Pu De Rennes

  • "Architecture : On ne sait pas ce que c'est mais on y travaille." C'est avec humour et bienveillance que Jean-François Roullin adresse aux étudiants ce dictionnaire. Il espère qu'ils en sortiront avec une foi et une intelligence de l'architecture, une envie d'apprendre sans cesse.

  • Comment penser une éducation postcoloniale ? Cet ouvrage analyse empiriquement deux cas de décolonisation inachevée dans le Pacifique, et deux modèles nationaux a priori incomparables : celui des États-Unis d'Amérique à Hawai'i et celui de la France en Nouvelle-Calédonie. L'institutionnalisation récente d'un enseignement des langues et cultures autochtones est un angle privilégié pour saisir la portée du mot d'ordre d'une « décolonisation » de l'école.

  • Femme des deux rives, Hakima Mounir s'appuie sur son expérience familiale et sur une enquête approfondie pour saisir la condition des femmes marocaines de part et d'autre de la Méditerranée, au Maroc et en France, dans une perspective moins interculturelle que pluridimensionnelle. Le sujet central de ce travail est le pouvoir domestique des femmes marocaines, et le lien entre ce pouvoir-là et celui dans d'autres sphères de la vie sociale, plus publiques, comme le travail ou la politique.
    Cet ouvrage tente de montrer que, contrairement à une opinion très répandue, les femmes marocaines ont bien plus de pouvoir qu'il n'y paraît, mais cela à une condition, qui est qu'il doit rester plus ou moins dissimulé. La démonstration se base sur une enquête menée auprès de 80 femmes mariées, dont la moitie vit au Maroc et l'autre en France, la moitié travaille et l'autre est au foyer. Dans un système encore largement patriarcal, comment les femmes construisent-elles leur pouvoir ? Quelle est la nature et l'étendue de celui-ci ? Quel est leur degré de consentement ou/et de résistance, attitudes qui peuvent parfaitement cohabiter ? Quels sont les facteurs de changement introduits par la modernité et notamment la migration ?

  • Mets-toi donc à sa place ! Ce livre est un effort pour décrire cet aspect particulier de nos vies morales, qui tient à notre usage de la perception et de l'imagination. À travers un parcours de la philosophie contemporaine de langue anglaise (Murdoch, Diamond, Nussbaum), mais en s'appuyant également sur les travaux récents de la psychologie de l'empathie et des exemples de fiction littéraire, cet ouvrage affirme que c'est seulement par l'effort imaginatif pour nous mettre à la place d'autrui que nous pouvons accéder à un jugement moral digne de ce nom.

  • Comment montrer le travail par l'image ? C'est à cette question que répondent ici sociologues, historiens, ethnologues, anthropologues, professionnels de la photographie et du film. Question complexe dès lors que le présupposé de la transparence de l'image est rejeté et que l'appréhension du travail se fait dans sa triple dimension gestuelle, relationnelle et subjective. Pluridisciplinaire, réflexif, accompagné d'un cahier de photographies, ce livre propose une large réflexion sur la place des images, leurs conditions de production pour ou par l'enquête et leurs usages en sciences sociales.

  • Expression irrationnelle des désirs et des passions, la vengeance ouvre la boîte de Pandore du cycle infini de la violence réciproque.
    Bien sûr, il lui arrive d'être vécue comme un plat qui, gagnant à être mangé froid, nécessite de dresser des plans et de bien calculer son coup. Mais elle se vit aussi comme un appel à une justice supérieure, au moment où la Justice se trouve comme prise en défaut à l'égard de ses propres exigences d'équité. Nos sociétés tendent parfois à ériger le système judiciaire en simple substitut de la posture vindicatoire, alors que le citoyen voit son désir de vengeance condamné comme une réaction affective privée prohibée.
    Aussi, afin d'en éclairer toute la complexité, historiens, philosophes, sociologues, psychologues cliniciens et psychanalystes, proposent ici une série d'analyses sur l'acte qui consiste à se " faire justice soi-même ". Ces analyses sont rassemblées dans quatre parties thématiques, successivement consacrées aux récits et discours de la vengeance, aux différentes formes du geste vindicatoire, à l'éventuel " genre " de la vengeance, et enfin aux différents univers - psychique en particulier - de l'action vengeresse.
    L'ambition du présent ouvrage est de penser et comprendre les vengeances d'hier comme celles d'aujourd'hui.

