Passage Du Nord Ouest

  • « Dans leur combat pour l'égalité, les Noirs ont tout essayé. Nous avons imploré, nous nous sommes révoltés, nous avons joué les amuseurs publics et épousé des Blancs. Pourtant, on continue à nous traiter comme de la merde. Rien ne marche, alors pourquoi subir une mort lente ? La petite annonce dans le journal du dimanche disait : "Cherchons négro démago capable de guider peuple opprimé jusqu'à la Terre promise. Rémunération selon expérience. Débutants acceptés." Etant poète, et donc experts en techniques de coercition de l'âme noire par les sentiments, j'étais on ne peut plus qualifié pour le poste. A cette époque, tout le monde m'écoutait - des intellos aux clodos en passant par la coterie des politicards - aussi, vingt-deux millions d'âmes en déshérence m'ont promu manipulateur à plein temps et père adoptif d'une ethnie à l'abandon. Les nègres ont alors déferlé sur Hillside, scrutant le smog californien dans l'attente d'un signe annonciateur, et l'Histoire a ajouté mon nom à la bande des messies déjantés qui répondent à l'appel de Satan : Jim Jones, David Koresh, Chales Manson et le général Westmoreland. Toute la bande et puis moi. Les pages qui suivent constituent mes mémoires. »

  • " Il est possible que Mexico soit une tumeur géographique. Ce qui est sûr et certain, c'est que cette ville ne cesse de grandir. Comment faire tenir tout Mexico dans un livre ? C'est ce que je me suis proposé de faire dans ce roman démontable qu'est Mantra. Je trouvais intéressant qu'un livre sur une ville aussi gigantesque qu'un pays puisse correspondre à la forme et à l'esprit qui l'avait inspiré. De là la monstruosité de Mantra, qui est presque une aberration littéraire où les narrateurs se transforment en d'autres narrateurs (le roman commence sur le récit d'une tumeur cérébrale et se poursuit dans la bouche d'un mort français qui raconte ce qui se passe dans un inframonde précolombien ; il se conclut entre les dents et la langue d'une sorte de momie-robot. " Rodrigo Fresán

  • C'est dans la prison de Maribor, en Slovénie, qu'est incarcéré en cet été 1975 le légendaire Keber, meneur historique de la révolte de Livada (un pénitencier du Monténégro) qui s'est déroulée quelque temps auparavant. Il se confie au narrateur avec force détails, soucieux de transcrire la chronique d'un soulèvement héroïque qui avait été déclenché lors de la retransmission d'un match de basket au sein de la prison.
    Keber, qui a le sens de la légende, ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec le siège de Massada en Judée, au Ier siècle. Durant sept mois, un millier de juifs tinrent tête à huit mille Romains qui les encerclaient dans la forteresse surplombant la mer Morte. Au terme de sept mois de siège, les Romains forcèrent l'enceinte de Massada et découvrirent le suicide collectif des rebelles juifs.
    À la prison de Livada encerclée par les forces de l'ordre, la destruction, le pillage et le chaos avaient peu à peu cédé la place au calme et aux pourparlers entre les insurgés : que faire ensuite, se rendre, négocier ou tenter de s'enfuir ?

  • " La ville de Tombstone en Arizona, pendant les années 1880, est notre Camelot national.
    Une terre fabuleuse où les vertus de l'Amérique s'incarnent chez les frères Earp et ses maux dans la bande des Clanton ; une terre imaginaire aussi, où l'affrontement d'OK Corral se revêt de la pureté dépouillée des joutes arthuriennes. Dans son magistral roman Warlock, Oakley Hall rend son humanité véritable, sanglante et mortelle au mythe de Tombstone. Wyatt Earp s'y métamorphose en un tireur d'élite nommé Blaisedell qui, à cause de l'image donnée de lui dans les magazines spécialisés sur le Far West, pense qu'il est un héros.
    Et c'est parce qu'ils croient en ce héros que les citoyens exaspérés de Warlock font appel à lui. Mais lorsque Blaisedell découvre qu'il ne peut répondre à leurs attentes, il est obligé de reconnaître ses failles, son abîme intime n'étant pas si éloigné de celui qui règne en ville. Avant même que s'achève l'angoissante épopée du livre [...], Warlock doit admettre que ce que l'on nomme la société et l'état de droit sont des concepts aussi fragiles et précaires que la chair, voués à retourner à la poussière des déserts aussi rapidement qu'un cadavre.
    C'est la sensibilité profonde de Warlock qui fait de cet ouvrage un grand roman américain. Nous sommes, dans ce pays, encore nombreux à trouver naturel de jeter nos papiers d'emballage au fond du Grand Canyon avant de prendre une photo couleur et de remonter en voiture ; par conséquent, notre nation a besoin de voix comme celle d'Oakley Hall pour se rappeler l'existence de ce morceau de papier voltigeant qui, dans sa chute scintillante, n'en finit pas de tomber.
    " Thomas Pynchon

