, l'heure du thé, les moments de jeu, le repos.
    D'autres portraits décrivent l'art de la guerre, le rituel des tatouages, le sport du sumo. La plupart des photos, sur papier albuminé, est mise en couleur avec une palette de tons pastel et naturels, de laquelle se détachent des détails de couleur rouge vif. Les deux recueils sont non seulement des témoignages précieux sur les moeurs et coutumes de la classe aisée japonaise de l'époque, ils rappellent aussi que le travail de photographie documentaire relève d'emblée d'une approche artistique.
    On découvre par ailleurs un véritable " art des genres ", qui peint avec délicatesse les codes esthétiques d'une tradition millénaire.

  • Née en 1867 et morte quelques jours avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Käthe Kollwitz est l'une des figures artistiques allemandes les plus marquantes de la première moitié du XXe siècle. Véritable institution dans son pays, où son oeuvre et son engagement politique sont unanimement salués, elle demeure très peu connue en France. L'exposition organisée au musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg et le catalogue qui l'accompagne invitent le public français à découvrir une oeuvre plastique (gravures, dessins, sculptures) d'une vigueur et d'une maîtrise formelle hors du commun.
    Kathe Kollwitz naît en 1867 dans une famille profondément socialiste. Elle fait preuve très tôt d'un talent marqué pour le dessin, qu'elle met dès le début de son oeuvre au service d'une cause : la dénonciation de l'oppression exercée sur les plus pauvres, à laquelle elle a été sensibilisée par son environnement familial, mais aussi par ses lectures, entre autres de Zola. Elle réalise ainsi deux suites importantes de gravure, La Guerre des Paysans et la Révolte des Tisserands, inspirés de faits historiques ou d'oeuvres théâtrales, qui mettent en scène de façon poignante et avec une inventivité formelle frappante la misère et le courage des plus faibles.
    La réception de son oeuvre est d'emblée ambivalente : admirée par ses pairs, elle se confrontera à plusieurs refus d'être exposée, que ce soit de la part du gouvernement prussien ou des institutions nazies. Cofondatrice de l' « Organisation des femmes artistes », elle est la première femme à être admise comme membre de l'Académie et à placer la figure féminine, y compris dans la réalité la plus sombre de sa condition, au coeur d'une oeuvre expressionniste atypique, sans doute plus proche du roman réaliste que du paysage artistique de son temps.
    Lorsqu'elle perd l'un de ses fils volontaires dans les premiers jours de la Première Guerre mondiale, elle sublime sa douleur par des dessins et des sculptures d'une force exceptionnelle, et s'engage rapidement au service du pacifisme. Son oeuvre engagée est complétée d'un versant très intime, comme en témoigne la pratique continue de l'autobiographie et du journal. On y découvre que ses questionnements et explorations formelles sont toujours au service d'une cause : dénoncer avec le plus de vigueur et d'expressivité possible la condition du prolétariat, et en particulier des femmes.

  • À l'occasion du 250e anniversaire de l'arrivée de Goethe à Strasbourg, une exposition se propose de retracer le séjour strasbourgeois du jeune auteur, qui découvre alors une ville de culture, cosmopolite, frontière et passage entre la France et l'Allemagne.
    Entre avril 1770 et août 1771, le jeune Johann Wolfgang von Goethe, âgé de seulement 21 ans, séjourne à Strasbourg. Le projet de rejoindre la ville se dessine dès 1769, comme l'attestent des échanges avec son père. L'objectif que lui fixe ce dernier est alors de terminer ses études de droit, mais également de découvrir la vie à la française et d'apprendre le français. Ce séjour est également l'occasion pour le jeune intellectuel de forger son tempérament et son goût artistique. S'il dresse parfois le portrait d'une Alsace idéale, notamment dans Dichtung und Wahrheit, il développe en parallèle une analyse plus critique. Le projet de l'exposition a pour ambition de suivre les pas du jeune Goethe, en se fondant notamment sur son autobiographie ainsi que sur les traces laissées durant son séjour strasbourgeois.
    L'ouvrage qui accompagne l'exposition présentée au palais Rohan est l'occasion d'explorer les divers aspects du Strasbourg dans lequel le jeune Goethe évolue, que ce soit d'un point de vue artistique, architectural ou encore littéraire. Mais le livre s'attache également à mettre en lumière, outre les effets de la ville sur Goethe, les effets du séjour de l'illustre auteur sur la ville, des monuments aux publications constituant peu à peu une véritable mythologie.
    Tout porte à penser que le séjour strasbourgeois du jeune Goethe constitue un épisode capital, non seulement pour la vie et l'oeuvre de l'auteur, mais aussi pour l'histoire des lettres allemandes.
    Le catalogue propose un ensemble d'essais généreusement illustrés, avec les contributions de Raymond Heitz, Roland Recht, Florian Siffer, Christophe Didier, Viktoria von der Brüggen, Mathieu Schneider, Alexandre Kostka, Aude Therstappen et Bernadette Schnitzler.