  • Jean-Marie Gueullette cherche dans cet essai à comprendre de manière renouvelée les raisons profondes des difficultés de relation entre médecins et ostéopathes. Une telle approche permet d'interroger aussi bien l'ostéopathie sur ses paradoxes internes et ses faiblesses que la médecine dans le regard qu'elle est capable de porter sur autre qu'elle-même. Proximités et différences profondes sont repérables dans cette comparaison entre les deux pratiques. Sur une base anatomique commune, des manières de penser divergentes sont mobilisées, analytique dans la médecine, systémique en ostéopathie.

  • Ce livre présente les évolutions récentes qui renouvellent le rapport à la propriété du logement et qui génèrent le développement d'un modèle de société solidaire, écologique et collective, opposé à celui de la société individualiste et techniciste du XXe siècle.

    Avec une postface de Sylvette Denèfle.

    Avec le soutien de l'université de Tours.

  • Musiciens allemands, français, italiens, austro-hongrois, russes ou polonais, l'identité nationale inspire les compositeurs du XIXe siècle : faire entendre la voix de leur peuple, les traditions de leur terre, le chant de la nation, en un mot leur musique nationale. Jusqu'où les philosophes ont-ils, à cette époque, accompagné la théorisation, par les artistes eux-mêmes, de leurs oeuvres ?

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

  • Les récentes recherches sur la place des femmes dans le monde académique font apparaître plusieurs constats. Le premier est l'érosion du nombre des femmes au fur et à mesure que l'on avance dans la hiérarchie des enseignements et des statuts ; il existe bien un "plafond de verre" qui affecte les carrières universitaires des femmes. Le second constat est le fonctionnement apparemment sexué des disciplines universitaires. Enfin, de nombreux stéréotypes de genre affecteraient encore les représentations du travail et de celles ou ceux qui le font, ce qui n'est pas sans incidence sur l'évaluation des dossiers, la perception de "l'excellence" et les carrières différenciées.

    Cet ouvrage rassemble des analyses historiques et des approches sociologiques comparatives à l'échelle internationale, qui actualisent les données chiffrées sexuées concernant la place des femmes dans les différentes disciplines académiques, mais aussi dans les différents corps des universités, y compris administratifs.

    Sur un versant plus prospectif, il identifie certains obstacles persistants aux carrières féminines, tout en prenant en compte les différents programmes mis en place en faveur de l'égalité pour évaluer leur efficacité. Le tout vise à aiguiser la réflexion sur de nouvelles actions à mener.

  • Dans son ouvrage La libération animale, Peter Singer développe trois grandes idées : le principe d'égale considération des intérêts, le rejet du spécisme, et la nécessité de mettre un terme à certains types d'exploitation des animaux, notamment ceux qui ont trait à la recherche et l'élevage industriel. Cette oeuvre phare a connu un retentissement immense, à tel point que sa publication, en 1975, a été présentée comme le moment clef dans l'émergence du mouvement éponyme. Cependant, le mouvement de libération animale ne saurait se réduire à la seule pensée singerienne.

    Ce mouvement extrêmement protéiforme a fait l'objet de débats intenses à l'interne, entre les défenseurs des animaux eux-mêmes qui privilégient des approches diverses, comme à l'externe, entre ceux qui défendent le statu quo ou contestent les arguments animalistes. L'objet de ce recueil est de revenir sur le lien entre le mouvement de libération animale et les théories de Peter Singer qui, à tort ou à raison, en est perçu comme le père fondateur. Comment l'éthique animale de l'auteur a-t-elle été accueillie depuis la publication de La libération animale, et comment a-t-elle évolué ? Quelle place la doctrine utilitariste occupe-t-elle dans le travail de Singer et dans les débats qu'il a engendrés ?