  • Slovénie, 1754. La guerre de Sept ans éclate. Tandis que le capitaine Windisch rêve d'exploits guerriers et de médailles, Katarina, sa fille unique, découvre les délices de la luxure. Elle doit partir sur le chemin périlleux du pèlerinage vers Cologne que ses compatriotes entreprennent tous les cinq ans. Le danger va se matérialiser en la personne de Simon, un jeune jésuite.

  • Dans une petite ville américaine, Luke Jackson, complètement saoul, décapite des parcmètres. Accusé de vandalisme, il est condamné à deux ans d'incarcération dans un camp de travail. Au bagne, son arrogance et sa forte personnalité lui valent rapidement la haine de tous, celle des gardiens comme celle de Dragline, le meneur des détenus. Luke ne songe qu'à s'évader et ne tarde pas à mettre son projet à exécution. Repris, il récidive mais il est à nouveau capturé. Torturé, il semble se soumettre. Ce n'est qu'une nouvelle ruse...

    En 1967, Stuart Rosenberg adapte Luke la main froide avec, dans les rôles principaux, Paul Newman, George Kennedy et Dennis Hopper. Donn Pearce écrit le scénario et Lalo Schifrin la musique.

  • "Le corps du voleur de morphine flotte sur le fleuve comme une feuille.
    Peu lui importe la puanteur et la température glacée de l'eau. Le courant lent et verdâtre l'éloigne du village pour le mener à l'intérieur de la guerre. Les soldats le voient glisser lentement et le prennent pour un cadavre. Il passe comme un radeau silencieux près d'un peloton de Chinois, puis des gringos et, enfin, des Colombiens venus épauler les gringos dans une guerre qui ne les concerne en rien.
    Hussards et corsaires, samouraïs et Vikings, légionnaires et hoplites, tous le croient mort. [...]. En moins d'un mois, le Maigre s'était mis à fumer de la marijuana comme un orang-outang et avait découvert que ce conflit en cachait un autre, un combat halluciné où les Jaunes aveuglés par l'opium attaquaient les bunkers des Américains grisés d'herbe qui les accueillaient avec des rafales de balles.
    Il y avait aussi les Coréens du Nord qui buvaient une gorgée de soju avant de se précipiter sur les mitrailleuses des marines portoricains surnageant grâce aux métamphétamines. Un combat se livrait au sol, organique et sanguinolent, tandis qu'un autre se disputait trois ou quatre pieds plus haut, tissé par les fils de l'ivresse. Et dans cette guerre d'en haut, les hommes n'avaient pas peur.
    Or l'absence de peur est l'un des dons les plus précieux de l'humanité."

  • Emprisonné à bord d'un zeppelin de très haute altitude, fonctionnant grâce à la machine à mouvement perpétuel qu'il a contribué à créer, Harold Winslow tente de se souvenir des raisons de son incarcération et d'échapper à la folie, alors même que la femme qu'il a aimée repose, cryogénisée, dans la soute de l'aérostat.