  • Fantasmagorie

    Collectif

    L'exposition qui se tiendra au Musée alsacien de Strasbourg ainsi que le catalogue qui l'accompagne explorent le contexte historique de l'apparition des fantasmagories.
    Le phénomène des fantasmagories se trouve à la jonction de la physique, de l'engouement de la société pour l'occulte et d'un contexte politique mouvementé. Les schémas de fonctionnement du fantascope sont présents dans les manuels de physique optique, à la pointe de la technologie de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe mais également dans les brochures à destination des apprentis magiciens.
    Robertson, figure centrale de l'exposition est l'un des fantasmagores les plus célèbres. Il occupe une place de choix dans le propos grâce à ses mémoires publiés en deux volumes et son procès lors duquel, accusé de plagiat, il est obligé de dévoiler ses tours.
    D'une fabrication soignée, ce catalogue grand public fait la part belle aux illustrations et met en valeur le fonds de plaques de verre originales conservées au Musée alsacien et dans d'autres collections, publiques et privées, notamment celle de la Cinémathèque française.

  • Inauguré en 1998, le musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS) vint compléter le réseau des musées de la ville, offrant un développement contemporain au paysage muséal strasbourgeois. La collection (environ 18 000 oeuvres), régulièrement enrichie par des acquisitions, couvre une période allant de 1870 à nos jours et investit un champ géographique clairement tourné vers l'Europe. Le fonds moderne part des artistes impressionnistes pour aller jusqu'aux pionniers de l'abstraction, sans oublier ceux des arts décoratifs. La collection contemporaine, quant à elle, met en lumière l'art des années 1960 (Fluxus, Arte Povera, Supports-Surfaces, etc.) et présente un ensemble de peintures allemandes unique en France.
    Le lecteur trouvera dans ce guide souvenir le best-off commenté des pièces majeures de la collection, mais aussi des entrées thématiques sur diverses notions d'histoire de l'art, ainsi que des citations d'artistes et anecdotes sur l'acte de création et l'histoire des oeuvres.

  • Le musée Tomi Ungerer. Centre international de l'illustration conserve dans son fonds près de 400 dessins réalisés par l'artiste entre 1935 et 1953, soit entre ses 4 ans et ses 22 ans, pour la plupart soigneusement conservés et datés par sa mère. Seule une petite partie de ces dessins de jeunesse sont connus du grand public, par le biais de l'ouvrage À la guerre comme à la guerre, dans lequel Tomi Ungerer mêle souvenirs écrits de l'occupation allemande et dessins réalisés pendant cette période.
    L'ensemble du fonds révèle bien sûr un enfant extraordinairement doué, témoignant déjà d'un sens aigu de la composition et du format, du mouvement et de la narration par l'image, mais aussi un petit garçon ordinaire qui aime les cow-boys et les engins mécaniques, marqué par les influences graphiques de son temps (Dubout, Walt Disney...). On y lira également, en plus des menus faits de la chronique familiale, les germes des sensibilités et thématiques de l'artiste adulte, notamment un intérêt marqué pour le rapport colons / colonisés. La présentation de ce fonds inédit viendra enrichir la connaissance de l'oeuvre de Tomi Ungerer et éclairer un thème encore peu traité : l'intérêt des artistes eux-mêmes pour une création libre, spontanée et non académique, sorte « d'état de nature » artistique.
    Le catalogue de la collection sera introduit par un texte général sur le rapport que les artistes entretiennent avec leur production de jeunesse. Il étudiera ensuite les rapports entre cette production juvénile et l'oeuvre de l'artiste accompli. Un entretien avec l'artiste commentera plus spécifiquement certains des dessins et apportera un regard personnel et rétrospectif sur cet ensemble inédit.

