Jean-Marie Rouart

  • Le 11 novembre 1942, un télex apprend au monde abasourdi que le Maréchal Pétain a quitté Vichy pour rejoindre Alger où les Américains viennent de débarquer. À Londres, après la consternation c'est l'affolement. Le Général, qui a songé au suicide, décide de rassembler ses troupes et d'affréter un bateau de guerre surnommé le «cercueil flottant».
    À bord de cette nouvelle arche de Noé, une galerie de personnages tous plus excentriques et baroques les uns que les autres. A commencer par la garde rapprochée du Général - Aron, Kessel, Druon -, des traîtres, des héros, sans oublier un cortège de jolies femmes, espionnes, amoureuses, cartomanciennes, princesses. Des intrigues se trament, des couples se forment et se défont, la drogue circule même parfois, tandis qu'apparaissent des villes légendaires comme Samarcande.
    La plume de Jean-Marie Rouart virevolte, bondit, caracole. Mais derrière ce roman picaresque se cache un conte philosophique où, plus sérieusement, l'auteur s'interroge sur l'Histoire et ses folies, ainsi que sur certaines énigmes troublantes de la Résistance et de la Collaboration. Et sur une énigme plus grande encore : celle du temps qui fait l'Histoire et défait les amours.

  • Pourquoi le destin s'acharne-t-il sur la comtesse Berdaiev? Aristocrate très belle et très libre, elle appartient à la communauté des Russes blancs, ces exilés qui ont fui l'Union soviétique après la révolution de 1917. Personnalités fantasques et passionnées, minées par la nostalgie et songeant à des projets impossibles, ils ont du mal à trouver leur place dans une société française qui les regarde comme des vestiges anachroniques. Cherchant dans l'amour et dans l'étourdissement des plaisirs un remède à leur mal de vivre, partagés entre la misère et l'opulence, prêts à tous les expédients pour survivre, ils sont la proie de tous les faux donneurs d'espoir et surtout de leurs rêves. Déjà victime de l'Histoire qui l'a condamnée à l'exil et à la ruine, la comtesse Berdaiev va se trouver impliquée dans une affaire de moeurs éclaboussant le milieu politique dans les débuts ténébreux de la V e République. Librement inspiré du scandale des Ballets roses, ce roman renoue avec les thèmes chers à Jean-Marie Rouart : la passion amoureuse confrontée avec la brutalité du pouvoir, face à une société qui se veut toujours moralisatrice.

    3 Autres éditions :

  • « Tout ce que la France réunissait d'élégance, sauvegardait d'art, de légèreté et d'esprit se résumait en Jean d'Ormesson. On l'aimait parce qu'il illustrait le Français éternel, tel qu'il a été et ne sera plus après lui : léger et profond comme Voltaire, amusant et primesautier comme Sacha Guitry, ayant gardé du XVIIIe siècle le goût des sciences humaines et du romantisme les grands envols de l'imagination. On l'aimait parce qu'il représentait toutes les qualités qui ont constitué un pays exceptionnel qui a su allier l'élégance de la pensée, la légèreté amusante, l'humour et la tolérance. Il avait aussi réussi cette gageure de réunir dans sa personne les anciens parfums fanés de l'aristocratie et la méritocratie républicaine.
    Jean aimait les plaisirs de la société qui apportent à l'existence son raffinement, ses parfums, l'élégance des jolies femmes et gomment un peu de la brutalité de la bête humaine.
    La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n'a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout.
    Que ce soit dans l'amour ou dans l'amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val-d'Isère, la littérature, les mots, les vers étaient omniprésents. Ils affleuraient naturellement à sa bouche. Notre amitié est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. Ensemble, nos personnes comptaient peu. Nous étions ailleurs, dans un autre monde où désormais je serai seul. » Jean-Marie Rouart.

  • Le narrateur anime une revue d'art à la réputation internationale dont il a profité jusqu'à présent pour cumuler les conquêtes amoureuses.
    Or voici qu'ayant atteint « l'âge de braise », le feu de la séduction n'est plus aussi fort, les jeunes femmes se détournent et lui renvoient l'image d'un homme sur le déclin. Il ne trouve plus la même énergie pour courir les vernissages. Il tourne en rond, tout l'ennuie, à commencer par son mariage avec Jeanne, une sous-préfète très conventionnelle qui exerce son magistère en province.
    Lors d'un voyage à New-York, le narrateur fait la connaissance de Valentina, jeune femme d'origine russe passionnée par l'art, qu'il recroise ensuite à Paris. C'est le coup de foudre. Cette passion naissante le sort de sa torpeur, il retrouve goût à la vie, à la sensualité, au désir de plaire. Les premiers rendez-vous sont torrides, ils portent le parfum de la nouveauté et le narrateur ne voit pas que Valentina est en train de le manipuler.

