Ananda Devi

  • Manger l'autre

    Ananda Devi

    Une adolescente, née obèse, vit recluse dans sa chambre. Le regard des autres et le harcèlement dont elle est victime ont eu raison de sa scolarité. Sa mère l'a abandonnée, incapable de faire face à son appétit monstrueux. Son père, convaincu qu'elle a dévoré sa soeur jumelle in utero, cuisine jour et nuit pour « ses filles ». Par le plus grand des hasards, elle rencontre l'amour. Mais la société du paraître et les réseaux sociaux ne sauraient tolérer un tel écart...

    Fable rabelaisienne, Manger l'autre décrit sans pitié, mais non sans humour, la tyrannie de la minceur et le retour de la « mise à mort publique ». Un conte cannibale d'une sensualité bouleversante.

    1 autre édition :

  • Fardo

    Ananda Devi

    Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l'autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu'elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l'art. Un texte bouleversant.

  • Deux textes forts et incandescents. Deux textes pour dire la femme, la fille, la mère... Dans le premier, qu'elle dédie à sa propre mère, Ananda Devi évoque l'exil auquel chaque être se trouve confronté : celui du ventre maternel. "Tout commence par la perte des eaux", écrit-elle, avant de nous livrer ce constat amer : "L'enfant s'en va et ne cessera plus de s'en aller." Dès lors, la vie s'apparente à une longue exploration de la perte.
    Dans le second, qu'elle intitule Six décennies, c'est à son propre corps qu'elle s'adresse, sans complaisance ni faux-semblants, débusquant ses changements, cartographiant sa géographie incertaine et mouvante. Avec le temps va... Non, pas seulement car le regard de l'autre réinscrit le ravissement dans le sillon des jours. "Le désir n'est jamais dompté."

  • Le sari vert

    Ananda Devi

    « Celui qu'on dit monstre est l'expression la plus achevée de l'espèce.
    Celui que l'on dit monstre est terrifiant de beauté plutôt que d'être terrifiant tout court parce qu'il décèle avec une finesse inhumaine les failles des autres et les élargit et les aggrave, et il devient ainsi cet idéal de sombre masculinité que les mythologies prêtent aux dieux et aux démons. Quelle merveilleuse sensation que de plier une créature à sa volonté ! » Dans une maison sur l'île Maurice, un vieux médecin à l'agonie est veillé par sa fille et par sa petite-fille.
    Entre elles et lui se tisse un dialogue d'une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l'épouse du « Dokter-Dieu », qui a disparu dans des circonstances terribles. Elles ne le laisseront pas partir en paix.

    1 autre édition :

  • Ceux du large... Qui Ananda Devi désigne-telle par ce titre ? La réponse nous est suggérée dès les premiers vers du recueil : « Dans des barques de feuilles mortes / Ils portent à bout de fatigue / Les enfants de leur faim », avant d'être assénée comme une gifle dans le dernier poème : « Ceux que la vie éventre / De son coutelas ». Entre ces deux poèmes, elle suit l'errance des réfugiés, de tous ces êtres qui ont fui la terre où ils vivaient pour tenter d'atteindre une autre rive. Malgré la « terreur de l'eau », malgré la mort en embuscade. Et si l'auteure s'est donnée la peine d'écrire ce texte en trois langues - français, anglais, créole - c'est pour se prouver à elle-même qu'elle n'est pas restée « Tête baissée bras ballants » devant « Le film catastrophe » qui se déroule sous nos yeux.

  • Le portrait mélancolique et ironique d'un ambassadeur d'un pays nordique à New Delhi, désoeuvré et seul ; une romancière occidentale s'attache à un petit mendiant indien sale et pustuleux ; les maladresses de trois riches Américaines parties en Inde se consacrer à la charité ; la solitude d'une femme de maharadja ; les mésaventures d'un écrivain mauricien couvert de ridicule par une journaliste indienne ; la mère d'un nourrisson monstrueux ; une femme qui ne donne naissance qu'à des garçons perd sa fille unique ; un homme qui travaille dans une usine de traitement des bébés phoques ne peut se débarrasser de leur odeur obsédante.On retrouve dans ce recueil de onze nouvelles les grandes thématiques d'Ananda Devi : la place des femmes dans la société, la critique du regard occidental sur l'Inde, le fantasme du pourrissement des corps, la présence du fantastique dans le quotidien, le choc entre tradition et modernité. Ananda Devi développe dans chacun de ces récits des univers violents et sensuels, très réussis. Chaque nouvelle est nette, superbement menée, empreinte d'une ironie féroce et troublante.