  • « À partir d'une situation banale - un cinéaste espagnol, Alex Franco, se voit confier un scénario, intitulé Providence, pour le porter à l'écran -, le récit bifurque, se développe dans différentes sphères, emprunte des voies nouvelles et risquées. Le séjour de Franco dans la ville où naquit Lovecraft se déroule dans quatre dimensions. Ses cours infructueux à l'université, le projet cinématographique qui s'éloigne, les rencontres inopinées avec des personnages appartenant aux codes du roman gothique et du roman érotique - transmuent progressivement le monde universitaire et cinématographique, vus toujours à travers le prisme de l'ironie, en cet univers illusoire créé par les médias où la terreur se transforme en une marchandise rentable. » Juan Goytisolo

  • Hendry Jones, dit le Kid, et Dad Longworth (le véritable nom de Pat Garrett) étaient plus que des amis, c'est un rapport filial qui les unissait. Rien ne pouvait séparer les deux hors-la-loi. Jusqu'au jour où, après une fuite désespérée dans le désert mexicain, ils sont encerclés par les miliciens. Impossible de s'échapper à deux sur un seul cheval après la mort de celui du Kid. Ils tirent alors au sort. Dad remporte frauduleusement la partie et se sauve avec l'argent du dernier braquage, promettant au Kid de revenir le chercher. Mais les heures passent sans son retour, le Kid est capturé et envoyé en prison pour cinq ans.
    Pendant ce temps, Dad est devenu le shérif de Monterey, un homme respectable avec femme, enfant et argent. Et le Kid attend son heure.

  • On Air TV est la chaîne du mysticisme gonzo.
    Pour toi, télévisionneur du futur, nos reporters jouent chaque jour leur âme immortelle en tentant de ramener des images définitives de l'autre monde. Pourchasser l'esprit du Che, enquêter sur le fantôme d'Elvis ou interviewer Sergio Leone en direct du purgatoire, telles sont leurs dernières réalisations. Il nous plaît que nos télémessies soient morts ou se détruisent en divers lieux de l'espace-temps pour te servir.
    Authenticité et fantasmagorie sont le credo paradoxal de On Air Télévision.
    Nous irons jusqu'à filmer la résurrection du Christ, filmer ta propre vie dans son intégralité et son exemplaire dégradation.
    Puis, nous l'émettrons éternellement sur l'un de nos canaux hyperréalistes alors que tu ne seras plus qu'un cadavre devant ton écran. On Air TV est la seule télévision qui ne parle ni du présent ni du passé mais du seul temps possible : le Temps Sans Limites.

  • " Signe de croix exécuté, passeport tamponné, c'est au petit matin que le Chasseur de saints - le dernier de sa lignée - quitte le Vatican sous les fientes des pigeons de la place Saint-Pierre. Il n'a pas de temps à perdre, progresse parmi diverses aberrations de la nature : des bonnes soeurs, des Japonais, des canettes vides de boissons cancérigènes, des seringues contaminées, des stands d'ustensiles sacrés tenus par des sicaires. Sa mission : résoudre le mystère qui unit la ville errante de Canciones Tristes, Andy Wharol et le serial killer Sebastián Coriolis aux manuscrits de Qumrân, à J. R. Oppenheimer, Marilyn Monroe et Selene, la gamine tortue ninja. "

  • " 1938. C'était déjà la troisième année d'une guerre que la République supportait, non sans un certain succès, à force de coups portés au flanc de l'adversaire, capable grâce à l'envergure de ses bras de maintenir sa tête hors d'atteinte. Celui-ci savait que l'usure provoquée par de tels coups l'épuiseraient un jour ou l'autre et n'avait d'autre but que de prolonger une lutte qui s'accorderait d'autant mieux à ses intentions qu'elle engloutirait des victimes et se gaverait des dégâts. " " À Région, la guerre est celle de l'espèce et des espèces entre elles : une main mystérieuse pend les chiens aux branches des arbres ; les canons des fusils dépassent "dans l'attitude de la vipère aux aguets qui, après avoir mordu et inoculé son venin, sort la tête de sous la pierre pour s'assurer du résultat" ; les combats continuent sans rime ni raison alors que tout est perdu pour les uns et pour les autres. Guerre sans vainqueur dont le seul objectif est la défaite de tous et l'extermination du genre humain. " Joan Borrell, Le Monde des livres