    Avec le soutien de l'équipe d'accueil Anglophonie, communautés et écritures.

  • Depuis les années 1990, un pan important de la recherche contemporaine et une part non moins significative des discours relayés ou construits par la littérature, l'art et les médias ont appréhendé l'injustice sociale à travers te prisme de la misère et de l'exclusion.
    Sans contester la pertinence de cette perspective, cet ouvrage s'efforce d'en élargir le spectre : plutôt que la seule catégorie de l'exclusion, c'est la notion d'inégalité qui permet ici d'interroger les manières de figurer le caractère juste ou injuste de l'ordre social pris dans son ensemble. Plutôt que la figuration de l'opprimé en tant qu'exclu du champ social, ce sont les représentations de l'écart, de la cohabitation, des misères de position, qui se trouvent au centre de la réflexion.
    L'ambition est ici de saisir et de questionner, dans l'écriture et la forme elles-mêmes, telle que celles-ci se déploient en philosophie, en littérature, en art et dans le champ des sciences humaines, la diction de l'inégalité et le répertoire des perceptions, émotions, sentiments, représentations, arguments et idéaux à travers lesquels elle se constitue comme injustice et comme violence.

  • Stéphane Laurens montre que les craintes de la manipulation sont irrationnelles, car si des influences efficientes s'exercent sur nous, elles viennent avant tout de proches et elles servent à notre insertion sociale. Analysant les croyances sur lesquelles reposent ces craintes, revisitant des formes archaïques d'influence et décryptant des expériences emblématiques, il montre que le dualisme manipulateur/manipulé est une illusion qui masque le déterminant fondamental du lien social : un système de significations partagées qui définit les entités en présence, les rôles de chacun, les symboles, les gestes pertinents et les effets.

  • D'où provient la multiplication des discours sur la vulnérabilité humaine et que faut-il en penser ? Issu d'une recherche multidisciplinaire, cet ouvrage propose les clefs pour comprendre l'origine de cette notion et les principaux modèles qui l'utilisent. Analyse sociologique des nouvelles formes de fragilités sociales, formation d'un droit des personnes vulnérables, regard anthropologique et politique sur l'usage de ces catégories sont autant d'éléments essentiels pour la compréhension de notre époque dans ses mutations profondes.

    Le parti pris est ici de ne pas se satisfaire d'une recension de ces multiples voix de la vulnérabilité mais d'explorer la vulnérabilité sous trois perspectives rigoureuses et complémentaires : présenter les fondements philosophiques de la notion par des synthèses (théorie des capabilités, éthique de Lévinas, Habermas ou Jonas) et un questionnement problématique fondamental ; évaluer l'apport de cette notion à l'éthique du soin et plus généralement à la pensée éthique ; écouter ce que peuvent dire de cette notion aussi bien les pratiques médicales, la clinique psychologique ou encore d'autres formes d'accompagnement de la personne en situation de fragilité.

    Ouvrage unique dans l'espace francophone, il réunit, à l'instigation d'une équipe de recherche interdisciplinaire en éthique du soin, des contributeurs de portée internationale en philosophie comme en sciences humaines, médicales ou juridiques. Ce livre s'adresse tout spécialement aux soignants, aux professionnels et aux chercheurs travaillant sur les questions de la santé, du soin, de l'action sociale. Il constitue également une véritable introduction philosophique à une pensée de la vulnérabilité. En ce sens, ce livre peut rejoindre chacun dans son questionnement essentiel sur la condition humaine, sa fragile complexité mais aussi la beauté de sa vulnérabilité partagée.

