Bruno Nassim Aboudrar

  • Les dessins de la colère Nouv.

    Il n'est pas anodin que Samuel Paty soit mort d'avoir montré une image. Désormais, on tue pour des caricatures, on détruit des images avec une intensité sans équivalent dans l'Histoire (Palmyre, Bamyan...).
    À un autre niveau, certaines images nous paraissent aujourd'hui intolérables, comme par exemple l'effigie des tyrans ou des esclavagistes d'antan.
    Bruno-Nassim Aboudrar s'interroge sur les raisons spécifiques de cette puissance des images. Il montre quels types d'émotion collective elles suscitent, quels sentiments d'appartenance sociale elles encouragent - musulmans outragés, occidentaux peinés, foules indignées... Au-delà des analyses géopolitiques, une clé de lecture des événements récents qui permet de comprendre pourquoi, de toutes les formes symboliques (discours, rituels, modes de vie...), ce sont les images qui se trouvent aujourd'hui au coeur des conflits les plus violents.

  • En 1914, le célèbre tableau de Velázquez La Vénus au miroir est vandalisé par la suffragette Mary Richardson. Mêlant personnages historiques et fictionnels, l'auteur s'interroge sur les raisons de cet acte, l'histoire de cette toile et le rapport que le public entretient avec elle.

  • Ali et Marinette n'auraient jamais dû se rencontrer, à Paris, au début des années cinquante. Ce livre est le double roman, en parallèle, de leurs familles. Celle d'Ali, dans le Maroc du protectorat français ; celle de Marinette, aux marches orientales de la Transylvanie, dans les débris d'un Empire que la barbarie gangrène sourdement. Mais il y a la musique, qui coude les destins ; et le désir, qui les précipite.
    Une vraie saga sensuelle, élégiaque et joyeuse.

  • Formes noires fantomatiques, sombres silhouettes drapées, visages de femmes mangés par le tissu : pourquoi de telles images, désormais familières, dérangent-elles ? Pourquoi le port du voile blesse-t-il à ce point le regard des Européens ? Loin des polémiques, Bruno Nassim Aboudrar renouvelle le débat et met au jour les malentendus qui entourent cette pratique millénaire.
    Le voile n'est pas spécifiquement musulman : il l'est devenu. Presque absente du Coran, c'est une prescription construite progressivement, au terme d'une histoire dont l'épisode colonial est un chapitre majeur. Si le port du voile nous choque, c'est moins en raison de l'outrage fait aux femmes ou de l'entorse à la laïcité que parce qu'il bouleverse un ordre visuel fondé sur la transparence, et lui oppose un provocant plaidoyer pour l'opaque, le caché, le secret, l'obscur. Et pour les musulmanes qui se voilent en Occident, n'est-ce pas un jeu de dupes, une impiété nichée au coeur d'une intention religieuse ? Car en montrant qu'elles se cachent, elles cachent en réalité qu'elles se montrent...
    Scrutant tour à tour la lettre du Coran, le voyeurisme de l'art orientaliste, les dévoilements spectaculaires orchestrés en Turquie ou au Maghreb, cette histoire croisée du regard, illustrée d'une trentaine de tableaux et de photos, délivre une lecture inédite des stratégies à l'oeuvre derrière le voile.

  • Quel point commun entre la visite guidée d'une exposition d'art contemporain, un atelier d'initiation à la musique baroque organisé au cours d'un festival et un ciné-club de quartier ? Le médiateur culturel. Son rôle ? La transmission. Sa raison d'être ? Permettre au plus grand nombre d'avoir accès à l'art.
    Pendant longtemps, la médiation culturelle est restée informelle. Aujourd'hui, elle se professionnalise. Bruno Nassim Aboudrar et François Mairesse dressent le portrait d'un acteur méconnu et pourtant indispensable à la démocratisation de la culture. Où l'on verra que ce métier, au coeur des questions sociales, politiques et économiques contemporaines, est promis à un bel avenir.

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