    1 autre édition :

  • Je ne peux me défendre d'une attraction coupable pour les grands hommes de l'Histoire. J'ai toujours noué avec eux des complicités secrètes. C'est ainsi que sont nés les trois essais biographiques réunis ici : Napoléon ou la Destinée, Bernis, le cardinal des plaisirs, Morny, un voluptueux au pouvoir. Je les ai abordés moins en historien qu'en écrivain qui tente de percer leurs motivations et le mystère de leur destinée.
    J'ai adjoint à ces biographies des « Portraits acides » parfois un peu vifs, certains même acerbes, d'hommes politiques contemporains que j'ai été amené à fréquenter. Je raconte ainsi mes promenades archilittéraires et un peu irréelles avec François Mitterrand dans la Nièvre et à Paris ; le roman de mes relations barbelées avec un Giscard d'Estaing vexé par le discours trop peu flatteur avec lequel je le recevais à l'Académie. Je ne ménage pas non plus mes critiques envers François Hollande, « le Machiavel de Tulle », « qui a occupé plus de place qu'il ne laissera de vide ». Je brosse aussi les portraits de quelques grands fauves : Chirac « le Paganini de la palinodie », Sarkozy « l'homme qui en voulait trop », Villepin « l'archange des bas-fonds », Fillon « le sourcilleux », Macron « le président hors-sol » ou Charles Pasqua « le pas blanc-bleu, mais bleu-blanc-rouge ».
    Que je les aie aimés, admirés ou jugés néfastes, tous les grands acteurs de notre théâtre politique que j'ai passés au crible m'ont passionné comme autant de personnages de notre roman national si riche et si contradictoire.
    J.-M. R.

  • Comment passer de la pauvreté parmi les pêcheurs de Noirmoutier à la fréquentation des heureux du monde, de l'humiliation des livres refusés à l'Académie française? Quelle est la part de la volonté, du hasard et de la fatalité dans l'accomplissement d'une vie? Dans ce roman autobiographique, Jean-Marie Rouart s'interroge sur le mystère de la destinée et tente d'en comprendre les rouages secrets.

    1 autre édition :

  • «Il y a un autre Napoléon. C'est celui qui m'a fasciné. Un homme souvent au bord du gouffre qui s'efforce de déchiffrer l'énigme de sa destinée. Frôlant sans cesse la catastrophe, il semble entraîné dans une course-poursuite où le rêve devient réalité, où l'invraisemblable devient vrai. Ses échecs me parlent plus que ses succès. Ils ponctuent sa vie. Il s'est construit en les surmontant. Sous la surface de la gloire, comme d'une mer souterraine, jaillissent çà et là des accès de désespoir, des crises de doute. C'est cet autre Napoléon, dissimulé derrière la fresque de la grande histoire, que j'ai voulu faire revivre.» Jean-Marie Rouart.

    1 autre édition :

  • Une jeunesse sous le signe des contradictions : c'est le roman autobiographique d'un jeune homme pauvre dans une famille riche, allergique à la peinture et vivant au milieu des tableaux de Manet, de Berthe Morisot, de Degas qui forment son cadre quotidien. Malheureux et sombre, errant parmi les souvenirs de ces peintres de la lumière, cultivant une névrose d'échec face à des artistes statufiés par la gloire, il se sent menacé par l'aîle noire de la folie. Cette mélancolie le jette dans les bras des psychanalystes qui voient en lui un gibier de choix. Échec amoureux, social, scolaire, tentation du suicide, Rouart ne nous dissimule rien de ses douloureux secrets.
    C'est à travers la figure d'un peintre du début du XIXe siècle, Léopold Robert, mélancolique, suicidaire, amoureux d'une princesse Bonaparte qui se moque de lui-, en qui il a reconnu son double, que l'écrivain nous entraîne dans la quête de ses origines.
    S'interrogeant sur le mystère d'une destinée que tout conduisait au ratage, il brosse une fresque de la grande famille de l'impressionnisme qu'il observe des coulisses et de l'atelier. L'auteur de ce roman vagabond - on passe d'îles en îles, de Venise à Samos, puis à Ibiza - cherche dans le récit de ses aventures les clés perdues de sa vie sentimentale et le chemin du labyrinthe : cet insconscient qui de sa jeunesse déshéritée où il a failli sombrer l'a ramené vers la lumière. Celle de la peinture, celle de l'impressionnisme.

