Michel Le Bris

  • Que serait un voyage sans le livre qui l'avive et en prolonge la trace - sans le bruissement de tous ces livres que nous lûmes avant de prendre la route ? Samarcande, Trébizonde, tant de mots, dès l'enfance, qui nous furent comme des portes, tant de récits, tant de légendes ! Un éloge du déracinement qui nous pousse à larguer les amarres et à divaguer en toute liberté.

  • Abécédaire intime

    Michel Le Bris

    « Dans la salle enfumée du bistrot de marins, des noms passaient, tels des soupirs portés par le vent battant les volets clos : Mascareignes, Terre de Feu, Veracruz - et c'était comme si les murs, alors, se reculaient jusqu'au bout de la terre...
    Le jour revenu, je courais de rocher en rocher, tandis que les cargos s'éloignaient vers le large, et je restais des heures à fixer l'horizon : là-bas, derrière la ligne bleue où ils disparaissaient, il y avait des mondes, effrayants et splendides, et, à n'en pas douter, des îles de corail sous les cieux sans nuage. Un jour, moi aussi, je m'en irais !
    Je m'en allais déjà, le nez dans la poussière de mon grenier, avec pour seul témoin le ciel, par l'étroite lucarne, pour seuls complices les grands chevaux de l'empire des nuages, tandis que je tournais les pages de mes trésors, Curwood, Stevenson, Jack London, le Journal des voyages - et chaque livre, alors, m'était comme une porte qui ouvrait sur des mondes...
    Je suis parti. Du moins j'ai essayé. Voici quelques fragments de ce qui m'attendait derrière la ligne d'horizon... » Au fil de ses flâneries, Michel Le Bris égraine ses souvenirs, raconte ses rencontres et évoque les livres qu'il a aimés, les films qui l'ont touché, les expériences qui l'ont marqué, ces musiques qui l'habitent... Chemin faisant, il nous ouvre les portes de son royaume intérieur.

  • « J'ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l'oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture : qu'il est en chacun de nous un royaume, une dimension d'éternité, qui nous fait humains et libres ».

    M. L. B.

  • Survivants de la Grande Guerre, Ernest Schoedsack et Merian Cooper se rencontrent à Vienne. Le premier a filmé l'horreur des tranchées, le second s'est illustré dans l'aviation. Un unique but scelle leur amitié : filmer le réel, dire le monde et la guerre sans fard. Leurs films sont acclamés mais quelque chose manque. Des années plus tard, ils donnent naissance à une fiction folle : King Kong.

  • Que cherchaient-ils, ceux là, qui, au fil des siècles, se risquèrent par-delà l'horizon ? Face à l'inconnu, il est deux attitudes qui séparent ceux que l'on rassemble sous le seul nom d'explorateurs : ceux qui le traquent pour l'éradiquer, comme s'ils lui en voulaient, et devant l'obscur d'une forê tcalculent déjà les stères de bois qu'ils y débiteront, et puis ceux qui s'y enfoncent dans l'espoir de s'y perdre et que « l'ailleurs » promis ne se transforme pas en un nouvel « ici ». On aura compris vers lesquels vont mes préférences...
    Voici donc quelques-uns des songe-creux, forbans, risque-tout, rêveurs de royaumes, escrocs chimériques qui m'ont accompagnés depuis l'enfance, porteurs d'histoire héroïques, bouleversantes, hilarantes - comme Rob Roy MacGregor qui réussit l'exploit de descendre le canal de Suez en canoë un an avant qu'il soit ouvert, Mary Kingsley, tenante du « christianisme athlétique » qui attaquait les crocodiles à coup d'ombrelle, James Holman et Jacques Arago, assurément les plus grands voyageurs aveugles, Percy Fawcett traquant le secret des Atlantes en pleine Amazonie, ou l'immense Richard Burton, dont le rire satanique nous fascine encore...

  • Un voyage au coeur de la Bretagne d'antan et d'aujourd'hui, celle que l'auteur a connue enfant, celle qu'il retrouve des années plus tard. Avec lui, nous découvrons des histoires devenues légendes, nous assistons au ramassage du goémon, nous découvrons la baie de Morlaix et ses vaillants corsaires, ses hardis marchands, nous revivons les grandes marées et les pêches de l'enfance.