  • Le Musée Archéologique, né au XVIIIe siècle, est le plus ancien des musées strasbourgeois. Durant trois siècles d'une existence parfois mouvementée, il a réuni de très importantes collections. Installées depuis la fin du XIXe siècle dans les sous-sols du palais Rohan, leur variété et leur large champ chronologique en font l'un des plus importants musées d'archéologie en France.
    Le visiteur y découvre l'histoire de Strasbourg et de l'Alsace, des débuts les plus lointains de la Préhistoire jusqu'aux premiers siècles du Moyen Âge. Les collections continuent de s'enrichir régulièrement du produit des fouilles archéologiques menées dans toute la région. Des expositions temporaires proposent chaque année de retrouver l'actualité de la recherche et les découvertes les plus marquantes. Le Musée archéologique assure ainsi pleinement son rôle de vitrine de la recherche archéologique nationale et régionale.
    Le lecteur trouvera dans ce guide souvenir le best-off commenté des pièces majeures de la collection, mais aussi des parcours thématiques permettant de mieux se représenter la vie de nos ancêtres, ainsi que des anecdotes sur la découverte et la restauration des oeuvres.

  • Le Palais épiscopal de Strasbourg, une des plus belles réalisations architecturales du XVIIIe siècle français, tant par l'élévation noble et classique de ses façades que par ses somptueux décors intérieurs, est l'aboutissement de la rencontre de deux personnalités exceptionnelles : le cardinal Armand-Gaston de Rohan-Soubise, prince-évêque de Strasbourg et brillant homme de cour d'une part, en tant que commanditaire : Robert de Cotte, Premier architecte du roi, d'autre part, en tant que maître d'oeuvre. Au sommet de la gloire lorsqu'il donne les plans du palais strasbourgeois, Robert de Cotte répond aux voeux du prince en créant une oeuvre magistrale unissant la dimension ecclésiastique, politique et mondaine de la fonction de prince-évêque, dans le sens où l'entendait le XVIIIe siècle, en un même édifice à la gloire de la Maison de Rohan. Au lendemain de la Révolution, le Palais devient résidence impériale et royale pour entrer, après 1870, dans une ère nouvelle, celle des musées.
    Outre la visite des appartements (salles de réception, bibliothèque et chambres privées), le public peut y découvrir aujourd'hui de splendides collections d'art décoratif témoignant de l'âge d'or de l'artisanat strasbourgeois (de 1681 au milieu du XIXe siècle) : céramique Hannong de renommée internationale, mobilier, horlogerie, ferronnerie et orfèvrerie.
    Le lecteur trouvera dans ce guide un souvenir de sa visite des appartements, un best-off commenté des collections d'arts décoratifs, ainsi qu'un certain nombre d'entrées thématiques qui lui permettront de mieux se représenter la vie dans le Palais au XVIIIe et XIXe siècles.

  • Repéré dès ses 15 ans par l'éditeur parisien Charles Philippon, Gustave Doré commence sa carrière par des contributions hebdomadaires au Journal pour rire. Sa virtuosité, son sens aigu de la caricature lui valent très vite un incroyable succès, qui conduit Philippon à publier des albums de ses illustrations de presse, mais aussi des séries inédites croquant avec vigueur la population de la capitale.
    Dans Les Différents publics de Paris, Doré passe en revue les théâtres de la capitale, en y ajoutant quelques lieux plutôt réservés à l'étude comme la Bibliothèque ou l'Amphithéâtre de médecine... On y croise une faune variée, certainement plus occupée à se donner en spectacle qu'à s'instruire ou se cultiver. Vigoureuse mise en abîme du théâtre de la condition humaine, on comprend que nul n'est besoin de regarder la scène pour se divertir.

  • Les riches collections médiévales et Renaissance du musée de l'oeuvre Notre-Dame témoignent du passé prestigieux de la ville, qui fut du XIIIe au XVIe siècle l'un des plus importants centres artistiques de l'Empire germanique. Les chefs-d'oeuvre de la statuaire provenant de la cathédrale de Strasbourg y côtoient les plus beaux témoignages de l'art haut rhénan des XVe et XVIe siècles.
    Le parcours, synthèse de tous les arts, s'accomplit en harmonie avec le cadre architectural du musée. Derrière les vénérables pignons de la maison de l'oeuvre Notre-Dame, affectée depuis le XIIIe siècle à l'administration du chantier de la cathédrale, les décors intérieurs, la fraîcheur des cours et le charmant jardinet gothique participent au sentiment d'intimité avec le passé strasbourgeois.
    Le visiteur part à la découverte du musée en découvrant les sculptures de l'artiste virtuose Nicolas Gerhaert de Leyde, les peintures de Conrad Witz, Hans Baldung Grien ou encore du maître de la nature morte Sébastien Stoskopff, les vitraux de Peter Hemmel d'Andlau... Le musée de l'oeuvre Notre-Dame offre un remarquable témoignage de l'art alsacien, de l'époque romane à 1681.
    Le lecteur trouvera dans ce guide souvenir le best-off commenté des pièces majeures de la collection, mais aussi des parcours thématiques permettant de mieux comprendre l'iconographie médiévale et Renaissance, ainsi que des anecdotes sur l'attribution et la restauration des oeuvres.