  • Découvrez La guerre amoureuse, le livre de Jean-Marie Rouart. En mission en Finlande, le narrateur rencontre une ravissante étudiante d'origine russe, aux yeux bleu marine. Elle lui apparaît comme l'image même de la pureté et de l'innocence. Il croit qu'elle lui apportera un bonheur tranquille dont il est frustré. Il ignore qu'elle va l'entraîner en enfer : frénésie sexuelle, perversion sadomasochiste, trahisons, mensonges, cet ange se révèle un démon. Perverse ou simplement perdue, elle est insouciante des blessures qu'elle inflige avec la plus cruelle des douceurs. Le narrateur désemparé, se méprisant lui-même, affronte la tempête. Prisonnier de cet envoûtement, il sait qu'il sera le grand perdant de cette guerre amoureuse. Dans un style au scalpel, Jean-Marie Rouart plonge dans les abîmes de l'amour-damnation. Un roman fiévreux mais aussi, une radiographie de l'éternelle et impitoyable lutte de pouvoir dans le couple.

    1 autre édition :

  • Femmes fatales ou amoureuses au douloureux secret, ambitieux blessés en proie à leurs rêves, les héros de Jean-Marie Rouart sont emportés dans les bourrasques et les fièvres de l'Histoire. Son oeuvre romanesque unit inextricablement les destins individuels et les passions collectives, les emportements du coeur et l'ambition du pouvoir. Ses personnages, comme ceux d'Aragon ou de Drieu La Rochelle, auxquels on l'a comparé, rêvent autant de guérir leur désespoir amoureux que de maîtriser leur destin.
    Dans les cinq romans réunis ici le tumulte des événements et les déchirements du coeur se répondent. Dans Le Cavalier blessé, les drames de l'adultère et de la culpabilité se mêlent aux épisodes de l'épopée napoléonienne. Les personnages d'Avant-guerre (prix Renaudot 1983), jetés dans la tourmente des années quarante, vont connaître toutes les formes de la trahison, celles de l'amitié, de l'amour, de l'idéal. Même échec pour les ambitieux idéalistes des Feux du pouvoir (prix Interallié 1977), broyés dans l'engrenage de luttes fratricides, thème que l'on retrouve en filigrane dans La Blessure de Georges Aslo. Quant aux amants du Scandale, ils sont en butte à l'impitoyable répression de l'Amérique ségrégationniste des années trente.
    Le romancier brosse un panorama de héros assoiffés d'absolu et amoureux de l'impossible. Ses personnages baignent dans une atmosphère mélancolique, souffrant de vivre dans un monde trop étroit pour leurs rêves. Observateur sans concession et parfois cruel de la société d'aujourd'hui et de celle d'hier, Rouart en restitue les jeux pervers, les intrigues et les débordements avec acuité et brio dans un style vibrant qu'anime la passion de la vérité.
    Ce volume contient : Le Cavalier blessé, Le Scandale, Avant-guerre, Les Feux du pouvoir, La Blessure de Georges Aslo.

  • Jean-Marie Rouart appartient à une famille de peintres. Son arrière-grand-père Henri Rouart, polytechnicien, inventeur de moteurs et de machines thermiques, fut élève de Corot et ami de Degas. Son rôle de collectionneur a fait date dans l'histoire de l'impressionnisme. Son autre arrière-grand-père, Henry Lerolle, était également peintre et ami de Degas. Les deux filles d'Henry Lerolle épousèrent les deux fils d'Henri Rouart. Julie Manet, fille de Berthe Morisot et d'Eugène Manet, frère d'Édouard Manet, épousa Ernest Rouart, un autre frère. La cousine de Julie épousa Paul Valéry. Tout le monde peignait et vivait dans la familiarité des plus beaux tableaux de Manet, Renoir, Degas, Corot et bien d'autres.
    Jean-Marie Rouart a été élevé dans ce monde de la peinture, prolongé également par son père et par son oncle. Il a évoqué de nombreux souvenirs dans son livre Une jeunesse à l'ombre de la lumière (Gallimard, 2000), sans pouvoir décrire ou montrer ces tableaux qui furent ses compagnons de jeunesse. Ces oeuvres, qui souvent représentent des membres de sa famille, sont dispersées dans des musées aux quatre coins du monde.
    Dans cet ouvrage, montrant plus de cent trente peintures et photographies d'époque, Jean- Marie Rouart a essayé de réintégrer ces tableaux dans le décor qui fut si longtemps le leur et qui fut le cadre de sa vie.