  • La décapitation est une pratique désormais courante au Mexique.
    La guerre qui sévit entre cartels de la drogue a fait plus de 5 300 morts en 2008 dont 160 - policiers, trafiquants, paramilitaires ou simples citoyens - décapités. En janvier 2009, les cadavres sans tête de deux adolescents de 15 ans ont été découverts à Tijuana. Depuis le début de l'année, le décompte macabre ne connaît pas de trêve. Après Des os dans le désert, non-fiction sur le féminicide de Ciudad Juârez, Gonzâlez Rodriguez poursuit son exploration du paysage criminel mexicain à travers le phénomène de la décapitation.
    Acmé de la barbarie contemporaine, la décollation est analysée au regard de son histoire tant sociale, religieuse qu'artistique, et à l'aune de l'ultraviolence de nos sociétés modernes. Enquête journalistique reposant sur des témoignages de coupeurs de têtes, de trafiquants d'armes et de policiers véreux, mi-essai, mi-autobiographie, L'Homme sans tête est une plongée au coeur d'un État gangrené où les nouvelles expressions de la terreur sont sans limites.
    Sergio González Rodríguez démontre une fois encore que le journalisme peut atteindre à la littérature d'exception.

  • En 2997, un livre basque de mille ans paraît en castillan : La fête de l'âne. Cette chronique relate la vie du terroriste Gorka K. depuis 1973, lorsque l'activiste participe à l'assassinat de Luis Carrero Blanco, successeur de Franco...

  • Chez les Bieresch se situe dans un no man's land mystérieux et énigmatique, dans les provinces inaccessibles à l'est de l'empire. Tel un ethnologue, le narrateur, Hans, se retrouve dans une peuplade aussi énigmatique que familière - les Bieresch - chez qui, selon une coutume archaïque, il doit revêtir les habits de l'oncle défunt pour prendre la place de celui-ci pendant un an. L'univers qu'il pénètre peu à peu se révèle un cauchemar de rituels et d'interprétations, de suppositions, d'anecdotes et d'histoires qui le conduisent dans un labyrinthe dont il ne saura plus sortir.

  • Il est probable qu'avec Karnaval Ferré ait écrit non seulement le meilleur livre sur D. Strauss-Kahn, mais le seul possible. Ferré dépasse l'anecdote médiatique pour l'ériger en allégorie totale en se servant de la figure de l'ancien patron du FMI pour s'introduire dans les égouts du système capitaliste et élever cette histoire affligeante au rang de satire opulente. Prenant pour matière le fait divers, l'auteur tisse un artefact fictionnel et choral (on y trouve Onfray, Nothomb, Houellebecq...) où convergent économie, morale et essai sociologique. Karnaval devient alors un roman foncièrement politique capable de concurrencer les récits officiels et d'ériger un fait délictueux en investigation clinique.

  • Écrivain réservé, énigmatique, excentrique par rapport à l'état actuel de la littérature, Chejfec atteint une sorte de solitude paisible dans l'espace frénétique des nouveautés littéraires. On a l'impression d'être face à un écrivain étranger à tout calcul, convaincu de pouvoir rencontrer ses lecteurs sans aller les chercher.
    Imperturbable, Chejfec écrit.
    « Chejfec semble appartenir à une caste d'écrivains qui ont dû commencer d'exister loin dans le temps, un temps où Proust montra son mépris envers une littérature réduite à un plan séquence (cinématographique) des choses. » Enrique Vila-Matas