  • Né en 1972 dans une famille ouvrière, Damien Deroubaix grandit dans une banlieue lyonnaise, davantage bercé par une culture populaire que par le lointain monde de la peinture. C'est à l'âge de 18 ans, lors d'une sortie de classe, qu'il se retrouve face au chef-d'oeuvre de Picasso, Guernica. L'artiste évoque encore aujourd'hui un « choc émotionnel » ; il découvre alors sa vocation et se jette à corps perdu dans l'art. Il se forme aux Beaux-Arts de Saint-Étienne puis à Karlsruhe et a depuis réalisé de nombreuses expositions, ainsi que des résidences à Berlin et à New York. Ses oeuvres sont aujourd'hui présentes dans d'importantes collections françaises et internationales dont plusieurs FRAC, le Centre Pompidou ou encore le MoMA de New York.
    Essentiellement peintre, Damien Deroubaix s'aventure pourtant sur d'autres supports, créant des oeuvres qui se déclinent, se connectent et se télescopent. Le dessin occupe une place primordiale dans son processus de création et, sans se sentir sculpteur, l'artiste ressent parfois le besoin de passer en trois dimensions avec des sculptures et des installations. Il puise son inspiration partout et multiplie les références, de l'histoire de l'art la plus « traditionnelle » à une culture metal beaucoup plus actuelle et subversive. L'oeuvre qui donne son nom aux deux expositions de Saint-Étienne et Strasbourg, Headbangers Ball, en est le parfait exemple. Cette peinture grand format est baptisée d'après une émission de MTV diffusée dans les années 80 et 90, dédiée aux vidéo-clips heavy metal. Le titre occupe le centre de la toile, encerclé par divers symboles et personnages qui traversent l'oeuvre du peintre et illustrent bien son esthétique noire et son éclectisme : des squelettes siamois, une chauve-souris, des torches enflammées symboles d'une groupe de metal, une statuette à clous Nkisi du Congo découverte dans un musée d'ethnologie de Boston, une tête de cheval reprise d'un tableau de Delacroix, etc.
    L'exposition du musée d'Art moderne et contemporain de Saint-Étienne présentera la production la plus contemporaine de Damien Deroubaix, principalement sa peinture. À Strasbourg, l'exposition s'élargira à des oeuvres plus anciennes ainsi qu'à d'autres supports tels que le dessin ou la sculpture. L'ouvrage proposera de retrouver l'ensemble des oeuvres exposées dans les deux musées, offrant ainsi un panorama du travail de l'artiste. Un essai de Julie Gandini (conservatrice au MAMCS) reviendra sur la présence du chamanisme dans les oeuvres de Deroubaix, proposant des clés de lecture des oeuvres et explorant les parallèles existant entre l'artiste et la figure du chaman. Un autre essai signé par Estelle Pietrzyk (conservatrice en chef du MAMCS) examinera les rapports entre le septième art et les oeuvres de cet artiste résolument cinéphile. Un long entretien avec l'artiste viendra clôturer l'ouvrage, mené par Martine Dancer (conservatrice au MAMC+), témoin des débuts de l'artiste lorsque celui-ci étudiait à Saint-Étienne - l'occasion de retracer un parcours atypique et passionnant.