  • Jeune abbé, protégé de mme de pompadour, bernis traverse le siècle des plaisirs avec l'éclat singulier d'un héros de roman.
    " il y a du julien sorel et du comte mosca dans bernis ", dira roger vailland. parcours foudroyant que celui de cet ambitieux couvert de femmes : parti de sa province, il est élu à l'académie française à vingt-neuf ans, ambassadeur à venise oú il en remontre à casanova dans les intrigues amoureuses, le voilà à quarante ans ministre des affaires étrangères de louis xv, chargé de mettre en oeuvre le renversement des alliances qui précipite la france dans la guerre.
    Ami et rival de choiseul, au pouvoir, il révèle un autre visage. l'arriviste devient homme d'etat. plutôt que de poursuivre une guerre qu'il désapprouve, il préfère affronter la disgrâce et l'exil. cette vie de plaisirs, éclairée par la passion de la gloire, est devenue légendaire. symbole de la séduction et du panache, cardinal atypique, bernis nous introduit au coeur d'un xviiie siècle qui jette ses derniers feux.
    Un destin d'homme complet vu par un écrivain.

    1 autre édition :

  • Le scandale

    Jean-Marie Rouart

    En 1935, dans une petite ville du sud des États-Unis, une jeune fille noire a été violée et tuée au cours d'une beuverie par le fils d'un riche notable. Les politiciens, la police, les juges vont tout mettre en oeuvre pour étouffer l'affaire qui risque de compromettre la carrière politique du jeune homme. C'est dans ce contexte de violence sexuelle et de ségrégation raciale que Jim, le héros du livre, devient l'amant d'une jeune Noire, Angela. Leur couple sera la cible de toutes les fureurs et des jalousies qui se déchaînent. Victimes de la réprobation générale, considérés par la société puritaine comme des fauteurs de scandale, porteurs de la malédiction et du péché, Jim et Angela vont être pourchassés. Angela est enfermée dans un bordel et Jim exilé à Boston. Mais rien ne peut arrêter la passion des amants qui contrarient les conventions moralisatrices et racistes de la société sudiste des années trente.
    On retrouve dans ce roman de Jean-Marie Rouart les thèmes de ses livres et de ses combats, transposés dans la société américaine puritaine des années trente : la passion amoureuse, la justice, la prostitution, l'hypocrisie sociale et le fanatisme moralisateur.

    1 autre édition :

  • Ils ont choisi la nuit est un livre sur la tentation du suicide et sur le suicide lui-même. Il analyse ce " mal " qui habite et frappe aussi bien les adolescents que les adultes et les vieilles personnes. Jean-Marie Rouart avoue : le suicide m'a longtemps habité, comme une obsession. Comme une maladie, dont j'ai mis des années à guérir. Et d'évoquer ses frères et soeurs par le suicide enlevé, Romain Gary, Drieu la Rochelle, Jean Seberg, Stefan Zweig, Hemingway, Jack London. Ou encore ceux, qui comme Benjamin Constant, Maupassant et Napoléon, avaient une âme suicidaire.
    Livre de littérature, donc. Et livre fort, d'une nouveauté absolue. Et pour une autre raison aussi que cette galerie jamais vue des grands noms. Il se trouve que Jean-Marie Rouart se met à nu, raconte la tentation du suicide en lui, provoquée par son " mal de vivre ", ses échecs amoureux, sa peur d'écrire.
    Un livre bouleversant.

