Mille Et Une Nuits

  • Avec un humour irrésistible et une ironie féroce, Hervé Le Tellier raconte la plus vieille histoire du monde, celle d'un amour manqué entre un homme, bientôt atteint par la cinquantaine, aussi touchant que ridicule, et sa jeune maîtresse, qui ne veut plus de lui.
    Je m'attache très facilement est le récit clinique de trois jours d'une Bérézina amoureuse. Un homme (« notre héros »), bientôt atteint par la cinquantaine, décide de rejoindre en Écosse une jeune maîtresse (« notre héroïne »). Sa visite, pour attendue qu'elle soit, n'est pas véritablement désirée. « Notre héros » s'en doute, mais rien ne l'arrête. Ça se termine mal, donc bien. Et vice versa.

  • Yannick Haenel décrit la révélation esthétique et érotique qu'il a éprouvée, à 19 ans, face à La Mort de Sardanapale de Delacroix. Un « foudroiement » qui est à l'origine de son désir d'écrire.
    « On est en 1986, j'ai 19 ans. Je vais acheter des disques chez New Rose, je vais voir un concert de Siouxsie and the Banshees au Gibus ; et puis, un matin, je vais au Louvre et tombe en arrêt devant La Mort de Sardanapale de Delacroix. ».
    L'oeuvre ne s'explique pas, elle se vit, elle se sent, elle se désire. Car le désir chez Yannick Haenel est « plus grand que nous », un désir fécond, un désir riche de son inassouvissement. Un désir qui sera la genèse de l'acte d'écrire et de la jouissance.

  • Poète, essayiste, mémorialiste, Thoreau est l'auteur de l'inoubliable "Walden ou la Vie dans les bois". Ptrès de cent cinquante ans après sa parution, "La Désobéissance civile" qui s'ouvre sur cette pensée toujours actuelle : "le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins", demeure l'un des plus beaux pamphlets contre l'Etat qui, d'André Gide à la Beat Generation, a exercé une influence déterninante.

  • Il est des hommes "qui ont la vérité en eux mais ne l'expriment pas en paroles". Dans "Le Prophète", Khalil Gibran parle de l'exil, de l'amour, des enfants, du manger et du boire, du travail, de la douleur, de l'amitié, de la beauté, de la mort. Mais l'essentiel, il ne peut le dire. C'est en creux qu'il fait sentir la vérité muette de son âme. Et l'invisible évoqué par le prophète libanais parle directement à l'invisible qui est en nous.

  • A la faveur d'une approche anthropologique des comportements en vigueur dans les camps nazis, Primo Levi reprend, en les élargissant, les thèmes déjà abordés dans l'essentiel de ses écrits. Il insiste notamment sur la différence entre l'oeuvre du témoin et celle de l'écrivain. L'auteur de Si c'est un homme nous offre une leçon exemplaire de mémoire et de lucidité.

    Inédit Traduit de l'italien par Joël Gayraud

  • Victor Hugo (1802-1885) n'abandonna jamais son combat contre les formes les plus barbares du châtiment social : le bagne et, bien sûr, la peine de mort. Inspirée de faits réels, l'histoire atroce de Claude Gueux (1834) annonce, avec presque trente ans d'avance, la logique des Misérables : mais nulle charité ne vient ici enrayer le cycle infernal du crime et de la répression.

  • "Sois toujours poète, même en prose". Dans ce recueil, écrit en parallèle avec Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire (1821-1867) est tour à tour flâneur, philosophe, rêveur, moraliste, conteur, poète... Ses "Petits Poèmes en prose" réussissent le "miracle d'une prose musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience."

  • En 1919, âgé de trente-six ans, Franz Kafka rencontre Julie Wohryzek. A nouveau déchiré entre l'écriture et l'amour, il est saisi par l'angoisse que se répète l'échec sentimental qu'il a connu lors de sa rupture avec Felice Bauer. Pour conjurer l'échec, il lui faudrait se délivrer de la culpabilité que son père a fait peser sur lui. Dans un effort halluciné d'analyse et de confrontation, il se résout à lui écrire une longue explication.

    La Lettre au père résonne comme une tentative désespérée d'existence ; une ultime velléité de sortir de l'anéantissement dévastateur où l'a plongé le mépris paternel. La lettre ne sera jamais lue par le père, le fils ne se sera pas libéré de son emprise...

  • Lettres à Lou Andreas-Salomé Nouv.

    En mai 1897, à Munich, le jeune Rainer Maria Rilke rencontre Lou Andreas- Salomé, de quinze ans son aînée.

    Le coup de foudre amoureux évoluera en une longue amitié et une puissante complicité artistique et humaine. « Toi seule sais qui je suis », lui écrit-il en 1903.

    Cette sélection de lettres retrace l'histoire de ce lien unique entre deux âmes soeurs.

  • Mémoires d'un fou Nouv.