  • Lorsque Käthe Kollwitz entame en 1901 son cycle de gravures La Guerre des Paysans, elle s'attaque à un épisode marquant de l'histoire de la partie occidentale de l'Allemagne. La guerre dite « des paysans » couvre une série d'insurrections, campagnes guerrières et batailles en 1524-1525 qui gagnèrent, à leur paroxysme, de larges parties du sud de l'Allemagne dont l'Alsace, ainsi que les pays alpins, les pays du Rhin et le centre de l'Allemagne. L'espoir des paysans d'obtenir à travers elles une atténuation des corvées et l'abolition du servage se solda par un échec. Leurs soulèvements furent brutalement réprimés. La libération des paysans n'aura lieu qu'au XIXe siècle et trouvera son accomplissement en Prusse avec les réformes engagées après la Révolution de 1848.
    En sept planches, produites entre 1902 et 1908, Kathe Kollwitz narre la misère du peuple, et, suite à un nouvel acte de violence, l'insurrection qui gronde, éclate puis sera violemment réprimée. C'est une figure féminine, probablement inspirée du personnage historique de la « Métayère noire », qui joue un rôle central à la fois dans le déclenchement et dans l'organisation de la révolte.
    Le cycle se distingue, outre sa puissance expressive, par une extrême virtuosité technique et formelle. Käthe Kollwitz varie dimensions, compositions et techniques pour conférer à chaque scène une extrême puissance dramatique. La dimension tragique de l'épisode historique acquiert une dimension universelle.
    L'ouvrage propose dans un portfolio des reproductions soignées des sept planches autonomes accompagnées d'un texte de présentation qui en donne les clés historiques, techniques et iconographiques.

  • Parade de fer blanc. La collection de jouets de Tomi Ungerer. Héritier une famille d'horlogers de longue tradition, Tomi Ungerer a exprimé son goût prononcé pour les mécanismes dans une formidable collection de jouets, aujourd'hui exposée au musée des Arts décoratifs de Strasbourg et au musée Tomi Ungerer. Offerte en don à la Ville de Strasbourg, cet ensemble compte près de 6 500 objets, dont la plupart des pièces datent d'entre 1820 et 1914.
    Elle compte également de nombreuses pièces plus récentes, dont d'amusants jouets américains des années 1960. " J'ai collectionné les jouets pour leur originalité mécanique, visuelle, comique ou parce qu'ils reflètent l'histoire ou la société ", a dit Tomi Ungerer. Les dominations coloniales, les guerres, la conquête du Pôle Nord, les découvertes scientifiques, entre autres, ont non seulement bouleversé le cours de l'histoire mais ont influencé profondément la culture et l'imaginaire collectif, dont les jouets pour enfants sont aussi l'expression.
    Ainsi, on retrouve sous les apparences de jouets en tôle, plomb, laiton, acier ou bois, les " merveilles " qui ont étonné le public des expositions universelles. Animaux de toutes sortes et de toute provenance, personnages de toutes les couleurs et aux métiers les plus disparates (dont le caractère raciste nous dérange aujourd'hui) ; carrioles, trains, bateaux, sous-marins, automobiles, avions... Si leur valeur historique est évidente, cette collection reflète aussi la curiosité et l'univers de Tomi Ungerer.
    Les jouets trouvent un écho parfois inattendu dans l'oeuvre du dessinateur et nombreuses pièces sont devenues des motifs iconographiques à part entière. Il suffit de penser au célèbre album Jean de la Lune de Tomi Ungerer : comment ne pas reconnaître dans les dessins les répliques exactes d'un camion de pompiers, des voiturettes ou d'un camion de livraison et un char d'assaut présentés dans notre ouvrage ? " Si j'ai collectionné des jouets, c'était pour m'amuser " nous indique le dessinateur.
    Nous voulons, avec ce numéro, non seulement offrir aux amateurs un aperçu d'une collection d'une rare qualité, mais aussi faire entendre le rire et la fantaisie de l'artiste.

  • En juillet 1518, des dizaines de personnes se mirent à danser dans les rues de Strasbourg. Cette épidémie de danse, qui s'étendit sur plusieurs semaines, ébranla la communauté strasbourgeoise et frappa les esprits au point d'être consignée par de nombreux prédicateurs ou chroniqueurs de l'histoire municipale.
    L'ouvrage se propose de revenir sur ce phénomène 500 ans plus tard et d'observer la manière dont l'administration de la ville, le clergé ou le corps médical tenta d'y remédier. Reprenant le déroulement des événements, il s'efforce d'éclairer le contexte de cet épisode historique particulier et de le mettre en relation avec d'autres cas de « manies dansantes » qui ont marqué le Moyen Age.
    Il s'attache à distinguer les faits, tels qu'ils nous sont livrés par les sources originales, des interprétations abusives contribuant à donner du Moyen Age la vision erronée d'un monde simpliste, traversé par des pulsions irrationnelles et secoué par les crises. Croisant le regard de divers spécialistes, il constitue à la fois une référence sur l'événement, mais aussi l'occasion d'un travail critique sur la méthode de l'historien. En rapprochant l'épidémie de 1518 d'autres phénomènes similaires, en faisant le point sur les interprétations ou réappropriations contemporaines, dont celle de Jean Teulé, il éclaire la fascination qu'exerce sur nous ces moments de « désordre social ».