  • Ouvrage original, puisqu'il mêle portraits d'écrivains et morceaux choisis de leurs meilleurs livres, Ces amis qui enchantent la vie est l'aboutissement et le fruit d'une longue histoire d'amour. Jean-Marie Rouart a toujours eu la passion de la littérature. Depuis sa prime adolescence, elle n'a cessé de l'accompagner. Il a même écrit qu'elle lui avait sauvé la vie, sauvé du désespoir en donnant un sens à une existence qui commençait sous les pires auspices. Grâce à elle, il a pu faire d'une passion une vie, puisqu'il s'y est consacré avec enthousiasme comme écrivain et en tant que directeur du Figaro littéraire pendant vingt ans.
    Rassemblant 120 écrivains français et étrangers, ne visant pas à rivaliser avec la critique universitaire, ce livre est avant tout celui d'un écrivain. À ce titre, il est subjectif, arbitraire, et cherche moins à donner des notes, des prix d'excellence, à établir des hiérarchies, qu'à mettre en valeur des créateurs sur le seul critère du plaisir qu'ils donnent, de la magie qu'ils font naître. Cet enchantement qui fait d'eux les plus indispensables et les plus fidèles des amis. C'est pourquoi, délaissant souvent les grands boulevards des auteurs consacrés, Jean-Marie Rouart n'hésite pas à suivre les chemins buissonniers qu'empruntent des écrivains plus rares comme Joseph Delteil, Malcolm de Chazal, Luc Dietrich ou Carson McCullers.
    Il a ainsi voulu rendre hommage à un grand nombre d'entre eux, notables ou non, qui ont fait plus que jalonner son propre parcours de romancier. De ces lectures il a tiré non seulement de grands moments d'ivresse littéraire, mais aussi une leçon de vie. Car c'est bel et bien la vie qui est au coeur de cette entreprise, comme il s'en explique dans sa préface : « Je demandais aux livres : comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ? » Cet ouvrage est, d'une certaine façon, aussi personnel qu'une confession, aussi intime qu'une autobiographie.

  • Jean-Marie Rouart appartient à une famille de peintres.
    Son arrière-grand-père Henri Rouart, polytechnicien, inventeur de moteurs et de machines thermiques, fut élève de Corot et ami de Degas. Son rôle de collectionneur a fait date dans l'histoire de l'impressionnisme. Son autre arrière-grand-père, Henry Lerolle, était également peintre et ami de Degas. Les deux filles d'Henry Lerolle épousèrent les deux fils d'Henri Rouart. Julie Manet, fille de Berthe Morisot et d'Eugène Manet, frère d'Edouard Manet, épousa Ernest Rouart, un autre frère.
    La cousine de Julie épousa Paul Valéry. Tout le monde peignait et vivait dans la familiarité des plus beaux tableaux de Manet, Renoir, Degas, Corot et bien d'autres. Jean-Marie Rouart a été élevé dans ce monde de la peinture, prolongé également par son père et par son oncle. Il a évoqué de nombreux souvenirs dans son livre Une jeunesse à l'ombre de la lumière (Gallimard, 2000), sans pouvoir décrire ou montrer ces tableaux qui furent ses compagnons de jeunesse.
    Ces oeuvres, qui souvent représentent des membres de sa famille, sont dispersées dans des musées aux quatre coins du monde. Dans cet ouvrage, montrant plus de cent trente peintures et photographies d'époque, Jean-Marie Rouart a essayé de réintégrer ces tableaux dans le décor qui fut si longtemps le leur et qui fut le cadre de sa vie.

  • Dans ce récit sans fard, Jean-Marie Rouart baisse le masque.
    Il confesse ses erreurs. Il en cherche la cause. Pourquoi tant de volonté d'aimer, tant d'espoir que l'amour change la vie aboutissent-ils à un sentiment d'échec ? L'amour, trompe-l'oeil de l'élan vital, n'est-il donc qu'une expérience de la désillusion ? L'auteur, toujours en quête du bonheur, trouve dans un repentir nostalgique l'explication de ce qui lui a fait défaut, à lui et peut-être aussi à nous : nous ne savons pas aimer.
    Au fil d'une éducation sentimentale au sens large, il nous livre également sa fascination pour le pouvoir et ses figures majeures. La grande ombre de Napoléon enveloppe le livre, comme critère absolu de l'action. On croise Mitterrand, perdu sous la neige à Château-Chinon. Le narrateur cherche à séduire Giscard et raconte ses rencontres avec d'autres héros de la vie réelle, Hersant, Romain Gary, Jean d'Ormesson.
    Quel sens a l'amour dans notre vie ? De quel monde mystérieux est-il l' obscur et lumineux messager ? Pourquoi répétons-nous toujours les mêmes erreurs, les mêmes gâchis ? A travers les femmes qu'il a aimées, Rouart cherche les clés de cette énigme douloureuse qui le renvoie à ses premières émotions amoureuses. Car le lit est aussi une chambre d'échos, le lieu de l'expérience du coeur et des corps où résonnent les rencontres d'un soir avec des femmes adultères, des femmes en perdition comme la rousse du Rosebud.
    Amours volages toujours trahies, par soi, par les autres, par le temps.

