Grasset

  • " Conseiller puis directeur de cabinet du Premier ministre de 2005 à 2007, j'ai pris des notes quotidiennes. que je livre ici. Avec ces carnets. je me suis avancé dans la jungle des sentiments confus, parfois sincères, parfois troubles, qui animent les hommes de pouvoir. On peut y lire avec exactitude la palpitation brusque et dévorante de la vie quotidienne au sommet de l'Etat. Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy y occupent les premiers rôles. Tony Blair, Vladimir Poutine, Angela Merkel ou Ariel Sharon défilent tour à tour comme autant de silhouettes sur la scène où. malgré tout, se construisent nos destins. "

  • Le " Ministre " en question, c'est, bien sûr, Dominique de Villepin - qui, dans ce livre, n'apparaît que sous le titre de sa fonction. Ce " Ministre ", Bruno Le Maire l'a donc suivi, en tant que conseiller, dans une période assez particulière de notre histoire puisqu'il s'agit des quelques mois qui ont précédé l'intervention militaire des Américains en Irak - période au cours de laquelle le " Ministre " joua, on s'en souvient, une partition délicate et, dans son genre, virtuose.
    Ce récit raconte ainsi, dans une langue sobre, tenue, très " littéraire ", ce qui se passa vraiment au cours de cette période : contacts avec les chancelleries, malentendus avec l'administration Bush, discours onusiens, coulisses d'une avant-guerre - tels sont les temps forts de cet ouvrage où l'auteur, sans outrepasser le devoir de réserve auquel il est tenu, ressuscite un climat qui en dit long sur l'histoire-en-train-de-se-faire...
    On suivra donc, pas à pas, l'incroyable partie de poker menteur qui se joue entre Paris et Washington. Comment les Américains, un bref instant, crurent que Chirac allait les " suivre ". Comment Colin Powell, Blair ou Schröder jouent finement, puis maladroitement. Il n'y a pas, à proprement parler, de révélations. Mais les acteurs sont là, en situation, et c'est passionnant - d'autant que la subjectivité romanesque de l'auteur, grand lecteur de Faulkner et Kafka, donne à ce texte une tonalité très personnelle et particulièrement vivante.
    Une longue postface, enfin, écrite un an après ces " événéments " dresse le bilan diplomatique et humain d'une aventure où la France n'avait, semble-t-il, pas tort d'être prudente.

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