Jean-Michel Delacomptée

  • Versailles, mercredi 1er janvier 1710, tôt le matin.
    Philippe d'Orléans, le neveu de Louis XIV, attend la visite de son ami Saint-Simon.
    Connu pour ses moeurs débauchées, le duc d'Orléans vit depuis dix ans un amour passionné avec sa maîtresse Mme d'Argenton, la seule femme qu'il ait jamais aimée.
    Il ignore qu'une terrible menace, qui pourrait lui valoir un exil immédiat, enfle dans son dos. Mme de Maintenon, en particulier, le hait pour une plaisanterie de mauvais goût qu'il a proférée à son encontre.
    Saint-Simon se doit de l'avertir. Plus encore, de lui éviter le châtiment qui le guette.
    À ses yeux, une seule chose peut sauver son ami : quitter Mme d'Argenton pour retrouver les bonnes grâces du roi.
    /> Mais Philippe d'Orléans concèdera-t-il un sacrifi ce si déchirant ?

    Inspiré des Mémoires de Saint-Simon, un tête-à-tête tendu et palpitant qui nous introduit dans les arcanes de la cour du Roi-Soleil où prospéraient rumeurs et calomnies... Phénomène qui résonne de nos jours avec une force saisissante.

  • Qui n'est pas un jour devenu fou en entendant son voisin d'à côté tondre le gazon systématiquement tous les dimanches au moment de la sieste ? Qui n'est pas devenu obsédé par le sifflotement anodin du voisin d'en face ? Comme si la vie prêtait toujours à siffloter ? Pamphlet contre le bruit environnant sur toutes ses formes, sur le bruit qui vous empêche de penser, coup de gueule contre tous ces bruits qui nous atteignent et nous gênent, mais surtout hymne au silence.

  • « À partir de quel moment un écrivain, chargé d'un projet longuement fermenté mais qui lui résiste, finit par se lancer et, d'une traite, le réalise ? » C'est en se penchant sur le cas des Mémoires de Saint-Simon que Jean-Michel Delacomptée nous en livre les réponses. En retraçant la vie de l'auteur, il nous donne une nouvelle lecture plus intimiste et plus nuancée des Mémoires et de l'homme qui les rédigea : sous sa plume c'est bien sûr toute la subtilité et le talent du conteur du XVIII ème , contemporain de Louis XIV et de sa cour, qu'il réussit à faire revivre.

  • Parmi les écrivains les plus illustres du XVIIe siècle, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine, Bossuet, Boileau, Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, figure La Bruyère. Avec Les Caractères ou les Moeurs de ce siècle, il a tendu au public de son époque un miroir qui nous reflète toujours. Bien des comportements de la société de Louis XIV ressemblent aux nôtres. Les temps changent, pas le fond des hommes.
    Jean-Michel Delacomptée explore ce miroir et ce que ses reflets disent de nous.
    De La Bruyère lui-même, on sait fort peu de choses. Quels milieux fréquentait-il ? Était-il misanthrope, misogyne ? A-t-il aimé ? Était-ce un orgueil blessé ? Quelle était la morale de cet auteur si grave et pourtant si drôle ?
    Jean-Michel Delacomptée brosse le portrait captivant de ce classique de notre littérature. Il ouvre ainsi une porte dérobée dans les Caractères, dont il rappelle avec force l'intemporelle grandeur.

  • Montaigne incarne le pouvoir créateur du verbe auquel nous ne croyons plus, mais dont, souterraine, la nostalgie nous reste. Dans la serre où prolifèrent les chiffres que nous cultivons comme aucune civilisation avant nous, il nous manque un supplément d'âme. On le loge dans le désir sans bornes de biens superflus : illusion désormais évidente que dénonçait le petit châtelain chauve à la moustache fournie, presque toujours vêtu de noir et de blanc sous sa calotte, qui parlait comme il agissait, écrivait comme il parlait, et s'essayait à vivre selon la nature.
    Dire adieu à Montaigne serait troquer l'humanisme qui s'attache à son nom contre un futur strictement prosaïque, où l'humanité, enclose dans sa bulle étanche, se penserait maîtresse de l'univers, sans limites à sa toute-puissance.
    C'est ce qui se joue au-delà des Essais.
    J.-M. D.
      Un magnifique portrait du philosophe. Estelle Lenartowicz, Lire.