  • «Tous ces hommes qui me parlent. Fils, mari, père, amis, écrivains morts et vivants. Une litanie de mots, d'heures effacées et revécues, de bonheurs révolus, de tendresses éclopées. Je suis offerte à la parole des homme. Parce que je suis femme.» Ce récit autobiographique est une méditation sur l'existence, l'écriture, l'amour et la maternité, l'éducation, la solitude. Ananda Devi y évoque des souvenirs d'enfance, ses débuts en écriture, l'emprise de ces êtres dont l'amour, parfois, peut être une tyrannie. Alors vient l'envie de ne plus écouter ces hommes qui la musellent depuis si longtemps et de partir en brisant tout, comme le font souvent les personnages féminins de ses romans. «Toutes les femmes de mes livres me l'ont dit : affranchis-toi. C'était le message que je m'adressais. Et je ne m'écoutais pas.» Ananda Devi donne là un texte touchant, sincère, d'une violence saisissante.

  • Soupir

    Ananda Devi

    Au lieu-dit Soupir, dans Rodrigues, dernière île habitée à l'est de l'Afrique, les quatre points cardinaux sont soleil, sécheresse, mer et cyclone.
    Une poignée de gens, piégés entre un passé renié et un avenir compromis, poussés par leurs rêves fous, décident de s'exiler à Soupir, au flanc d'une colline, pour y cultiver la ganja. Livrés à eux-mêmes, hantés par les âmes mortes de Soupir, pris dans leur chair tourmentée, Patrice l'Eclairé, Bertrand Laborieux, Noëlla, Marivonne, Pitié, Royal Palm et tous les autres seront confrontés à leurs propres ombres et au bleu-noir de leur destin, où seule une frontière fragile et bien trop aisément franchie sépare l'innocence de la cruauté.

    " Chaque jour à Soupir le temps était violet et cyclonique. Même le soleil était graisseux, les nuits vitrifiées, les matins remplis d'égratignures. Les gens se réveillaient avec des boursouflures et des démangeaisons. Ils sortaient des abris de fortune le corps dilapidé. Ils contemplaient le jour, incurieux, sachant qu'ils n'en réchapperaient pas. ".

  • «On pouvait l'aimer, cette ville, et en mourir.
    Aimer ses étoiles absentes et son ciel de ciment.» À Portobello Road, une vieille femme, Mary Grimes, s'accroche à ses dernières certitudes et au souvenir de Howard, son amour de jeunesse depuis longtemps disparu. Le monde qu'elle devine derrière ses portes closes ne lui appartient plus : elle fait désormais partie des invisibles. Une rencontre avec Cub, un jeune garçon de Brixton, provoque en elle une renaissance inattendue. Avec Cub, Mary est entraînée dans le tourbillon des jours vivants.
    Ananda Devi poursuit son exploration des lieux mythiques et des êtres hantés. À la lisière du fantastique, Les jours vivants nous fait voir Londres comme un lieu à la fois délétère et miraculeux, dans une lumière de fin des temps.

  • L'illusion poétique

    Ananda Devi

    • Guerin
    • 5 Octobre 2017

    L'auteur nous expose au pouvoir du langage et de l'imaginaire dans ces trois nouvelles capables de réunir l'horreur et l'enchantement de notre monde dans un même étrange lit.

  • Eve de ses decombres

    Ananda Devi

    « Je suis Sadiq. Tout le monde m'appelle Sad.
    Entre tristesse et cruauté, la ligne est mince.
    Ève est ma raison, mais elle prétend ne pas le savoir. Quand elle me croise, son regard me traverse sans s'arrêter. Je disparais.
    Je suis dans un lieu gris. Ou plutôt brun jaunâtre, qui mérite bien son nom : Troumaron. Troumaron, c'est une sorte d'entonnoir ; le dernier goulet où viennent se déverser les eaux usées de tout un pays. Ici, on recase les réfugiés des cyclones, ceux qui n'ont pas trouvé à se loger après une tempête tropicale et qui, deux ou cinq ou dix ou vingt ans après, ont toujours les orteils à l'eau et les yeux pâles de pluie. »
    Par Sad, Ève, Savita, Clélio, ces ados aux destins cabossés pris au piège d'un crime odieux, et grâce à son écriture à la violence contenue au service d'un suspense tout de finesse, Ananda Devi nous dit l'autre île Maurice du XXIe siècle, celle que n'ignorent pas seulement les dépliants touristiques.