    Publié avec le soutien de l'université de Bretagne occidentale

  • Nul ne saurait ignorer aujourd'hui l'importance des médias.
    Avec le souci d'apporter leur pierre à l'édifice des réflexions qu'ils suscitent, Le Monde diplomatique et l'association des Carrefours de la pensée ont retenu cinq thèmes qui sont autant d'interrogations majeures sur la qualité, les moyens et les conditions de production de l'information dans le monde. Les nouvelles technologies, les nouveaux moyens de communication performants et à diffusion quasiment instantanée ont-ils permis une meilleure information ? De véritables empires médiatiques se sont progressivement constitués aux motivations principalement financières et politiques : quelle est leur influence réelle ? Faut-il les considérer comme les nouveaux maîtres du monde ? Les femmes et les hommes, dont le métier est de nous informer, peuvent-ils le faire en toute indépendance ? La liberté de la presse existe-t-elle vraiment ou n'est-elle qu'un vain mot ? Analyser le rôle et le positionnement des médias en période de crise, lors des conflits majeurs - notamment des guerres -, révèle un aspect essentiel de la nature des médias ou, pour le moins, de leur instrumentalisation.
    Sans vouloir en faire une ambitieuse synthèse, la dernière séquence s'interroge sur le rapport des médias avec le pouvoir politique et l'exercice de la démocratie. Chaque auteur, qu'il soit chercheur, penseur, acteur, nous livre sa réflexion ou son expérience de façon claire et documentée. Nul doute que le lecteur observera désormais les médias avec un regard différent.

  • Peut-on envisager quelque élément de comparaison ou de mise en écho entre le destin des Bretons, des Antillais, des Africains ou des Noirs de France, ou n'y a-t-il rien de commun ? Ce livre évoque les engagements, les politiques et les représentations liées à la domination et à la colonisation ; il aborde les formes de résistance à la domination ; puis, il étudie la façon dont les dominés se pensent et dont, parfois, leurs discours se croisent ; enfin, il élargit l'horizon en traitant de la façon dont les questions de minorités dans le monde sont conceptualisées.

  • Aimer une autre culture : voilà la sensibilité que cet essai d'anthropologie s'attache à explorer et nomme ethnophilie. Jean-Philippe Belleau y propose une typologie heuristique (ethnophilies mimétique, xénologique, structurelle, stratégique et d'héritage) et une analyse de l'anthropologie « sauvage » bricolée par les ethnophiles.

    Avec le soutien de l'université du Massachusetts, Boston.

  • Citons Surveiller et punir de Foucault : "Le pouvoir produit ; il produit du réel ; il produit des domaines d'objets et des rituels de vérité. L'individu et la connaissance qu'on peut en prendre relèvent de cette production". L'individu et le savoir que l'on élabore à son sujet sont produits par des dispositifs de pouvoir (école, usine, prison, hôpital, caserne, etc.). Le pouvoir traversant ces dispositifs étant diffus, ceux-ci gouvernent les sujets insensiblement (on parlera alors d'assujettissement dans une "microphysique" du pouvoir).
    Plus précisément, c'est un réseau d'aménagements discursifs, optiques et architecturaux, qui permet de "conduire les conduites", dans un exercice du pouvoir à la fois insaisissable et profond (une "âme" est produite, nous dit Foucault). Parce que nous assistons, de nos jours, comme Foucault l'avait annoncé, à une "grande montée des dispositifs de normalisation", et parce que l'échelle du dispositif, peu étudié par la philosophie, permet d'adopter une perspective nouvelle sur la constitution du sujet, cet ouvrage entend montrer qu'il est nécessaire d'engager aujourd'hui une "philosophie des dispositifs".

  • Nul ne semble pouvoir échapper à la passion de l'inégalité qui s'est emparée du monde : l'horizon qui s'offre à nous est celui d'un paradis privé où les places sont comptées et où tout ce qui relève du bien commun doit disparaître. C'est dans ce contexte qu'agissent les membres de la Red Puna, sans doute le plus important mouvement paysan indigène d'Argentine. Que nous disent-ils de leur lutte ? Que nous disent-ils de notre monde ? Pas à pas, nous partageons leur quotidien, les débats traversant leurs assemblées, les pratiques venant bouleverser la donne initiale qui les condamnait à subir.

    Avec le soutien de l'université de Rennes 1.