  • La porte d'or

    Michel Le Bris

    • Points
    • 8 Avril 2010

    Dans les montagnes derrière San Francisco, dans les villes fantômes de la Sierra Nevada, dans les portraits de brutes exquises et de femmes étonnantes, se dessine l'horizon envoûtant de la Californie à l'époque de la ruée vers l'or.
    Où l'on découvrira des pionniers forbans et traqueurs d'absolu, se consumant au feu brûlant de leurs chimères...

  • La beauté du monde

    Michel Le Bris

    • Points
    • 3 Septembre 2009

    Sensuelle, rayonnante et fière avec sa carabine à l'épaule, Osa salue un chasseur au teint d'ébène.
    Son mari, Martin, immortalise l'instant, l'oeil rivé au viseur de sa caméra. Le couple vedette, les amants aventureux ont choisi le Kenya pour révéler au monde l'Afrique sauvage, vierge, paradisiaque. Ils rapportent aux Etats-Unis les premiers films animaliers et un parfum de légende.

  • N.C. Wyeth

    Michel Le Bris

    • Hoebeke
    • 6 Novembre 2008

    Ses oeuvres sont mondialement connues. Et pourtant, son nom l'est moins.
    Newell Convers Wyeth, est un artiste majeur américain. L'illustrateur de tous les grands classiques de la littérature populaire. Les illustrations de L'Ile au trésor de Stevenson, c'est lui. Les premières publicités de Coca-Cola, c'est lui aussi. Le cow-boy de Lucky Strike, c est encore lui. En France, on se souvient tous des couvertures des livres d'aventures publiés par Phébus, dont le célèbre Moonfleet. A travers ses illustrations, Wyeth a établi l'image des héros des grands thèmes de la culture populaire.

    N.C Wyeth (1882 1945) est un artiste hors norme. Ce géant de l'illustration a réalisé plus de 3000 dessins et illustré 112 ouvrages en particulier pour la jeunesse et des romans d'aventure adultes, chez Scribner aux Etats-Unis. Il a donné vie aux plus célèbres héros de la littérature populaire : Robin des Bois, Robinson Crus?, le roi Arthur, le dernier des Mohicans...
    Son trait évoque l'aventure. Wyeth excelle dans le détail frappant, la dynamique des scènes, mélange de puissance et de rêverie à l'instar du vieil aveugle Pew de L'Ile au trésor, terrifiant, avançant dans la nuit, sa canne à la main ou bien Robinson Crus?, seul sur la plage.
    Comme nombre d'illustrateurs de cette époque, Wyeth partait à la découverte des contrées américaines. Passionné par le Grand Ouest, il a peint de nombreux cow-boys, des Indiens, des scènes de rodéo, d'attaques de diligences. Très vite, il deviendra l'illustrateur de l'aventure, du western, de l'histoire avec Fenimore Cooper, et surtout Stevenson. Pirates, Fées ou Vikings, les créations de Wyeth développent l'imagination. Les illustrateurs d'aujourd hui s'en sont largement inspiré.
    De grandes firmes américaines, telles Coca-Cola, Quaker Oats Co, Lucky Strike, General Electric Company ont fait appel à ses talents pour leurs publicités. L'Etat américain a aussi été l'un de ses commanditaires : il a réalisé des fresques murales retraçant des épisodes historiques, des calendriers louant une vision idéale des Etats-Unis.
    N.C. Wyeth, l'esprit d'aventure compte plus de 130 illustrations. Michel Le Bris nous raconte l'histoire de cet illustrateur de génie. Une façon de rappeler, adultes comme enfants, son oeuvre. Il ouvre les portes d'un monde de fantaisie, de magie et d'aventure.
    Wyeth, c'est l'esprit même de l'aventure.