    1 autre édition :

  • L'homme de toutes les séductions.
    Morny a fasciné ses contemporains. Sa vie aventureuse, ses passions, l'énigme de sa naissance n'ont pas cessé de nourrir l'imagination des romanciers acharnés à percer son secret. Balzac, s'est inspiré de lui pour créer le cynique et fastueux Marsay ; Daudet en a fait un des héros du Nabab ; Zola le dépeint comme un érotomane. Personnage digne à la fois de Marivaux et de Tacite, dit Victor Hugo qui voit en lui l'illustration des turpitudes élégantes du Second Empire.
    Fils adultérin de la reine Hortense, petit-fils caché de Talleyrand, est-ce dans sa bâtardise que Morny puise une énergie redoublée pour la conquête du pouvoir et la quête frénétique des femmes ? Dandy de la politique, affairiste sans scrupule, amateur d'art, auteur de vaudevilles, ministre, ambassadeur, promoteur de l'essor indutriel et des chemins de fer, il mène de front plusieurs vies. Aristocrate de sa propre volonté, passant des salons des Tuileries aux coulisses où l'attendent les actrices et les demi-mondaines, qu'a-t-il cherché dans le pouvoir : un apaisement à sa frénésie de plaisirs ou à la blessure de l'illégitimité de sa naissance ? Personnalité paradoxale : cynique et libéral, organisateur du coup d'Etat du 2 décembre mais aussi cheville ouvrière de l'Empire libéral, il est à la fois jouisseur et visionnaire, homme d'argent et homme d'Etat.
    C'est avec Napoléon III, son demi-frère, la personnalité la plus passionnante et la plus mystérieuse du Second Empire.

  • « Rarement la vie politique sous la Ve République a semblé à ce point sinistrée, ravagée par un mal secret », constate Jean-Marie Rouart au regard d'une campagne présidentielle hors normes. Dans ce journal politique tenu au cours des dix dernières années, sous les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, l'écrivain fournit autant de clés permettant de décrypter une dramaturgie dont les héros semblent frappés d'une étrange malédiction. Il dépeint avec maestria la vie politique pour ce qu'elle est avant tout à ses yeux : un terrain d'expériences romanesques où se jouent les destins. Ce qui passionne l'auteur dans la geste politique et dans les portraits qu'il brosse, c'est tout ce qui les relie à la vie où nous trouvons reproduites nos propres passions, ambitions, et blessures.
    Jean-Marie Rouart montre ici le lien direct entre la politique et l'histoire qui sous-tend à chaque instant notre roman national. D'où l'éclairage saisissant que son livre apporte sur ce psychodrame typiquement français. Un mystère qui fait de notre pays, avec ses contradictions, ses diverses guerres de clans, un terrain d'étude et d'observation plus que jamais fascinant. Sa richesse, l'aura culturelle que la France garde dans le monde, mais aussi sa tendance masochiste à l'autodestruction, viennent aussi de cet extraordinaire paradoxe. Le passé comme l'actualité continuent de nous en offrir des exemples imprévisibles et parfois déroutants.

  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire 2015 des éditions Robert Laffont:

    Littérature française - Jean d'Ormesson, Dieu, les affaires et nous - Sorour Kasmaï, Un jour avant la fin du monde - Jean-François Kervéan, Animarex - Eugène Green, L'inconstance des démons - Julien Suaudeau, Le Français - Jean-Marie Rouart, Ces amis qui enchantent la vie Littérature étrangère - Colm Tóbín, Le Testament de Marie

  • Maupassant...Et s'il avait vécu plus longtemps, que serait-il devenu ?
    Jean-Marie Rouart imagine et raconte ce qu'aurait été le destin de cette figure de la littérature française... Dans une uchronie pleine d'humour, il laisse libre cours à sa fantaisie.
    Jean-Marie Rouart - Maupassant
    Dans cette nouvelle, Jean-Marie Rouart s'amuse à imaginer Maupassant psychanalysé par Freud, refusant le prix Nobel et lançant le jeune Hemingway.
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  • Ce pays des hommes sans dieu Nouv.

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