  • " les cadavres arrivèrent à trois heures de l'après-midi.
    Une camionnette les amena - en tas, à l'air libre -, tous criblés de balles comme il fallait s'y attendre. sous la morsure d'un soleil de plomb, des regards surpris : il y avait de quoi quand on voyait comme ça se balader dans le village toute cette viande amoncelée ; des gens du coin ? il fallait vérifier. " les corps de ceux partis manifester contre la fraude électorale sont rendus aux familles, puis l'armée occupe les lieux, le couvre-feu est instauré, les communications et les vivres sont coupés.
    Le maire-cacique de remadrin est à son tour assassiné, le village sombre peu à peu dans la ruine et des fantômes, toujours plus nombreux, hantent les rues. " l'histoire du mexique s'est toujours écrite avec le sang ", déclare l'auteur de cette oeuvre joycienne. la violence poussée jusqu'à la caricature y est décrite à travers le quotidien de 90 personnages hauts en couleurs, tous corrompus, voleurs, assassins, menteurs ou lâches, tragicomiques à leur façon, grotesques presque toujours.
    Une abondance de scènes burlesques, d'oú résonnent dialectes du nord, néologismes et tournures classiques, tentent de cerner la vérité d'un pays qui " adore le mensonge " et craint les vérités douloureuses, selon daniel sada. " jamais personne ne peut dire le dernier mot sur le mexique. sa réalité est sale, mais d'une saleté spéciale : excrément et douceur. " considéré par roberto bolano comme " le plus baroque d'entre nous, celui qui, sans aucun doute, est en train d'écrire l'une des oeuvres les plus ambitieuses de notre langue ", daniel sada est né en 1953 à mexicali, sur la désertique frontière américaine.
    Journaliste et poète, c'est en 1999 avec porque parece mentira la verdad nunca se sabe (l'odyssée barbare) qu'il connaît la consécration et que carlos fuentes voit en lui une " révélation pour la littérature mondiale ". en novembre 2008, daniel sada a obtenu le prestigieux prix herralde pour son roman casi nunca.

  • Que serait notre monde si les conquistadors, face à la résistance aztèque, avaient dû remonter dans leurs caravelles pour échapper au massacre ? Qu'en aurait-il été des États-Unis si cette civilisation précolombienne avait envahi le continent, imposé ses valeurs et ses croyances au reste du monde ? Voici donc ce qu'imagine Sesshu Foster, un XXe siècle qui verra l'invasion de l'Europe occidentale par les forces aztèques, combattant les armées nazies sur le front ouest et les puissances asiatiques confédérées à l'est. C'est le temps d'une conflagration entre civilisations dans laquelle Zenzotli, Gardien de la Maison Obscure des Aztex aura son rôle à jouer : Zenzotli a le pouvoir de rentrer en contact avec les dieux et ceux-ci lui ont donné une mission : reprendre Stalingrad.

  • En septembre 2004, paraît chez Soft Skull press (féroce éditeur punk rock de Brooklyn) un recueil d'une vingtaine de short cuts, d'upper cuts rageurs à destination de l'Amérique conservatrice qui s'apprête à réélire G. W. Bush : Animal rights & pornography de J. Eric Miller. L'ouvrage fait grand bruit : certains y voient une « déferlante pornographique révoltante » (Chicago Tribune), tandis que d'autres le considère comme une « attaque violente mais justifiée aux qualités littéraires subversives » (Washington Post). Dans ces nouvelles, tour à tour trash ou fantastiques, réalistes ou poétiques, Miller convoque cochon, rat, singe, vison... sacrifiés sur l'autel de l'obscène. Les mauvais traitements subis et la mort des animaux renvoient à la bestialité de l'homme, à sa cruauté souvent synonyme de plaisir quand elle n'est pas un voile hypocrite dissimulant sa lâcheté. Défense des animaux & pornographie est un livre dur et juste sur la nature humaine par l'auteur du remarqué Décomposition, « entre road-book détonnant et conte de fées sous acides, polar barré à l'humour très noir » (Raphëlle Leyris, Les Inrocks).

  • Hiver 1944. Tandis que les armées allemandes préparent leur contre-o. ensive des Ardennes, le major Abraham Falconer et ses hommes s'installent dans le château médiéval de Sainte-Croix. Le capitaine Lionel Beckman, historien dans le civil, craint que les trésors du château ne subissent de graves dommages et demande à Falconer de le faire évacuer. Celui-ci refuse et entreprend de transformer la bâtisse en forteresse. Le comte de Maldorais, propriétaire des lieux et sexagénaire stérile, se montre particulièrement chaleureux avec ses hôtes pourtant envahissants. Il projette, en fait, de précipiter Falconer dans les bras de Thérèse, sa jeune épouse, afi n de s'assurer une descendance...

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