  • nous ne sommes pas d'ici est une autobiographie singulière. et aussi le récit d'une pensée en mouvement. celle qui permet à michel le bris de créer le festival « etonnants voyageurs » à saint-malo et de le projeter aux etats-unis, en haïti, à sarajevo, à dublin, à bamako, à haïfa, d'écrire essais, récits de voyages et romans, d'avoir été à la fois ancien élève d'hec et directeur de la cause du peuple (ce qui devait lui coûter huit mois de prison), créateur avec jean-paul sartre de la collection « la france sauvage », cofondateur de libération et grand amateur de jazz, d'arpenter les paysages et les pages de stevenson, de proposer une théorie nouvelle du romantisme allemand, en goûtant la contradiction qu'il y aurait à aimer tout ensemble novalis et chandler, jack london et jean-paul sartre, philip k. dick et nicolas bouvier (dont il aura été l'éditeur), malraux et chester himes, le grand large et l'asphalte, la bretagne granitique et le new york des époux johnson dans la beauté du monde. d'où vient son énergie ? d'être né en bretagne, répond-il, dans l'émerveillement du poème du monde - et d'y avoir été, aussi, cet enfant pauvre d'une mère employée chez le châtelain local, qui rêvait de l'ailleurs et allait prendre sa revanche. mais une revanche littéraire. ce qui anime chaque page ici, c'est l'amour fou de la littérature.

  • "Je retiens mon souffle - Comment lui dire ces années de ténèbres et de feu, l'or jeté à poignées sur les tables de monte, les filles enlevées sur les côtes de Chine, du Pérou, du Chili, et vendues aux enchères sur le wharf de Clarks Point, San Francisco brûlant comme une torche sous les acclamations des fêtards ivres morts, et reconstruite le lendemain sur les cendres brûlantes, et tous ces malheureux qui mouraient par milliers, dans la Sierra lointaine, de faim, de froid, de maladie, fouillant toujours plus loin, à la recherche du mother Iode, avec dans les yeux des rêves de terre promise : tant de misères, et tant de démesure ! Oui, comment lui dire le vent du désert, la course des chevaux, le "you you" des Indiens, et cette fièvre, aussi, cette fureur qui nous précipita, la tête embrasée de chimères, dans le Sonora inconnu ? Des montagnes d'or en plein royaume apache, divaguaient les soldats, un monde à conquérir, où tout recommencer ! Et nous, pauvres fous, si sûrs que l'univers entier tenait dans le cieux de nos mains..." 29 octobre 1850 : la Californie de la ruée vers l'or fête son entrée dans l'Union.
    Un volcan en éruption, où se mêlent hors-la-loi, mystiques rêvant de Nouvelle Jérusalem, et révolutionnaires en déroute, venus de toute l'Europe. ... Parmi eux, des milliers de quarante-huitards, fuyant la répression ou tout simplement déportés. Les Américains s'inquiètent : s'agit-il d'une invasion ? Les Français tenteront de prendre la Sierra Nevada et d'y faire vivre leur utopie, avant de partir à la conquête de la Sonore mexicaine, sous la direction d'un comte romantique et dandy.
    Une formidable épopée, restée jusqu'ici inédite, et, avec elle, le retour au vrai roman d'aventures !

  • Nicolas Bouvier, Bruce Chatwin, James Crumley, Jim Harrison, Jacques Lacarrière, Jacques Meunier, Redmond O'Hanlon, Hervé Prudon, Salman Rushdie...
    Quelques noms parmi tant d'autres, pour un exceptionnel panorama de la littérature voyageuse. Quelques noms et une formidable aventure initiée par Michel Le Bris en 1990, avec la création du festival " Etonnants Voyageurs ", à Saint-Malo, puis de la revue Gulliver.
    " Un jour, parce que j'étouffais dans les modes de l'époque, qu'il me fallait un autre espace, où respirer un peu plus large, je décidai que c'était trop, et qu'il fallait se battre, pour une littérature plus aventureuse, plus voyageuse, ouverte sur le monde, soucieuse de le dire.
    En rassemblant les petits enfants de Stevenson et de Conrad partout, de par le monde.
    " Tout grand livre, écrivait Stevenson, est quelque part un récit de voyage. " Nulle école, nul dogme, nulle forme obligée, mais la conviction affirmée que c'est l'épreuve de l'autre, de l'ailleurs, du monde, qui, seule, peut empêcher la littérature de se scléroser en modes, en formes vides. La quête de cette parole vive, portée à incandescence par les artistes, les poètes et les écrivains, en nommant le monde, nous le donne à voir et l'invente, le revivifie.
    Un lieu, un texte, et le regard croisé d'un(e) inconnu(e) au bout du monde dans le voyage se joue peut-être le retour à une vérité un peu trop oubliée de la littérature : écrire, c'est toujours s'en aller.