  • Pourquoi peint-on des nus ? Pourquoi peint-on des anges ? Pour qui est peint le premier autoportrait ? Abstraites de leur contexte de présentation d'origine, les oeuvres d'art ancien, quand elles sont présentées dans un musée, perdent une partie de leur signification. Cet ouvrage propose une passionnante traversée de l'histoire de l'art sous l'angle de la fonction des images et permet au visiteur d'enrichir sa perception intellectuelle et émotionnelle des oeuvres.

    Le visiteur d'un musée de Beaux-Arts réalise rarement que les peintures qui lui sont présentées n'ont pas été là de tout temps et n'étaient certainement pas destinées à être vues par ses yeux. En ce qui concerne l'art ancien, jusqu'au XIXe siècle au moins, les oeuvres n'étaient en effet presque jamais destinées à des musées, mais avaient des fonctions bien spécifiques, variables selon les époques. oeuvres de dévotion ornant les églises ou édifiant les analphabètes, portraits honorifiques à la gloire de leurs commanditaires ou oeuvres érotiques censées éveiller les sens, elles étaient présentés dans des contextes et des architectures très spécifiques, qui en orientaient la réception. L'ignorance de ces fonctions d'origine nous fait souvent « rater » une partie de l'oeuvre, en soulignant seulement les aspects esthétiques, iconographiques ou techniques, soit les aspects proprement « artistiques ». L'ouvrage propose au lecteur une passionante traversée de l'histoire de l'art en rappelant le rôle qu'on a fait jouer aux images à chaque époque de la culture occidentale. Captivante synthèse des fonctions de l'oeuvre d'art, ponctuée de maintes anecdotes et richement illustrée, elle permet d'enrichir notre perception et notre lecture des oeuvres d'art, mais aussi d'étendre cette réflexion aux fonctions de l'image dans notre environnement contemporain.

  • Repéré dès ses 15 ans par l'éditeur parisien Charles Philippon, Gustave Doré commence sa carrière par des contributions hebdomadaires au Journal pour rire. Sa virtuosité, son sens aigu de la caricature lui valent très vite un incroyable succès, qui conduit Philippon à publier des albums de ses illustrations de presse, mais aussi des séries inédites croquant avec vigueur la population de la capitale.
    Avec La Ménagerie parisienne, Doré continue sa représentation satirique du monde parisien. On peut même parler de « faune », puisqu'il assimile chaque type social à une race animale, sans pour autant que le dessin perde de son humanité. Pour désigner les aristocrates du Faubourg Saint Germain, il reprend un terme usité en Angleterre depuis le xviiie siècle : les lions et les lionnes. Des lions aux rats d'égoût, le crayon de Doré n'a ménagé aucune des classes de la société urbaine.

  • Catalogue de l'exposition à la galerie Heitz du Palais Rohan de Strasbourg (21 mai-29 août 2016). Du traditionnel Memento Mori à la tension mythique entre Eros et Thanatos, en passant par la dénonciation des guerres, rien ne manque à cette exploration des maintes déclinaisons du thème des danses macabres. Le domaine des arts graphiques y a été particulièrement réceptif, notamment dans la région rhénane, entre France, Suisse et Allemagne, et a produit un ensemble de réalisations, gravures, dessins, illustrations d'ouvrages, riche et étonnant par la variété des styles et des interprétations.
    Quatre articles développés accompagnent le lecteur à la découverte de ce panorama. Une série de notices thématiques présente des ensembles d'oeuvres organisés selon des cadres interprétatifs (" La mort dans les illustrations des fables ", " La jeune fille et la mort ", " La mort grotesque : parodies et détournements ", " L'inspiratrice funeste ", " Debout les morts ! ", " Le péril fasciste ", etc.).
    La production artistique contemporaine n'est pas oubliée. Deux volets se consacrent au recueil Rigor Mortis de Tomi Ungerer et aux oeuvres d'une génération influencée par les calaveras du Mexicain José Guadalupe Posada : Marcel Ruijters, Pierre Ferrero, Tanxxx, Winshluss, Julien Mortimer, Max (Francesco Capdevilla), Daniel Depoutot, Damien Deroubaix.

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