    Oeuvre de jeunesse et autobiographique de Gustave Flaubert, Mémoires d'un fou raconte les années d'apprentissage de l'écrivain : ses premières amours, ses désillusions, ses solitudes. « Un texte aussi sincère, aussi intime que peut l'être une lettre d'amour » comme le remarque Régis Jauffret dans une préface inédite.
    « Vous tournerez les pages en tremblant d'être surpris par le fantôme du maître. Du fond de la tombe voisine il vous maudira de violer le secret de sa jeunesse qui aurait dû demeurer hors de portée des regards humains jusqu'à la consommation des siècles. ».

    Que Gustave Flaubert nous maudisse, notre plaisir à lire ses Mémoires d'un fou ne sera que plus vif. On s'amusera donc à braver l'avertissement que Régis Jauffret nous adresse dans sa préface pour découvrir les confessions audacieuses d'un fou d'amour.

  • Juif et caraïbe par sa mère, mulâtre par son père, Paul Lafargue (1842-1911), gendre de Karl Marx, se targuait de réunir en lui le sang de trois peuples opprimés. Sa vie se confond avec la naissance du mouvement socialiste international. Dans "Le Droit à la paresse", il décrit "cetteétrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste" : l'amour du travail.

  • Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.

    Traduction en français moderne par Séverine Auffret

  • Un éloge de la marche, « en soi l'entreprise et l'aventure de la journée », faisant émerger la valeur suprême de l'individu et permettant la communion avec la nature. Le bréviaire essentiel de l'éveil à soi.
    « À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera ? ».
    Henry David Thoreau (1817-1862) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans la forêt, près du lac Walden. Il a pour habitude de marcher au moins quatre heures par jour. Avec cet éloge de la marche, exercice salutaire et libérateur, Thoreau fait l'apologie de l'éveil à soi par la communion avec la nature.

  • "Tu seras un homme, mon fils", l'un des plus célèbres poèmes de la littérature, est enfin réédité. Ce poème qui magnifie l'enfance et exalte l'autonomie et la droiture est suivi des lettres qu'échangèrent Kipling et son fils John alors que ce dernier était au front en 1915. Il y trouva la mort quelques semaines avant ses dix-huit ans. L'ensemble exprime avec une grande émotion les espoirs, l'inquiétude et finalement l'impuissance d'un père vis-à-vis de son fils.

  • Entre 1766 et 1779, Bougainville, marin, découvreur, journaliste, explore et raconte le Monde. De cette relation de voyage, Diderot entend donner sens aux impressions prétendument brutes rapportées par le marin. La sexualité, l'autorité, l'organisation sociale, tout est prétexte au rire et à l'analyse savoureuse du plus prophète parmi les philosophes des Lumières.

  • Ecrit de mars à août 1876, Un coeur simple ouvre le recueil des Trois Contes, publié l'année suivante. Flaubert vient de retrouver sa maison de Croisset, dont les tracas financiers l'avaient tenu éloigné pendant un an. L'écrivain est heureux de se retrouver "comme un petit bourgeois" dans ses fauteuils, au milieu de ses livres, dans son cabinet avec vue sur son jardin. Mais la vie, même la plus banale, peut-elle jamais être aussi... simple ?

  • Précieuse synthèse du socialisme libertaire de Bakounine, Dieu et l'État attaque avec virulence les institutions religieuses et étatiques, responsables de l'esclavagisme moderne. Face à cette autorité désastreuse pour la liberté humaine, une seule solution : la Révolution sociale.
    Le peuple n'a que trois moyens de s'en sortir : « Les deux premiers, c'est le cabaret et l'église, la débauche du corps ou la débauche de l'esprit ; le troisième, c'est la révolution sociale. ».

    Dieu et l'État est le texte fondateur de la pensée socialiste libertaire de Mikhaïl Bakounine. Sa critique violente à l'égard de toute autorité se révèle toujours aussi inspirante.

  • Construire un feu est certainement l'une des plus belles nouvelles de jack london : son extrême dépouillement stylistique s'accorde parfaitement au minimalisme de l'intrigue. l'histoire — un trappeur, sûr de lui, confronté à la force de la nature —, prend très vite un côté fantastique oppressant. la nudité monotone du paysage, la répétition des mêmes gestes semblent prises dans un tourbillon sans fin : très peu de textes font ressentir à ce point cette sensation presque physique de menace mortelle.

  • L'art d'être grand-père Nouv.

    En 1877, Victor Hugo publie 27 poèmes qu'il dédie à ses « marmots ». On y découvre l'homme avant l'écrivain ou la personnalité politique, attendri par les rires et les jeux des enfants bien-aimés, lucide sur le monde qui les entoure et les voit grandir, mais toujours rajeuni par cette « aurore » qu'est l'âme enfantine.27 arts d'être grand-père pour célébrer un amour simple et pur, pour rendre hommage à cette tendre complicité entre deux générations.

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