  • L'aventure de la flibuste

    Michel Le Bris

    • Hoebeke
    • 8 Février 2002

    Quelle était la religion des flibustiers ? Les pirates étaient-ils des dissidents radicaux religieux ? Peut-on traiter de la flibuste et de la piraterie comme d'une révolte sociale annonçant la Révolution française ? Savez-vous que vingt-cinq pour cent au moins des flibustiers étaient noirs ? Qu'un des plus féroces d'entre eux, William Dampier, était en même temps un savant de génie ? Le mystère de la fin du chevalier de Grammont sera-t-il enfin, ici, définitivement éclairci ? Conçue par Michel Le Bris, et présentée à l'abbaye de Daoulas du 26 avril au 4 novembre 2001, puis à Paris au musée de la Marine du 16 janvier au 17 mai 2002, l'exposition Pirates et Flibustiers des Caraïbes (à Paris : Pirates) a reçu un accueil public et critique enthousiaste.
    La plus importante exposition jamais consacrée à ce sujet dans le monde ! Et une vision radicalement nouvelle, tenant compte des progrès actuels de la recherche. Car elle a changé notre vision, depuis ces dernières décennies ! On en aura ici quelques aperçus passionnants, échos du colloque qui se tint à Brest lors du lancement de l'exposition, rassemblant les meilleurs spécialistes. Où l'on verra que la réalité continue de dépasser la fiction...

  • " Dans la salle enfumée du bistrot de marins, des noms passaient, que l'on aurait dit des soupirs portés par le vent battant les volets clos : Mascareignes, Terre de Feu, Veracruz - et c'était comme si les murs, alors, se reculaient jusqu'au bout de la terre.
    Le jour revenu, je courais de rocher en rocher, tandis que les cargos s'éloignaient vers le large, et je restais des heures à fixer l'horizon : là-bas, derrière la ligne bleue où ils disparaissaient, il y avait des mondes, effrayants et splendides, et, à n'en pas douter, des îles de corail sous les cieux sans nuage. Un jour, moi aussi, je m'en irais ! Je m'en allais déjà, le nez dans la poussière de mon grenier, avec pour seul témoin le ciel, par l'étroite lucarne, pour seuls complices les grands chevaux de l'empire des nuages, tandis que je tournais les pages de mes trésors, Curwood, Stevenson, Jack London, le Journal des voyages - et chaque livre, alors, m'était comme une porte qui ouvrait sur des mondes.
    Je suis parti. Du moins j'ai essayé. Voici quelques fragments de ce qui m'attendait, derrière la ligne d'horizon. " Michel Le Bris.

  • Ils furent, dans les années 20, les grandes stars de l'aventure. Lui, Martin Johnson, compagnon dans sa jeunesse de Jack London, inventa le cinéma animalier. Elle, Osa, la plus glamour des risque-tout. Ils étaient, pour toute l'Amérique, les «amants de l'aventure». En 1938, Winnie, écrivaine débutante, est chargée d'écrire la biographie d'Osa, veuve désormais, beauté flétrie réfugiée dans l'alcool, toujours hantée par le mystère de la beauté du monde...

  • Poètes, éveilleurs d'âmes, souffleurs de vent, derniers baladins, peut-être, du monde occidental, au bord du précipice, dans cette agonie insupportable de la raison politique, quand la société peu à peu se défait, il nous reste cela : ranimer sans cesse la parole des hommes, qui ne fut jamais aussi menacée. Une fantastique plongée dans les soubassements de notre culture, entre Lumières et Romantisme, au carrefour de nos épouvantes et de nos rêves, vers cette chambre obscure où se jouent nos goûts et nos dégoûts, se tisse notre présence au monde, se structure notre regard. Notre modernité ici restituée comme une vaste saga, dans ce qui la lie et l'oppose aux voix multiples des dissidences, à l'éternelle protestation des humiliés de la puissance, au défi de tous les vulnérables, pour la chance, peut-être, d'enfin délivrer l'Occident du cauchemar qui, depuis longtemps, le hante. Une réinterprétation radicale des enjeux du romantisme. Dissidence et littérature, saisies à l'instant de leur commune naissance : ici s'annonce la fin de cet Age Théorique qu'un jour nous dirons celui de l'Homme mort - et, le Paradis perdu retrouvé, commence l'Age de la Fiction...

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