  • Avec les poèmes et les proses qui composent Quand la nuit consent à me parler, Ananda Devi nous confie son second recueil de poèmes, retrouvant ce lyrisme de la « chair nue » que donnait à lire Le long désir (Gallimard, 2003). Les mots explorent le secret et l'intime, se glissent dans les replis de la chair et de l'âme, sèment le doute et récoltent l'émotion, provoquent les frissons qu'ils suggèrent. Et cela même lorsqu'ils évoquent la vie broyée d'un enfant soldat ou celle d'une jeune prostituée. Entre douceur et incandescence, désir et solitude, sans faire la moindre concession à « la poétique des îles », l'auteur du Sari vert (Gallimard, 2009) livre une écriture au féminin, âpre, sensuelle et violente.

  • " n'oubliez pas mon île.
    Fétu de canne au duvet rose, vêtue de sucre et de jasmin, n'oubliez pas son visage d'enfant puni derrière les esprits clos, ses mains meurtries au bris du jour. ses pieds coincés dans les failles de son passé. " " tu es une effraction dans l'absence de mes nuits. approche. tends ton envie. que je l'enroule autour de mes lèvres en un jus amer et putrescible. tes yeux me songent et m'évertuent, me dégringolent d'impatience.
    Au bout, chute, cassure, fractures et contusions, hématomes comblés de nos corps, je m'en fous. je suis celle que tu rouages.
    " les serments se délitent. c'est l'instant du froid martyr. toi tu ne l'entends pas. je suis écarquillée de désirs. perçois-tu autre chose ? " ainsi ananda devi nous raconte-t-elle une histoire sensuelle, obsédante, cruelle : celle d'un lieu et d'un corps.

  • Indian tango

    Ananda Devi

    Avril 2004, New Delhi. L'Inde est en pleine campagne électorale. Sonia Gandhi - l'Italienne, l'étrangère - deviendra-t-elle le prochain Premier ministre ?... Mais pour Subhadra, cinquante-deux ans, une femme ordinaire, la préoccupation est autre : fera-t-elle ce pèlerinage de renoncement des femmes ménopausées que lui propose sa belle-mère pour marquer la fin de sa féminité ? Ou cédera-t-elle au contraire à la mystérieuse séduction de l'ombre qui la suit depuis un mois dans les rues de Delhi ? Cet étrange chassé-croisé amoureux lui offre enfin ce que personne ne lui a jamais donné : son propre corps...

    1 autre édition :

  • On le dit monstre, on le dit mythe.
    On le dit légende sortie des sources volcaniques de l'île, esprit mauvais hantant les cavernes de roche. on l'appelle le pêcheur nu, l'homme anguille. joséphin le fou. il est tout cela. il est aussi l'enfant perdu que seule la mer accueille, et qui apprend, avec ses créatures, la cruauté minérale des grands fonds. il est celui qui tente de capturer, dans le regard de deux petites filles, la goutte de paradis qui y tremble.
    Il est celui qui détruit par innocence meurtrière. il est, tout simplement, joséphin.

  • Le rire des deesses - roman Nouv.

    Au Nord de l'Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l'écart, dans une maison qu'occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu'elles sont nées dans des corps d'hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.Leurs destins se renversent le jour où l'un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d'avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l'emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ? Des bas-fonds de l'Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité ; les folies de la foi, la pédophilie ; la religion, la colère et l'amour. Avec son style incisif et poétique, elle revient pour nous parler du pays de ses ancêtres, et de nous.

  • Du chat, on ignore à peu près tout si l'on n'a pas assimilé sa vraie nature - son amour de la solitude, son attention infinie à l'invisible, son entière disposition au désordre des sentiers. Mélani Le Bris le connaît intimement. Elle s'en est rapprochée jusqu'à l'identification. Pour comprendre le chat comme elle, sans doute faut-il l'être un peu soi-même !
    « Les photos de chats de Mélani Le Bris sont saisissantes. Sous son regard et son objectif, ces félins appartiennent à la famille des chats d'Edgar Poe, de Baudelaire, aux chats magiques, mystérieux, habités de pouvoirs occultes, dans une communion presque mystique avec la nature, avec le monde. Comme on se trouve petit, à côtoyer de tels chats qui donnent le sentiment d'en savoir plus long sur l'homme et sur la Vie que nous n'en savons sur eux, nimbés qu'ils sont dans leurs secrets ou leurs présences impénétrables. » Frédéric Vitoux, de l'Académie française

  • L'enfant grandit et découvre le monde. Sa grand-mère s'émerveille des découvertes à faire ensemble. Un texte poétique pour dire la beauté du monde, en mots simples et savoureux. Un texte bilingue pour laisser entendre aussi la musique du créole mauricien.

  • Chiens noirs

    ,

    Un long poème sombre et lumineux d'Ananda Devi, posé sur les chiens à l'encre de Lacaze.

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