    Une ode à la littérature. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire.

  • Conçue, à l'origine, pour être écrite avant d'être parlée, la langue française a toujours obéi à une double vocation, politique et esthétique. Politique par sa volonté d'égalité vers le haut, esthétique par sa dimension foncièrement littéraire.
    Des Serments de Strasbourg à l'ordonnance de Villers-Cotterêts, du bouillonnement de la Pléiade à la rigueur de Malherbe, ce riche essai traverse, pour s'en émerveiller, l'histoire de notre langue possessif pluriel en forme de prière laïque.
    Car l'auteur s'inquiète. Il craint que la standardisation, l'obsession de l'égalité par le bas, la technicité triomphante, la novlangue, le déracinement, ne portent au français un coup fatal.
    Indifférent aux sempiternels procès en passéisme, il soutient que la progressive rupture du lien qui unit notre langue à ses origines politique et littéraire va, dans un proche avenir, ruiner sa vigueur, son identité, son esprit. Qu'en abandonnant la quête d'exigence et de beauté qui a fait sa force, nous la privons de son pouvoir émancipateur. Et que, si nous continuons à la saccager, nous détruirons avec elle non seulement notre idéal républicain et notre culture, mais notre civilisation elle-même.

  • La Princesse de Clèves, roman de Madame de Lafayette, fut publié en mai 1678, sans nom d'auteur. En 1558, à la cour du roi Henri II durant la dernière année de son règne. Mlle de Chartres a quinze ans lorsqu'elle paraît au Louvre. Le prince de Clèves, homme d'une grande droiture morale, tombe amoureux d'elle dès qu'il l'aperçoit. Ébloui par sa beauté, il la demande en mariage. Mlle de Chartres n'a aucune expérience de l'amour et l'épouse sans être amoureuse de lui.
    Alors qu'elle est mariée, la princesse de Clèves rencontre, à la cour, lors d'un bal, le duc de Nemours. Naît entre eux une passion immédiate et complexe qu'ils vivront l'un et l'autre dans le tourment, et qui tourmentera et éblouira lecteurs et écrivains jusqu'à nos jours.
    Jean-Michel Delacomptée explore dans ce récit toutes les formes que peuvent prendre les passions, dans un style merveilleux de vigueur et d'interrogation.

  • Comment et pourquoi, lorsque l'on se décrit comme un « athée fatigué » qui ne croit pas au Ciel, l'on peut être attiré par Bossuet alors que l'on ne partage ni sa foi ni sa doctrine ? Pour une seule raison, mais une raison majeure et impérieuse : sa langue. Une langue d'une élévation, d'une simplicité, d'une sincérité qu'elle emporte et élève le lecteur d'aujourd'hui comme, en son temps, l'auditeur de Bossuet - dont la langue est aussi celle de l'éloquence classique telle qu'elle ne se pratique plus, sauf à de rares exceptions rencontrées chez les avocats et les hommes politiques.
    À travers cette langue, c'est tout un monde qui ressurgit, celui de l'époque classique. Un monde qui est le nôtre parce que nous en sommes les héritiers directs, mais que nous nous acharnons à repousser dans les limbes. Parce que, depuis Rousseau et le mythe du « bon sauvage », le pessimisme de Bossuet nous dérange, nous acceptons mal sa vision d'un homme qui soit un loup pour l'homme, d'un homme voué à l'enfer.
    Pour certains, la langue de Bossuet est une langue morte. C'est exact dans la mesure où il s'agit bien souvent, comme dans les Oraisons funèbres, d'une langue proche de la mort, qui parle de la mort parce qu'inévitablement c'est la mort qui gagne. Cette célébration des noces entre la langue et la mort, aujourd'hui, dérange.
    Mais, d'autre part, cette langue n'est morte que parce qu'elle n'est plus lue. Il ne tient qu'à nous de lui redonner vie en redécouvrant son ampleur, sa majesté et bien souvent sa démesure et sa folie.