  • Les boucs émissaires, les souffre-douleur, les têtes de Turcs et autres parias tourmentés font partie des invariants sociaux, quels que soient les systèmes politiques, les idéologies dominantes et la taille ou le statut des communautés humaines. Ils jouent le rôle d'un ciment social qui permet à une société de s'unifier ou de se purifier à moindres frais, par une haine ordinaire ou exceptionnelle et des comportements de persécution ritualisée. La question qui demeure est celle des limites à ces lynchages collectifs.

  • Quels sont les ressorts profonds de la grave crise économique, sociale et politique que nous traversons ? Quelles lignes de fracture souterraines révèle-t-elle ? Ces questions ont fait l'objet d'une journée de réflexion organisée à l'occasion du 60e anniversaire de la disparition du philosophe Emmanuel Mounier à l'âge de 45 ans, le 22 mars 1950.
    Vingt ans durant, le fondateur de la revue Esprit n'a cessé de passer au feu de la critique les politiques et idéologies (capitalisme, libéralisme économique, fascisme, communisme) aboutissant à la négation de la personne, coeur vivant du personnalisme, sa doctrine. A l'origine de ces perversions : une erreur sur l'homme. Mounier l'identifie dès ses premiers textes consacrés à la crise des années 1930.
    Crise financière, crise économique, certes, mais plus en profondeur, " crise morale " et " spirituelle ". Elle se manifeste par le primat de l'argent déconnecté de l'économie réelle dans une délirante " autofécondité ", l'instrumentalisation du travail, la domination et les inégalités, la prolifération de besoins factices... 500 personnes dont 150 scolaires et étudiants ont participé à cette belle journée de débats qui s'est également interrogée sur l'influence internationale actuelle de la pensée de Mounier.

  • Cet ouvrage souligne l'intérêt du dessin créatif dans la compréhension du fonctionnement psychique des enfants à haut potentiel. Les relations entre la capacité de production créative, le monde pulsionnel, les aménagements défensifs et l'expression des émotions sont en particulier étudiés au sein de différentes organisations psychiques, normales ou pathologiques. Les auteurs font ici état de leur pratique et de l'intérêt du dessin dans l'appréhension du potentiel créatif de l'enfant, mais aussi de ses difficultés jusqu'à sa prise en charge thérapeutique (l'art-thérapie par exemple).

  • Au-delà des rhétoriques de la déploration sur le " silence " ou la " fin des intellectuels ", que reste-il de ce rôle de " préceptorat de l'opinion publique " parfois prêté aux clercs ? Trente ans après l'essai de Régis Debray sur Le Pouvoir intellectuel en France, les études réunies à la suite d'un colloque organisé à ta faculté de droit et de science politique de Rennes en janvier 2010 revisitent ce thème.
    A côté des figures hexagonales (Raymond Aron, René Guénon, Bernard-Henri Lévy et Pierre Bourdieu) ou étrangères (Jürgen Habermas, Charles Wright Mills) émergent des formes originales d'intervention dans l'espace public. Qu'ils se définissent comme catholiques ou européistes, qu'ils empruntent la forme des think tanks à l'image des Thirdwayers britanniques, des prophètes libertariens américains ou des Chicago boys chiliens, ces intellectuels collectifs témoignent de la vitalité et de la variété des engagements.
    Si l'histoire des intellectuels a multiplié les taxinomies, distinguant intellectuel prophétique, spécifique, médiatique, démocratique, la mosaïque des figures évoquées offre, sur fond de contextualisation, une relecture des liens complexes, d'attraction et de répulsion, qu'entretiennent les intellectuels à l'égard du champ politique et du pouvoir. De la contestation radicale du " Trotsky du Texas " (Mills) aux entrepreneurs intellectuels proches de Tony Blair et de la Troisième Voie, de l'intellectuel de cour béhachélien à l'intellectuel " total " bourdieusien, c'est toute une palette contrastée de postures qui se décline et révèle les mutations advenues.
    Des " Idiots utiles " aux prophètes d'institution ?

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