  • «L'inexprimable bonheur de l'enfance, celle-ci sublimée peut-être, avec l'immense bonté qu'eurent mes parents pour moi, c'est ce bonheur trop lourd à surmonter dans le souvenir laissé qui, par les trouées du temps pour peu que je m'y plonge, me sert de patrie. L'apaisement des sanglots rend l'ancienne douceur. Elle allège le sentiment d'exil éprouvé, comme en pension autrefois, quoique d'un poids beaucoup moins grave, et par intermittence. Elle renaît pour quelques instants, cette douceur dont on sanglote, épanchant son baume sur une journée entière avant de s'évanouir avec le sommeil. C'est un fantôme qui revient, mais un fantôme bienveillant, sans linceul, tout sourire. Néanmoins, le sommeil ouvre des brèches. Dans En marge des nuits, J.-B. Pontalis, chez qui perçait une inquiétude aiguë à l'égard de l'éphémère, note que "le rêve est mémoire, résurrection, par bribes, du passé il nie l'effacement, l'irréversibilité du temps, conjure l'oubli des morts". Les sanglots sont comme les rêves, une permanence de la mémoire, conjurant l'oubli des morts.
    On apprend cela quand on grandit.» Jean-Michel Delacomptée.

  • « Évidemment, il y a de quoi sourire. Il existe aujourd'hui des problèmes plus considérables. Le pays marche de travers, il a d'autres chats à fouetter que de s'étendre sur les douteux mérites de sa production romanesque. Excepté un quarteron de lecteurs en retraite, d'écrivains dépités de leur peu d'exemplaires vendus, de journalistes le nez au vent et de libraires guetteurs de messies, qui s'inquiète de ce qui nous captive, vous, moi, et encore quelques autres ? Précisément, c'est tout le problème. » J.-M. D.
    Cette Lettre s'adresse à un ami écrivain désespéré de n'avoir obtenu aucune critique ni audience pour son dernier livre, pourtant magnifi que. Elle vise à comprendre et à faire comprendre pourquoi des oeuvres puissantes restent confi nées dans l'ombre, alors que des textes médiocres connaissent un grand succès.

  • « Puisqu'on traitait le baiser aussi platement, j'évitais d'en parler. Je lui vouais un culte dans mon coin, sans prosélytisme, en dévot secret, me le figurant sous sa forme la plus pure : celle d'un partage ineffable. La fusion personnifiée. Un écho du paradis terrestre. Bien avant de rencontrer Gloria, je connaissais cette prédilection, ce ne fut donc pas une découverte. Mais cette fois-ci, cette première fois que je l'ai vue, j'ai ressenti, devant la beauté de ses lèvres, un élan, une aspiration vers le ciel, une bouffée d'infini qui m'a emporté d'un seul coup si haut que je me suis aussitôt dit que j'aurais du mal à m'en remettre. » Lui, proche de la soixantaine, a deux obsessions : le bruit, qu'il redoute et les baisers, qu'il adore. Elle, jeune femme d'aujourd'hui, mène une existence trépidante. Rien ne les destine à se rencontrer, sinon la vie de bureau...

  • " Malgré leurs divergences, si graves soient-elles, ils sont de gauche tous les deux, donc d'esprit ouvert, au-dessus des oublieux et des grippe-sous, assis côte à côte dans le bureau du juge, amicaux et même chaleureux.
    Sans l'insistance de l'homme de loi, ils auraient négligé de spécifier dans le contrat de divorce, le rythme des visites et aucun de leurs divers droits respectifs. Certains d'échapper à la guérilla produite par l'intrusion d'un tiers. Oh ! pas avant de nombreux mois, et sans doute même plusieurs années, prédisait-elle, alors qu'il aurait fallu penser en jours ".

  • Au début du XVIe siècle, les Ottomans menacent le royaume de Hongrie. Le comte Gabor, joueur d'échecs hors du commun, gouverne le comitat de Paks, une province imaginaire du royaume. Sa fille Judit, joueuse d'exception elle aussi, se désespère de l'apathie de son père face au péril turc. Elle voudrait le remplacer au plus vite. Sa mère, la comtesse Livia, nourrit une ambition semblable. Rivales, toutes deux se haïssent, pendant que Gabor passe ses journées à boire. Pour parvenir à ses fins, Judit trame un projet diabolique. Elle le mènera jusqu'au bout, sans peur et sans pitié. Alors naît sa légende.

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